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CHAPITRE l\ Les Chaises de Poste

De PwU à Nenchàtal, «o SoitM, «d duise à porteurs. — Lm ounmm à lii cbrrMi. — Voyi«M de lf*« de 84vifDè à DoU ou «I carrotM sur la Loire. — < Uoe deme très boaoêCe voudreit IroaTer ooe place pour aller à lk«le eoBUBOBe, à Poitien oa à La Rochelle. » — Le •OM orifioairB da mot • poètes >, relais de cheTaux. — Conunodité gouTeroemeotale et police diplomatique. — • Stattoos de gtle ». — Bnisquet, le bouffon de Henri 11, a capitaine > de cent dieraoi, louée 10 francs par Jour. - 241 maisons de poate eo 1814. — L'invention de la « dulte • (1665) permet de ne pins « courir la poste • à frane élrier. — < Bidela » et < malliers •. — < Chaise de Crenao • dépaitèe par le c Soufflet ». — Dèfenae de ▼oyager à deux, < ee qui eanaeralt la ruine dea ehevatix ). — l'ti • abus » consistant à faire atteler à des < bfriim-s > quatre cheraui de poste, est flétri par ordonnance de 17M. — Lee proUMtiont te renonTellent Jusqu'en t7SS. — 9# kilos de bagages. — Défense de donner des cheTaoi sans « billet >.

Celte réToluiloo bienfaisante des chemins de fer, — et c'est là son caractère commun avec la

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plupart de celles que la science a suscitées, — égalise les jouissances en les multipliant. Au riche, au bourgeois aisé, elle n'a porté nul préjudice, puisqu'il va plus vite et à moindre prix ; mais elle lui a enlevé le privilège de sa fortune en donnant à tous la faculté de voyager à bon marché, commodément et avec la mémo rapidité. C'est un mouvement inverse à celui qui s'était produit depuis le moyen âge jusqu'au xyiii* siècle, où l'écart n'avait cessé de grandir entre les classes sociales au point de vue des modes de locomotion. La duchesse de Nemours, « magnifique, dit Saint-Simon, et qui sentait fort sa grande dame », part de Paris pour Neuchàtel en Suisse dans sa chaise à porteurs, <« avec force carrosses, grands équipages et un chariot derrière rempli de 16 porteurs pour relayer m. A cette manie de se singulariser la France de 1699 offrait des obstacles naturels devant lesquels il fallut plier. Quand les chemins devenaient trop mauvais, on plaçait la chaise sur un chariot. La princesse, au retour, usa tout bonnement d'une voiture et d'un bateau depuis Auxerre ; mais elle reprit sa chaise pour rentrer à Paris dans son hôtel, environnée de 12 valets de pied et escortée de trois carrosses. Pour unique qu'elle soit, cotte folle équipée révèle l'état d'Ame d'une époque et d'uo milieu.

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Pour tes gens de qualité, alteler alors six che- Taux à leur carrosse de voyage n'était pas un luxe inutile ; il en restait souvent en route ; un cheval se noyait à l'abreuvoir; deux juments dételées, après une chute, s'échappent et l'on oe sait ce qu'elle:! sont devenues. Pareilles mésaventures sont plus rudes que l'éclatement d'un pneu d'automobile aujourd'hui. M** de Sévignë conte son voyage de Dol, très heureux, bien qu'elle ait versé deux fois dans un étang avec f(on cousin de Coulanges, qui sait parfaitement nager et l'a tirée d'affaire « sans accident », ditelle, c'est-à-dire sans que personne y restât ; le reste comptant pour peu de chose. Une autre fois, à la descente de la Loire, le corps du grand carrosse mis sur le bateau devient pour la marquise cabinet de lecture ambulant, cuisine aussi, car jl s'y trouve un petit fourneau et Ton mange sur une planche. Que peut-on souhaiter au delà ! « Voyez un |>eu, écrit-elle« comme tout s'est rafSné sur notre Loire (IGSO). •

Le citadin du xviit« siècle, médiocrement fortuné, se rendait à sa maison de campagne en charrette à bceufs on sur une monture affublée d'une vaste selle garnie de tout un attirail de sacoches et de portemanteaux. Pour les longs parcours, on cherchait des assoeiations : « Une

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dame très honnête, disent les Annonces-Affiches de 1788, voudrait trouver une place pour aller, ces jours-ci à frais communs, à Poitiers ou à La Hochellc ». Nombre d'inserlious de cette sorte paraissent dans chaque numéro. Mais un seigneur comme le duc de Croy, quittant Paris pour son ch&teau de TU ermitage en Flandre, accompagné de tous ses gens et de ses chevaux de main, partait en quatre voitures, dont une pour son fils avec sa nourrice et ses deux gouvernantes.

