TROIS ROMANS SUR LE MARIAG
Jadis M. Paul Margueritte a compos romans de facture soignée et même assez tique; M, Victor Margueritte a rimé des élégants ; mais MM. Paul et Victor Margui aujourd'hui, écrivent comme des vulgarisa Esl-ce négligence d' « arrivés » ou vertu ( très?
D'ailleurs ie style des vulgarisateurs n'e forcément astreint à la vulgarité : il peu simple, clair et uni, sans plus — mais sans moins. Dans les meilleures pages des Vies *, MM. Margueritte l'ont prouvé ; — t que, dans les pires, ils se servaient de pi banalement prétentieuses, de <i clichés » lyi empruntés souvent au Zola de la fin.
N'importe : malgré des défauts très
renls, leur nouvelle œuvre compte, parce qu'elle est évidemment et passionnément sincère ; et aussi parce qu'ils y abordent avec une fougueuse audace un problème moral et social assez grave pour qu'il fasse oublier les menues chicanes de la critique technique.
Ils ont voulu confronter deux conceptions de l'existence, Tune représentée par la mère, Tautre, par la fille : « En elles, dit le vieux magistrat Marchai, le sage du roman, deux conceptions opposées sont aux prises : la mère incarne les devoirs et les servitudes de la société ; la fille, les droits et les révoltes de l'individu ; tout hier et tout demain. Et dans chaque foyer français, plus ou moins, se joue à cette heure ce poignant drame : il y a rupture d'équilibre entre l'éducation reçue toute faite de nos parents et les aspirations qui sourdent en nos fils, en nos filles. Les liens sociaux tendent à se briser, un vent d'indépendance souffle ; la famille craque, se disloque, car un impérieux problème s'est posé : — faut-il agir d'après l'exemple, les voix, les principes, les préjugés des morts, ou, les révisant, chercher pour les vivants une morale nouvelle ? Dans cette morale, quels seront les droits