‹ L'évolution des moyens de transport [microform]. Voyageurs--lettres--marchandisesChapitre 45 sur 75 · TRANSPORTS DU MOYEN AGE A LOUIS-PHILIPPE · texte numérisé non relu

TRANSPORTS DU MOYEN AGE A LOUIS-PHILIPPE

l'épicerie sont taxés à 0 fr. 90 par kilomètre les mille kilos, tandis que les vins en caisse le sont à 1 fr. 30. Mais le cours des transports subissait tant de vicissitudes, obéissait à tant de causes impossibles à discerner I Nous ne serons pas surpris de voir la tonne de laine brute supporter 1 fr. 80 par kilomètre (1673) sur la route d'Orléans et les drogueries 0 fr. 63 seulement sur celle de Soissons ; et nous ne nous étonnerons pas d'apprendre par Albert Durer que d'Anvers à Nuremberg (1521) on lui prend pour divers bagages, à quelques jours cf'infervai/e, 265 francs, puis 1.060 francs les mille kilos. Sans doute ce dernier chiffre est accordé au « vicarius » plus spécialement chargé de voiturer les curiosités. Sur la ligne de Paris à Lyon (1762) le tarif normal des rouliers était de 1 fr. 10 par tonne kilométrique, mais les huîtres venaient de Marennes à Paris pour 0 fr. 76 et le port des vivres militaires, qui se payait en Normandie sur le pied de 1 fr. 60 (1775), tombait quelques années plus tard à 0 fr. 60. Le plus ou moins de concurrence, et aussi l'état plus ou moins praticable des voies de communication, suffiraient à expliquer d'aussi brusques écarts.

Les routes, au xviii* siècle, se créaient lentement; j'ai précédemment conté leur histoire et

les doléances des voyageurs; les détails abondent sur ce sujet : Blondel, ministre de France, près rélecteur Palatin, qui regagnait son poste en janvier 1735, écrit au ministre Chauvelin : « J'ai resté une nuit dans les boues, et hier, étant parti à six heures du matin de Château-Thierry, je fus heureux d'y pouvoir retourner coucher le soir, ma berline ayant été embourbée dès dix heures et n'ayant pu la retirer qu'à six heures du soir. Je n'ai pu faire aujourd'hui que cinq lieues^ quoique ayant à ma voiture douze et quatorze chevaux. Enfin, les boues sont telles qu'une charrette sur laquelle il y avait trois invalides ayant versé près d'ici, il y en eut un qui s'est noyé dans la boue ».

Les entrepreneurs de charroi passaient avec les laboureurs du voisinage des marchés sujets à mille fluctuations; en certaines directions on utilisait des frets de retour : le concessionnaire d'une houillère en Limousin sous Louis XV, se proposait, dit-il, « d'employer pour le transport de ses charbons 3 à 4.000 voitures qui passent continuellement à vide auprès de sa mine, pour aller chercher à Limoges le sel qu'elles conduisent en Auvergne » . L'on ne sait ce qu'il advint de ces espérances; mais une autre mine, en Bourbonnais, ne pouvait livrer au port de Mou-

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