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CHAPITRE XII

L'accueil fait aux voyageurs.

< Oui eti-ce qui oe voyag* pas aujourd'hui ?t dit-oo fooi Louit XVI - SI. rt M- Credock à l'Opërt. - Droit remporter auUot d'épii que le caTalier l« peut, à trtrert clMflipt. — On va voir «ouper, à TroyM, 1m enfoyét de Bêle. ~ Lee iroit • Toyagee ■ de Gui Patio. — Louie XV ▼a iDOotrer la mer 1749) à !!■• de Pompedour et au BiBittre de l'IoléHeur qui ne Tout Jamaii vue. — Pas de poitioa à Pitppe. — Moaaeo rapporte 14.900 fraoca par an à 800 prince. ~ Lea piratea, au loog de la KiTiara. — Le poète Refiiard vendu 5.000 fraoca. — Voyafeofa eofeméa ea Bapagne daoa leura chambrea; an lit, pour JuitilUr de leur

Cet élrangert n'éUient pas bien nombretu; Mercier nous fait sourire quand il écrit fous Louis XVI : «On n'a pas assez pourru aux besoins des Toyageors, et cependant qui eil-ce qui ne poyage pnx aujourd'hui ? m Paris au contraire était si peu cosmopolite que la rareté de sef liûtei de passage les exposait à des voleries et ifs faisait bénéficier d'honneurs i^ui oui l'^'ale-

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ment dispara : M. et M"* Cradock, sujets britanniques, se plaignent qu'on leur ait indignement surfait les billets à l'Opéra ; en revanche, à la sortie, « notre qualité d'Anglais nous ralut, disent-ils, d'être accompagnés par un détache* ment de Suisses jusqu'à notre voiture », Nos visiteurs actuels ne peuvent s'attendre à pareilles politesses ; la garde municipale, tout entière sur pied, n'y suffirait pas. Le même couple va prendre des glaces dans un café du Palais-Royal et l'orchestre, sitôt que l'on eut deviné qu'ils étaient Anglais, attaqua le God save the king.

C'est sans doute parce qu'il n'y avait pas beaucoup de cavaliers ni de rouliers au xv* siècle que le voyageur, passant à cheval dans les champs, avait alors le droit d'emporter autant d'épis qu'il en pouvait tenir dans ses mains durant une course rapide, ou qu'un charretier, traversant la route pendant la moisson, pouvait réclamer trois gerbes. La ville de BAle envoie à Louis XIV une députation qui s'arrête vingtquatre heures à Troyes, où ce passage est occasion de gros gala avec salves d'artillerie « que les lits en tremblent m. A l'auberge, défilé des bourgeois champenois devant les envoyés de Bàle. Il est permis aux dames d'aller à leur tour Us voir souper. Elles y mènent leurs enfants

L*ACCUEi OTACBORS liH

• pour qu'ils se souviennent de re jour et puissent ^n parler plut tard ». SouTenir mémorable en edel pour un citadin immobile du xvii* siècle.

« Il m'a fallu, écriTait Gui Patin (1046}, faire»

«et été trois voyages presque bien malgré moi,

le premier en Beauce par delà Pithifiers, le

\ième daDS Orléans même, et le troisième en

iiandie. » Les princes eux-mêmes ne vont

pas loin : Louis XV en 1749 montre la mer à

^f ** de Pompadour, qui ne l'a jamais vue. Us se

endent au Havre, déplacement de treize ou

laatorze jours. M. le comte de Saint-Florentin,

ministre de l'Intérieur, n'ayant non plus jamais

vu la mer, est du voyage. M. Rouillé, ministre

lie la Marine, qui lui, — espérons-le du moins,

^ avait déjà vu la mer, précède le Roi au Havre

pour le recevoir.

