I . Il serait curieux de comparer ces pages sTee
DE MAItCHENOIR A DURTJI
et puisqu'il faut que nous élevions nos arracher, une bonne fois, de nos poitrii nés désespérés, pour en lapider le ciel I suin corda et le lamma sabacthani de de ce dernier siècle.
Lorsque la Parole tacarnée saignait cette rédemption inaccomplie etquesa créature qui ait véritablement enfanté, i le regard mourant de l'Agneau divin, de pleura qui fit déborder tous les océ turcs inanimées, témoins innocents de agonie, en gardèrent à jamais la con tremblement. Le dernier souffle du Ma les vents, s'en alla grossir le trésor c pêtes ; et la terre, pénétrée de ces lar sang, se remit k germer, plus douloui jamais, des symboles de mortificatio:
tir. Un rideau de ténèbres s'étendit su si sombre de la première malédiction, diadème royal de Jésus-Christ s'entrel de tous les cœurs humains et s'attache:
dizaines de siècles, comme les poini déchirant, au flanc du monde épouvan
En ce jour fut inaugurée la parfaite enfants d'Adam. Jusque-là, le véri n'avait pas soufi'ert, et la torture n'i de sanction divine. L'humanité d'aill jeune pour la Croix. Quand les bourn rent du Calvaire, ils rapportèrent à Va
uËules sanglantes, la grande nouvelle de du genre humain. La Douleur franchit, l'aliîme inEniqui sépare l'accident de la t devint nécessaire.
promesses de joie et de triomphe dont t imbibée, inscrites dans ta loi nouvelle ble abréviatif de Béatitudes, parcoururent ons, on se ruant au travers comme un e glaives. Pour tout dire, en un mol, se mit à souffrir dans l'espérance, et n appelle l'Kre chrétienne !
s-nous bientôt à la fin de cet exode '! Le icu ne peut plus faire un pas et va, tout ïpiror dans le désert. Toutes les grandes ;nnes-ou non, implorent un dénouement.
nous pas à l'e.xlrémité de tout, et le arroi des temps modernes n'est-il pas le ! quelque immense perturbation surnaous délivrerait enfin ? Tout est avachi, mé, mutilé, irréparablement destitué et equi faisait tabernacle surrintelligence.
es riches et la faim du pauvre, voilà les
qui n'aient pas été dilapidés I... Ab !
l'honneur de Dieu, cette sacrée promesse
nous laisser orphelins •> et de revenir, it de l'Esprit rénovateur dont nous n'ac les prémices, je l'appelle de toutes les :s qui sont en moi, je le convoite avec cences de feu, j'en suis affamé, assoiffé.
DE MARCHENOIR i
je ne peux plus attendre et mon cœur se brise, fin, quelque dur qu'on le suppose, quand l'évit de la détresse universelle a trop éclaté, par-d ma propre détresse ! mon Dieu Sauveur, ayez
Hélas ! c'est un des derniers beaux mon:
de Marclienoiri Rentré à Paris, il injurie el famé, interminablement, les écrivains qui déplaisent, et tous lui déplaisent, du moi qu'ils ont réussi. Cet Ezéchiel n'est plus q a gendeletlre » acariâtre, vaniteux, envi un « gendeleltre » de cette génération qm Rosny nous ont décrite dans le Termite une exactitude si pénible. L'héritage patei qui se monte à deux mille cinq cents fra donneà MarcUenoir le moyen de fonder un j nal. Quelles vérités rédemptrices va-t-il rév^ Dans le premier numéro, que le i4 juiHi dégoûte et que Georges Ohnet, Delpit, Syl tre, Fouquier, Mendès, Dumas fils, Sarce dégoûtent encore plus ; dans le second nun (entièrement consacré à ce personnage si oi aujourd'hui), qu'Albert Wolff est immoi « Wolff est le monstre pur, le monstre es tiel, et n'a besoin d'aucune sanie pour însj
D£ MARCHENOia A DURTAL 10 1
l'assiste, sans un desservant qui le confesse, il meurt désespéré. « Le Christ Jésus, se demande Léon Bloy, le Christ Jésus resplendissant de lumière et environné de Sa multitude céleste, voulut-Il descendre, à la place d'un de Ses prêtres, vers cet être exceptionnel qui avait tant désiré Sa gloire et qui L'avait cherché Luimême, toute sa vie, parmi les pauvres et les lamentables ?... »
Pourquoi pas? II a dû être beaucoup pardonné à Marchenoir, parce qu'il a beaucoup souffert.
