‹ L'évolution des moyens de transport [microform]. Voyageurs--lettres--marchandisesChapitre 6 sur 75 · COUTES DO MOYEN AGE, PISTES OU SENTIERS · texte numérisé non relu

COUTES DO MOYEN AGE, PISTES OU SENTIERS

Elles bravèrent l'incurie pendant des siècles, puis, peu à peu, usurpées et démolies par les riverains, vendues parfois, — les États de Bourgogne concédaient encore en 1688 à un particulier une portion de la voix romaine d'Autun à Chalon, — elles s'effacèrent sur le sol comme dans le souvenir des hommes. Les anciennes routes étaient si oubliées que, lorsqu'on songea sous Louis XV à en faire de nouvelles, celles-ci côtoyèrent souvent à peu de distance les devancières qu'elles ignoraient et dont le tracé, on en a plusieurs exemples, était meilleur.

Pour nos contemporains habitués à vivre dans un pays sillonné de voies innombrables, uniformément bonnes en toutes saisons, bien que différentes de largeur, les routes actuelles, avec macadam et agents voyers, semblent un présent naturel du Créateur sans lequel un pays policé ne se pourrait concevoir; aux Français de jadis nos routes artificielles paraîtraient au contraire assez invraisemblables.

Ils employaient le mot de « route » dans le même sens qu'aujourd'hui les marins sur l'Océan, pour signifier la. place par où l'on a coutume de passer en allant d'un lieu à un autre. La route s'était créée d'elle-même, sous les pas du voyageur ou du roulier, comme se tracé un sentier

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peu à peu dans des champs traversés toujours au même endroit. Peu importait que cette piste en terrain varié, épousant les moindres reliefs du sol, escaladât des collines abruptes, pourvu qu'on la put suivre sans danger.

Sécurité prima longtemps commodité. Le moyen âge abonde en traités, passés entre des villes dépendant de différentes juridictions, « pour la liberté des chemins ». Ces accords sont tantôt d'un mois ou deux, « jusqu'à la fête de Pâques, » prolongés «jusqu'à l'octave Saint-Jean » tantôt d'un an, comme celui conclu en 1241 par les consuls d'Agen, Marmande et Moissac avec les prud'hommes de La Réole, pour « l'asseurement » des routes, étendu à tous les Toulousains dans le Bordelais et à tous les Bordelais daiis le comté de Toulouse.

Les traités n'étaient pas toujours efficaces; mieux valait se garder soi-même. Pour protéger Taller et le retour des marchands étrangers qui se rendaient au xv« siècle à la foire de Francfort, la municipalité avait organisé une escorte de 30, 60 et souvent 100 arbalétriers, suivant le plus ou moins de danger du chemin à parcourir. Sur le Guide des Chemins de France, en 1553, figure souvent entre deux villes ce mot inquiétant : « Brigandage^ » ou cet avertissement utile au

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