' - '* tes jeunes et gais du prince de Condé à

sont plus remuants ; s'il leur vient en

tti«' (l'aller voir la mer, ils partent aussitôt par la

lans une gondole de 12 personnes à

..^x. • Par une chance incroyable, dit l'an

i'eux, rien ne casAa, on fut à Dieppe manger du poisson ; il n*y en avait ; n vit pendant

trois heures la mer et Tons en rcvmt, enchantés, après trois noits sans sommeil. Charmante dans ^a hardiesse, cette équipée n'étonnera nullement

138 L*éV0LDTI0N DBS MOTBNA DB TRANSPORT

un prolétaire d'aujourd'hui qui, moyennant ii francs aller et retour, va de Paris à Dieppe le dimanche en train de plaisir.

Allongé dans un wagon du « Calai s-Méditerranée-Ëxpress », l'Anglais qui a quitté Londres après déjeuner et sera demain sur la Côte d'Azur, ne croit plus nécessaire de s'arrêter quelques semaines à Boulogne pour préparer son corps aux fatigues d'un tel voyagCy comme faisait l'un de ses compatriotes allant à Nice en 1769. Poussaiton jusqu'en Italie ? Le meilleur mode de transport do Nice à Gènes était, à cette époque, la felouque, bateau ouvert, ramé par 10 ou l'J mariniers, acomplissant le trajet eu deux jour» et demi et atterrissant chaque soir pour coucher. xNul ne s'arrêtait alors à Monaco, rocher stérile, dont le prince tirait seulement 14.000 francs de rentes; la meilleure auberge de la Riviera, celle de San Hemo, consistait en une misérable taverne garnie d'une longue table et de banci, avec une chambre attenante ayant juste la place de deux lits. 11 était prudent en ces parages de ne pas s'éloigner des côtes ; c'était un accident toujours A craindre que celui du poète Regoard, cipturé par des corsaires barbarosques (1678), avec le navire sur lequ<^l il faisait route de

LACCUIIL FAI. YACIUM 139

«es compagnooi de route, comme esclave à .'er uù il fut vendu 5.UU0 franco.

Mitf de terre et de mer tunl réiJuits de

. j ^ 1 peu de chose; maU li nos pôrea ne

avaient elToctuer de médiocres déplacements

craindre toutes sortes de mésaventures,

nous n'avons [ ! ns autres, au cours des

voyages les plu ms, à espérer aucune sorte

iventure. Les facilités de la locomotion, qui en

ppé rasage, en ont diminué l'intérêt.

... .v^uUats sont moindres pour les gens que

iir les choses, moindres pour les voyageurs que

ur les marchandises. Peut-être, au point de vue

" Tet utile et même du simple agrément, ne

is pas en rapport avec l'accroissement pro-

^'ieux du nombre des kilomètres parcourus.

t:e qu'il y a de plus curieux à connaître, ce

^out des hommes et des mœurs beaucoup plus

que doë paysages. Les paysages sont en nombre

très borné ; sauf la mer, k montagne, le désert,

' lies Oords et quelques cascades exception-

.on trouve en tous lieux, sur quelques

utaines de kilomètres carrés, tous les paysages

laginables : le ruisseau, le fleuve, le lac, la

aine, la prairie, le rocher, la forêt, la lande,

•*r leurs accidents de terrain. Cela se reproduit

liment quand on va indéflniment loin et

l'iO L*ivOLUTION DBS MOYENS DB TRANSPORT

cela se voit rassemblé en un morceau de territoire que l'on peut explorer en quelques jours.

L'homrne est bien plus divers, mais il ofTrait plus de différence dans Tintérieur d'une seule province ou d'un pays de médiocre dimension, il y a cinq cents ans, qu'il n'en offrira peut-être dans cinquante ans sur toute la planète. Forcés de voyager lentement, nos pères voyaient mieux le peu qu'ils voyaient et en liraient plus de parti que bien des contemporains qui voient beaucoup sans beaucoup apprendre ou qui même vont très loin sans voir beaucoup.

