‹ L'Évolution Des Méthodes DiplomatiquesChapitre 6 sur 46 · LAS · texte numérisé non relu

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ces tentatives n’eurent d’autres résultats que de provoquer une grave crise intérieure qui allait durer pendant presque tout le xvn° siècle, et empêcher l’Angleterre de jouer un rôle en Europe.

Après deux révolutions, et l'exécution de Charles I°", la Déclaration des Droits (1688) consacrait l’établissement définitif de la monarchie limitée, et le triomphe de la souveraineté de la Nation. Désormais, le peuple anglais était souverain, et le roi ne pouvait suspendre l’application des lois, percevoir un impôt, lever et entretenir une armée permanente, en temps de paix, sans l’assentiment du Parlement, Comme toutes les affaires de l'Etat, les relations extérieures devaient recevoir la sanction du Parlement. ÿ

Pendant cette période d'histoire, il y eut en Europe une politique française, une politique anglaise, mais il n’y eut pas à proprement parler de politique extérieure, ni même de diplomatie propre au Saint Empire romain germanique.

En effet, au milieu du xvir° siècle, après le traité de Westphalie, l'Empire était composé d'environ trois cents Etats dont chacun faisait preuve, vis-à-vis des autres, même les plus importants, d’une indépendance presque totale. L'Empereur n'avait de pouvoir que dans ses Etats propres, et la Diète était surtout une réunion périodique de plénipotentiaires. Conservant leur liberté dans tous les domaines, même ceux touchant à la politique extérieure, ayant le droit de conclure des traités ‘d’alliance non seulement entre eux, mais avec l'étranger, les Etats allemands étaient naturellement libres d'envoyer .

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des représentants auprès des puissances étrangères, et l’on pouvait rencontrer, accrédités auprès d'un même gouvernement, les ambassadeurs d’ Autriche et de Bavière. Mais tous les Etats ne s’accordaient pas cette satisfaction, car certains eussent eu peine à permettre à leurs envoyés de soutenir leur rang auprès des puissances étrangères, et si l'ambassadeur d'Autriche pouvait parler au nom d’un Etat puissant, le crédit accordé au représentant d’un Etat comptant à peine quelques milliers d'habitants eût été plutôt faible.

Dans les autres Etats européens, les rapports internes des forces en présence étaient des plus variés. En Turquie, en Russie, Etats alors à demi barbares, la force la plus brutale était à la base même des procédés de gouvernement. Le souverain, tsar ou sultan, avait une autorité sans limite, et il en usait pour faire tomber toute tête qui ne pliait pas devant lui; de là, par une réaction naturelle, des révolutions de palais que ces excès rendaient possibles.

Tout au contraire, en Pologne et en Hongrie, le monarque se heurtait sans cesse à la résistance des magnats, et n'avait qu'une autorité des plus limitées. Dans ces deux Etats, la couronne était élective, et, partant, les libertés intérieures étaient grandes ; mais elles étaient menacées dans leur essence par les risques que l’ennemi extérieur leur faisaient courir

Enfin, la Suède et même l’Espagne avaient joui, au moins pendant quelque temps, de certaines libertés moins susceptibles de porter atteinte à l'intérêt national. Au début de son règne Charles-Quint lui-même avait dû

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