Néanmoins, n'admirons son catholicisme qu'avec réserve. Ce désespéré aimait le Pauvre, parce que le Pauvre, c'était lui. Pour s'émouvoir, il lui fallait des misères romantiques, comme la sienne, comme celle de Véronique ou de l'abracadabrante héroïne de la Femme pauvre *. Mais le pauvre ordinaire, le pauvre vulgaire, ouvrier ou employé, il le méprisait sans ménagement.
Furieusementorgueilleux, furieusement haineux, il avait biffé de la religion, dans la pratique, le
I. Paris, Société du Mercure de Fronce, 1902. Dans ia Femme pauvre^ on voit un personnage, saint selon Tauteur, qui offre sa vie pour que la Providence le venge d'une ennemi*». Celte religion caraïbe est bien, par moments, celle de Marchenoir.
DB H&RCHENOtn A DURTAL
ses goûts. De même le bon Durtal s'ébah'' délices devant la vénérable mère Passi Sienne qui « s'asphyxiait à moitié, en se pendre, la tête en bas, au tuyau d'une née dans laquelle on allumait de la pail mide » ; tandis que, pour son compte pcrs il n'a aucune tendance à l'héroïsme. Très rement, il se repent de sa vie passée — o vie sans grands crimes, toute pareille d'autres! — puis, une fois qu'il l'a re devient, non pas un enthousiaste, un :
flambant d'amour divin et enragé de n lions, mais un chrétien de bonne voloni élans rares, un vieux garçon croyant qui une dévotion sage et beaucoup de petit» nies. Enfin il est tout proche de nous — ne nous déplaît pas- Aussi minutieux réaliste que Marcheno idéaliste et visionnaire, Durtal examine te Trappe, détaille, décrit infatigablement, l dant il décrit avec amour et presque san ques.De la Chartreuse, Marchenoir ne nou donné qu'une idée abstraite ; de la Trappi tal nous donne un tableau très complet, n l'on soupçonne quelque parti pris d'admii
DE MAHCHENOIR A DURTAL
Mais peut-être l'oncle de M"» de Garan aurait-il mal jugé le morose chercheur — jours bredouille! — de biftecks mangeab Cet oncle, M. Lampre, qui a retraité ses xante-dix ans au Val-des-Saints, fait le bi bougonne .
A son tour, et plus furieusement, certes, tal bougonne, quand les moines s'en vontl eux, il s'était condamné à la vie rurale; ( les lui vole, on le sèvre d'offices, on le fo déménager avec tous ses bibelots en péril c pulvérisés, avec ses cinquante paniers de h Aussi dit-il leur fait à M. Loubet, aux n très, aux députés, aux sénateurs, à toi monde. Après les persécuteurs, les perséi ont leur tour.
Voici pour les catholiques :
. . . Avouons qu'en thèse générale les revendia que nous formulons sont plutôt hypocrites. No clamons aujourd'hui la liberté et nous ne 1' jamais accordée aux autres ! Si demain le vent naît, si c'était un des tristes légumes récoltés nos potagers catholiques qui supplantait Wa.
nous serions encore plus intolérants que lui el le rendrions presque sympathique ! Nous avor
io6 l'évolution des idées
bêlé tout le monde..., alors que nous disposions d'un soupçon d'autorité ; on nous le rend...
... Quant au clergé, il tourne au rationalisme ou alors il se révèle d'une ignorance et d'un laisser-aller qui désolent...
Les fidèles, eux, ils ont poussé à la roue et aidé à faire du catholicisme ce qu'il est devenu, ce quelque chose d'émasculé, d'hybride, de; mol, cette espèce de courtage de prières et de mercuriale d'oraisons, cette sorte de sainte tombola où l'on brocante des grâces, en insérant des papiers et des sous dans des troncs scellés sous des statuts de saints * !
J'en passe, j'en passe énormément ! Car personne n'est oublié, dans cette distribution généreuse. L'expérience a démontré nul l'enseignement libre; il faut, d'urgence, casser les vitres des séminaires, pour « chasser avec un peu d'air frais l'humide touffeur de ces pièces, où l'on n'a jamais ouvert une fenêtre depuis la mort de M. Olier » ; etc. Durtal, ayant en magasin un stock d'aménités, n'a pas voulu les exposer aux risques d'un déménagement, comme ses bibelots, et les a écoulées toutes d'un seul coup...
