‹ L'évolution des moyens de transport [microform]. Voyageurs--lettres--marchandisesChapitre 7 sur 75 · ROUTES DU MOYEN AGE, PISTES OU SENTIERS · texte numérisé non relu

ROUTES DU MOYEN AGE, PISTES OU SENTIERS

touriste : « Forêt dangereuse, pendant deux, trois ou quatre lieues ». De Paris à Fontainebleau la forêt était si peu sûre qu'on passait toujours par Corbeil, quoique ce fût plus long.

L'ancien régime avait fini par écheniller à peu près les routes de leurs malandrins : « Nous n'avons pas entendu dire qu'il s'y commette de vols, écrit un Anglais sous Louis XV, quoique nous n'ayons pas vu un seul de la maréchaussée de Paris à Lyon. Vous savez, ajoute-t-il, que la maréchaussée est un corps de troupes bien montées, entretenu en France pour la protection des voyageurs. C'est un reproche à faire à l'Angleterre que nous n'y ayons pas une semblable patrouille ». Les routes avaient été si longtemps terrain d'élection pour les malfaiteurs, que la création de voies nouvelles souleva au xvii* siècle l'opposition violente des populations, qui y voyaient surtout un accès aux vagabonds et gens de guerre pour venir les piller. Il fallut, dans la Brie, la présence d'un corps de 200 hommes de troupe pour contraindre les habitants à l'exécution des travaux.

Ces travaux, cet établissement de la viabilité, si pénible et si lent, se poursuivirent au milieu de difficultés que notre siècle n'arrive pas à comprendre. Telle route du Centre, commencée en

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1623, n'était pas terminée en 1790 ; les transports s'y faisaient encore à dos de mulet. 11 faut se garder de croire au réseau officiel du temps de Louis XVI ; bien des routes y figurent qui n'existaient qu'en projet et sur le papier, et parmi celles effectivement ouvertes beaucoup n'étaient guère praticables.

A l'issue de la guerre de Cent ans, un orateur aux Etats de Normandie (1484) faisait remarquer que les chemins publics, en cette province, « avaient disparu sous les broussailles ». On n'aura pas de peine à le croire lorsqu'on voit, dans les comptes de Louis XI, parmi les sommes payées à ceux qui guident ce prince d'un point à l'autre de son royaume, la gratification de 50 francs ^ en juin 1479 à Thomme « qui servit de guide au Roi du bois de Vincennes jusqu'à Saint-Denis et de là à Louvre ». Rien d'étonnant par suite si le voiturier de cette époque se perd souvent dans un court trajet entre deux villes

1. Tous les chiffres, antérieurs à 1800, mentionnés dans ce livre sont des chiffres exprimés en monnaie de 4943, dernière année normale avant la guerre. Les mennaies d'autrefois ont été converties toujours en francs intrinsèques de 4 grammes et demi d'argent fin (à 222 francs le kilo) et ces francs intrinsèques ont été traduits en francs de 4943, d'après le pouvoir d'achat de l'argent d'il y a six ans.

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