I.rs chevaux manquaient au début du règne de
Henri IV : « Nos sujets ne peuvent vaquer à leurs
affaires, dit un document de 1507, sinon en prenant
la poste, qui leur vient à exceasive dépense, ou les
)ches, qui ne peuvent être établis partout et sont
ailleurs si incommodes que peu de personnes
ulent s'en servir... * Or courir la poste à franc
'.rier n'était pas jugé non plus très confortable.
Ce fut une date dans l'histoire des transports
iù65j que l'invention de la ■ chaise », ou mieux
II fauteuil à deux roues, porté sur un châssis, iquel les gens délicats et opulents purent atteler, non les bidttt réservés aux cavaliers, du moins
Il- l'évolution des motbxs de transport
des malliers de plus forte espèce. Cette idée surprit tout le monde par sa nouveauté. Elle appartenait au marquis de Crenan, grand échanson, qui en tira bon parti en vendant, — 1.000 francs la pièce, — ou en louant, à tant le kilomètre, les véhicules qu'il avait fait construire. Très vite, il fut dépassé ; à la « chaise de Crenan » succéda le « soufflet » à deux places. Puisqu'on courait la poste en voiture pourquoi ne pas la courir à deux ? L'autorité intenint : défense formelle de se mettre deux dans un « soufflet », ce qui « causerait la destruction des chevaux et la ruine des postes »,
La clientèle aristocrati({ue n'en tint compte ; bien mieux, elle eut la « folie >• de remplacer la chaise à deux roues par une berline. Pareil désordre pouvait-il être toléré ? «< Depuis quelque temps, dit une ordonnance royale de 1708, plusieurs particuliers ont introduit l'abui de faire atteler à des voitures à quatre roues, dites 6er- /tVif.t, 4 chevaux de poste avec lesquels ils prétendent faire la même diligence que dans les chaises à une personne seulement ; outre la pesanteur de ces voitures, elles sont encore chargées de coffres, de malles et de laquais derrière ; en sorte que les chevaux de poste, trop faibles pour tirer lesdites voitures, succombeot (?)
LBil ClAlJiCs i>i: l'oMi: li.:
el que let> routes les plasfréquontt'os du royaume se trouvent démontées... » Il était eu conséquence interdit à la poste de donner des chevaux pour
les berlines / moins que leurs maîtres
n'eussent une permission expresse », qui sans doute ne leur a jamais fait défaut.
Pareilles prohibitions se renouvellent périodiquement jusque vers 1725, où, sans doute, Tautorité s*afoua vaincue. Il en fut de même pour les bainiges mis 8ur les chaises de poKte, dont le poli- avait été longtemps limité à DO kilos; Texcé. dent, aprte pesage réglementaire, devant être 6lé. Les voyageurs étaient d'ailleurs responsables des bétes qui, par leur faute, éprouvaient quelque •iomraage. Sur un placet présenté au Roi par le maître de poste de Villepreux, le duc de Saint- «...«..., alors mestre de camp de cavalerie, itt du secrétaire d*Ktat de la guerre ordre de Sa Majesté de « satisfaire » ce maître do poste auquel il avait crevé un mallier.
Le gouvernement avait intérêt A protéger le monopole, il en suneillait l'exercice, et par là se tenait au courant du mouvement des voyageurs éiraagers dans le royaume. En certaines occurreaces, il safQtait, pour arrêter toute communication, d'envoyer défense à toutes le$ postes « de donner des chevaux sans billet ».