I. En note de ce dernier alinéa, il est bon de rappeler Tintéressante brochure parue dernièrement chez Lethielleux : les Abus dans la dévotion. L'on y trouvera, si je puis dire, la théologie de ces métaphores.
DE MAACIlENOIIt A DURTAL (OJ
Et les moines ? Ah ! les moines eux-méi ont subi quelque déchet 1 Nous ne sommes j au temps A' En Houle, quand la conversion, d son premier éclat, dorait comme une a Notre-Dame-de-I'Atre. Chez Durtal, l'esprit tique, après des sursis plus ou moins br reprend obstinément son œuvre : tant pis p les amis vus trop longtemps et de trop près
Mais n'exagérons rien. Durtal ne maltr pas les moines du Val-des-SainIs ; seulemen les étudie sans illusions '; et, s'ils nous ap raissent comme de très braves gens, très s^ pathiqueSjtrès pieux, très charitables, charma à vivre au résumé — eh! voilà des quai qu'on aimerait à rencontrer toujours près de s — il semble que la sainteté, la suréminenle vraie sainteté, ne se montre guère au Val-c Saints. Le Père qui approche le plus peut-êtri
I. Malgré la Jettrc plutôt t iacooiprcheosiTe * commun! aoi journaux par le R. P. Abbé de Lïgug^, après la pub tion de l'Oblal, milgr? l'inierview plus incoDiprcbensire pu par te Temp$ du i" mai, les Bénédicllns de Lijnigé ne semi pas en avoir voulu à HujsmaDE des critiques adreseées par toi à leurs frères fictira du Val -des -Saint s. Cf. la brochi Hayamans et la mystiqae iradiiionntlle, que le R, P. '. Beese vient de publier chez Oudin. Et ils ont raison. Tel e^t peint, leur Ordre gagnera plus d'amis que si l'Oblal en i idéalisé les représentants, aui dépens de la ressemblance.
dispenser des secours, me débattre et des municipalités souvent h de chien en un mot.
Au lieu de cela, je suis tel qu'un coq en rentier. Je n'ai à m'occuper ni de ma nourri de mon loyer, ni d'enfants; je n'ai pas & p nuit, le viatique, souvent au loin; j'ignore de l'existence ; et je pense qu'en ochang'e de tracas supprimés je n'ai pas donné f^rand Dieu...
Durtal proleste, je le répète; puis, I arguments, il empoigne le vieux mo pleure, et il l'embrasse.
Il a raison de protester, car il y a d protestations une part lëgitime ; il araiso de témoigner à Dom de Fonneuve une i afTection, car il lui doit de la reconnaissi même qu'à tous les moines, trappistes oi dictins, qu'il a fréquentés.
C'est en effet auprès des moines, c'est c que Durtal s'est transformé, qu'il a gagr convient-il pas ici de parlerla langue religi< de nouveaux mérites littéraires en mêm que des mérites spirituels. Et je ne prête dire que le symbolisme des plantes ou 1' de l'enluminure passionnent les lecteur;
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passionnent moi-même) : ces hors-d'œuvre présententrintérêt variable, parfois très vif et parfois beaucoup moins vif, des hors-d'œuvre différents qui abondaient dans A Rebours ou dans En Rade ; le talent de Fauteur s'y montre égal, sans une note neuve. L'originalité de Durtal rénové, on la trouve ailleurs, dans ce qu'on peut fort bien appeler ses pages pieuses. Chez ce réaliste, chez cet ironiste, les enthousiasmes avaient toujours été rares ; en critique d'art seulement, il en manifestait quelquefois. Mais aujourd'hui, grâce à sa conversion à la Trappe, il s'échauffe, quand il aborde certains sujets religieux; et, tout en conservant intacte sa faculté de pittoresque intense, il modifie cependant son style en quelque façon, parce que, forcément, on ne parle pas sur un ton identique d'une toile de Monet ou d'un pastel de Degas et de la Passion du Christ. II éprouve en outre — et il nous communique — un sentiment qu'il avait totalement ignoré jusqu'alors : l'émotion *.
I . Qii*on me permette de rappeler uae observation personnelle, utile à ma thèse. Quelques jours avant que VOblat parût, j'eus l'occasion de lire, au cours d'une conférence, les pages encore inédites sur la « compassion » de la Vierge. Après cette lecture, je vis des larmes dans les yeux de plusieurs auditrices. Eh bien! prenez loule l'œuvre de Huysmans, du Drageoir aux Epices à
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