‹ L'Évolution Des Méthodes DiplomatiquesChapitre 38 sur 46 · SIMS SORT ET · texte numérisé non relu

SIMS SORT ET

exaspérés qui s’affirment au dehors, et où la presse a

accepté ce rôle subalterne de se mettre au service du >» pouvoir, renonçant à l’exercice d’une liberté qui fut » toujours sa raison d’être et sa fierté. »

Ainsi, dès sa première phrase, M. Lebrun insistait sur la responsabilité morale de la presse et son devoir de ne publier que des nouvelles exactes. Certes, la vérité a des aspects divers, changeants et contradictoires, et chaque parti possède sa vérité et sa foi suivant sa doctrine. En outre, la vérité ne fut jamais un dogme en matière de journalisme. En des temps moins troublés, Emile de Girardin ne proclamait-il pas qu’un journaliste digne de ce nom ne doit pas se soucier de ce qui est vrai et de ce qui n’est pas vrai, mais seulement de ce qui est intéressant et de ce qui ne l’est pas. En effet, esprit du public est tel que, pour intéresser ses lec-

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teurs, la presse est obligée de romancer les événements jusqu’à l’extravagance. Mais le dilettantisme de l’imbroglio, suivant l’expression de M. Albert Lebrun, ne devrait pas pouvoir s'étendre jusqu’au domaine de la politique extérieure, L'influence de la presse est telle que les fausses nouvelles, les articles imprudents, risquent de provoquer des complications internationales.

C’est ainsi que, le 7 janvier 1937, une partie de la presse française annonçait que, sous prétexte de venir en aide au gouvernement de Burgos, l’armée allemande débarquait au Maroc espagnol, et que, de Ceuta fortifiée, le Reich menaçait Gibraltar. Rien n’était plus inexact, et la seule excuse des journalistes était que la nouvelle, publiée en l’absence de M. Yvon Delbos, alors ministre des Affaires étrangères, avait un caractère presque officiel. Il fallut, dans la suite, publier démenti sur démenti pour parvenir à dissiper en France le trouble que cette information avait produit dans les esprits.

Mais, au delà des frontières, l’incident était soigneusement enregistré, et, le 12 septembre 1938, au fort de la crise tchèque, le chancelier Hitler s’en servait pour faire huer par ses masses la mauvaise foi des démocraties.

De l'analyse de ces différents faits, on peut malheureusement déduire que, sous les régimes de liberté comme sous les régimes de contrainte, la diplomatie de la Place publique a tendance à se généraliser. Or, la polémique continuelle qui est à la base de cette diplomatie d’un genre particulier ne peut être que néfaste à l'assainissement des relations internationales,

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