Dans leurs déplacements ordinaires, les gens riches prenaient la poste. Ce mot de <« postes », synonyme pour nous d'organe de transmission des lettres, avait à l'origine un tout autre sens. 11 désignait des relais à organiser de distance en distance, pour louer des chevaux aux coureurs du Roi et forcer les envoyés des princes étrangers à n'en pas louer d'autres, afln que leur passage étant ainsi partout signalé, ils ne pussent s'écarter de leur route. Mesure de commodité gouvernementale et de police diplomatique, tel fut en 1464, le but que visait un arrêt du conseil de Louis XI, où l'histoire a, bien à torty voulu trouver TiDStitution de la « Poste aux lettres ».

Les messagers qui, depuis longtemps, portaient les lettres des particuliers en demeurèrent exclusivement chargés pendant près de deux siècles.

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llf parUient, les uos à date fixe, les autres à leur coDYenaoce. Malherbe écrit de Caen (1621) : « 11 n'est pas de nos messagers comme de ceux des autres unÎTersitét qui ont leurs journées réglées. Les nôtres n'ont ni gages, ni priTilèges, et, par conséquent, ils font leur voyage quand cela leur semble bon ; mais, pour cela, ils ne laissent pas d'être sourent k Paris, et sans une malchance extraordinaire il est malaisé qu'on aille au Ferd-ckevol (rue Aubry-le-Boucber) sans y trouver quelqu'un ». Ce fut seulement à partir de 1653 que le port des « ordinaires •, facultatif depuis une vingtaine d'années, devint obligatoire pour les maîtres de poste ; obligatoire en théorie du moins, carie nouveau système mit cent ans à se généraliser : de Lyon à Marseille et à Montpellier, on ne commença que sous Louis XV, en 1741, à confier le service des malles de lettres aux maîtres de peste, tenus de fournir les chevaux nécessaires.

Jusqu'à la fin de la monarchie, bien que passagèrement réunies sous une direction unique, la poste aux lettres et la poste aux chevaux demeurèrent distinctes. Cette dernière, la seule dont nous nous occupons aujourd'hui, mit elle-même près de 150 ans à prendre corps : il était facile de nommer un conseiller, grand maître des coureurs

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de France, et de lai attribuer des gages de 64.000 francs, supérieurs, si tant est qu'ils aient jamais été payés, au traitement de notre ministre des Postes et Télégrapties ; mais il Tétait beaucoup moins, au xv* siècle, d'établir, d'un trait de plume, « de 4 en 4 lieues, personnes séables pour entretenir 4 ou 5 chevaux de légère taille, bien harnachés et propres à courir le galop». Ces maîtres de poste, tenus de monter en personne, devaient être payés sur le pied de un franc par kilomètre M pour chaque cheval qu'ils bailleront, y compris celui de la guide qui conduira le courrier ».

Le tout demeura sur le papier durant quelque cent vingt ans. Avant les soi-disant Postes de 1464, il y avait déjà des « stations de gîtes » conBées à des u Maîtres tenant les chevaux courant pour le service du Roi ». Ces « chevaucheurs de l'écurie », si l'on admet que les deux titres fussent synonymes, auraient augmenté sous Louis XI, puisqu'ils étaient, en 1483, au nombre det^4 portant les armes royales en enseigne sur l'épaule. Uéduits à 120 sous Charles VIII et Louis XII, ils avaient pour chef le valet de chambre Jean du Mas, seigneur de Saint-Hilarion, qualifié de « contrôleur général des postes ».

Brusquet, le boufTon de Henri II, commandait À un personnel & peu près égal. Il avait eu l'idée

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