‹ L'Évolution Des Méthodes DiplomatiquesChapitre 34 sur 46 · ET LA PROHIBITION DE LA DIPLOMATIE SECRÈTE · texte numérisé non relu

ET LA PROHIBITION DE LA DIPLOMATIE SECRÈTE

Le premier des Quatorze points du Président Wilson préconisait « des accords de paix conclus ouvertement, > après lesquels il n'y aura plus d’accords internatio- > naux privés, de quelque nature qu'ils soient, mais une » diplomatie procédant toujours franchement et publi- >» quement ». ;

L'article 18 du Pacte de la S.D.N., directement inspiré : du principe ainsi énoncé, tendait à remplacer les tractations diplomatiques secrètes par un régime de large publicité :

< Tout traité ou engagement international conclu à Favenir par un membre de la Société devra être im- >» médiatement enregistré par le Secrétariat, et publié | > par lui aussitôt que possible.

» Aucun des traités ou engagements internationaux ne sera obligatoire avant d’avoir été enregistré ».

Dans la pensée des rédacteurs du Pacte, cette publicité des engagements internationaux constituait une double garantie de paix : garantie directe, elle rendrait

impossible, à l'avenir, la conclusion de conventions qui ne s’entourent de mystère que parce qu’elles s’inspirent de la malveillance; garantie indirecte, elle assurerait le contrôle démocratique des relations diplomatiques, et empêcherait les gouvernements d'engager les peuples à leur insu, et contrairement à leur volonté.

Mais, ici, il importe d'éviter une confusion toujours possible entre les expressions « diplomatie secrète » et « secret diplomatique ». Le secret diplomatique est, ou devrait être, inhérent à toute négociation internationale. S'adressant au Landtag, en 1873, et employant ce langage un peu particulier qui était le sien, Bismarck défendait ainsi le secret des négociations :

« Si vous voulez acheter un cheval, vous n’irez pas publier le prix le plus élevé que vous consentiriez à l'acheter, et, si vous voulez vous débarrasser du vôtre, » vous n’irez pas proclamer le prix le plus bas auquel >» vous vous résigneriez à la céder. La diplomatie doit agir avec cette prudence élémentaire »,

De son côté, Jules Cambon, estimant à sa juste valeur le secret diplomatique, écrivait :

« Une négociation est une conversation; aucun des interlocuteurs n’est maître d’en publier quoi que ce soit sans manquer gravement à l’autre. Livrer à la curiosité du public les hésitations et les marchandages, les tours et les retours de son adversaire, c’est couper les ponts derrière lui, et souvent derrière soimême. C’est s’exposer à coup sûr à faire tout échouer. En politique comme en mécanique appliquée, le calcul des forces ne va pas sans le calcul des résistances.

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