‹ L'évolution des idées chez quelques-uns de nos contemporainsChapitre 16 sur 36 · TROTS ROMANS SUR LE HARIAGE · texte numérisé non relu

TROTS ROMANS SUR LE HARIAGE

à la vie, à l'amour, au bonheur ? Xous se au tournant d'une grande ëvolulîon ',.. »

M"" Favié, déjàgrand'mère, mais belle « et tendre davantage, aime un jeune offic dragons; et, chose plus extraordinaire, le officief de dragons aime M"" Favié. Mais c s'est sacrifiée toujours. Mariée on ne peu mal, elle n'a pas voulu divorcer. Elle s'estr à un sculpteur qui l'adorait — et qui est le pauvre garçon, romanesquement. A d'hui, après de longues angoisses et le di sèment innocent d'une maladie, elle et so gon modèle renoncent l'un à l'autre, bi( M. Favié soit défunt.

Mais Francine, la fille de M"' Favié, n pas du tout à imiter l'héroïsme maternel, une « femme nouvelle » — une femme « m jeu i>, dirait M. Henri Lavedan. Elle est i à un vilain monsieur. Le Hagre, à la foif et débauché. Quoiqu'elle ait une filletti rompt, elle demande le divorce, à cause trahison un peu plus vile peut-être que U cédentes ; puis, comme la justice lui ret

X de comparer l

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divorce, elle n'hésite point : elle part avec un explorateur qu'elle a connu autrefois, auquel elle n'a pas cessé de plaire et qui pousse la fidéKté jusqu'à les enlever toutes les deux, la femme et Tenfant. Il sera le père de cœur en même temps que Tamant de cœur.

Et la moralité est... qu'il faut rendre le divorce plus facile.

Cependant l'opposition des « deux vies », qui devrait donner à l'œuvre sa portée, ne se marque pas aussi nettement qu'il eût été nécessaire. ^me Favié ne représente guère la conception ancienne — la conception catholique — car elle n'a de la religion que par accès rares et bien bénins. D'ailleurs, ce n'est point du tout cette religion qui l'empêcherait d'épouser son dragon: elle commettrait évidemment une sottise; mais, devant l'Eglise, elle serait sans péché. Alors?... En somme, elle se sacrifie simplement au sens commun, ce qui empêchera le lecteur même le plus anticlérical de juger ce sacrifice barbare et inutile. On se dit que si, démangée de morale neuve, comme Francine, elle se décidait à être l'épouse — ou encore la maîtresse — de son jeune premier, elle aurait quatre-vingt-dix-neuf

de toutes les citoyennes, comment s'en tîrera-til ? » Par la suite, on reproche moins à Francine sa conduite si légère envers une mère qui l'aime presque trop, et Ton oublie un peu son imprudence, tellement on la plaint d'être empêtrée dans la cruelle procédure du divorce. Cette procédure (pour laquelle ils voudraient le huis clos), MM. Margueritte ont su nous la rendre vraiment odieuse : le meilleur de leur œuvre est ce qui concerne le procès. On y devine une observation directe et l'on y sent une indignation légitime. Mais, quand on examine, on ne voit pas avec évidence que — même tout scrupule religieux ou social mis à part — Francine fût réellement obligée de se livrer aux frelons du Barreau. Si elle avait su s'y prendre, si elle avait été plus charitable, au sens large et chrétien du mot, elle aurait pu se faire une alliée, et non une ennemie, d'une belle-mère honnête au fond et bonne, quoique un peu rêche. Les extrémités où elle arrive, elle s'y est acculée elle-même. Enfin Francine devrait être, d'après le plan du livre, le champion de la morale nouvelle : or, tandis que, réduite à un christianisme fragmentaire et illogique, à des conventions mondaines

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