Les voyageurs, étant rares jadis, excitaient la méiiance, mais provoquaient aussi la curiosité : ils vont et viennent librement aujourd'hui; il n'est plus de pays où on les tienne, la nuit, enfermés dans leur chambre à l'auberge, comme en Espagne sous Philippe V, et nul jeune couple n'est plus dérangé au lit, comme au xviii* siècle en de petites cités épiscopales d'Italie, par les sbires du Saint-Ofnce, gardien des mœurs, qui los invitaient à justifler de leur mariage. Mais on n'accueille plus l'inconnu de passage, comme on faisait volontiers alors ; s'il n*est muni de recommandations, il ne pénétrera chez nul habitant do la ville où il séjourne et n'aura commerce qu'avec les patrons d'hôtel.

CHAPITRK XIII

Le Port des lettres jusqu'd Louis XIII.

u écnt pliu qu'on av vuyafje — LAcirculaUoo des! a BMdiié Im coodiUooft de U Tie plut que le dépleoewêmA &m panottOM. — Coureurs • fieffée • el bérédilaifM da »oy«i Afe. ~ MeaMfWi de pied el cheveuelMon prhrée dee riehea. — lia loot pajéa à forfait, le frmaea par )OQr pour 59 kilométrée. ^ 9 à It firaoca par Jour pour lee meaeagera de pied. — SS fkaoca par jour payée par Orléans (1429) an teoipa de Jeanne d'Arc. -- Un port de leuree de plusieurs mille francs. — > Lea meaeifers de l'UniTcrsité. — Zê francs payés à Tannée en 1619 par ui boorgeoii poor eorreppondre de Trojea sTec Paria. — Laa mewif wi boualieri de Siraaboarg. — Les cbaraliars nMltraa-de-poate de l'Ailemagne du Nord. — Lea • Val-4^ed ■ municipaux. — Leur condition sociale. •* Leur traitement variable. — Corporation dea lé de Toulouse. — Concnrraoeea interditea. — Lee haMtêoU da 8aiiil>llalo a*oppoaent à la création d*un eourrier pour Poufères.

Oo écrit plus que Ton oe voyage. AutaDt et plut iue le déplAcemeni des personnes, la circulation les lettres a modifié les conditions delà vie. La

142 L'éVOLUTION DBS M0TBN8 DE TBAN8P0RT

transmission régulière des correspondances fut un progrès plus grand, en ton temps, que n'ont été dans le nôtre \e télégraphe, ou le téléphone, inventions beaucoup plus menreilleuscs en ellesmêmes. Le télégraphe abrèye, le téléphone supprime le délai des communications ; mais ces communications mêmes, à peu près inexistantes avant elle, la »< poste » les créait, — la « poste >•, dans son acception moderne, puisque ce mot eut longtemps un tout autre sens, les anciennes postes étant exclusivement des relais de chevaux et n'ayant rien de commun avec le port des lettres, lesquelles étaient confiées à des messagers publics ou privés.

Le moyen âge, qui avait des tassaux-bergers ou flieuses de chanvre et des cuisiniers héréditaires, eut aussi des coureurs « Ûeflfés », gratifiés d'une terre qu'ils possédaient féodalement en propre, moyennant l'obligation de remplir chez le seignenr, de père en ûls, à perpétuité, l'emploi de coureur. Lestes et agiles, les premiers coureurs féodaux eurent sans doute dans leur descendance des hommes replets et poussifs et, d'uo commun accord entre vassaux et suzerains, le service personnel se changea en une redevance pécuniaire.

Les riches personnage!» entretenaient des mes-

IK POftT 0B8 LtîTftBS JUSQU'a LOUIS Illl 1^ <

«agors de pied et des chetAuchrurs : de cet derniers, le roi de FniDce en avait une centaine ; chci Tare hi duc-régent des Pays-Bas. ils étaient vingt-six ; de moindres seigneurs te contentaient de doui ou trois. Les chevaucheurs étaient payés À forfait : au xiv* siècle, 18 francs par jour l>our un parcours de 55 kilomètres environ ; s'ils perdaient le cheval à eux confié, ils le renipla-

-~nt aux frais de leur maître. Les messagers •ed, par jouméede 30 Icilomètres en moyenne, touchaient 9 francs chez le Roi (1880); à la sol!» .<♦••; particuliers ou des villes Ipur salaire varuui de 5 à 10 francs. Un voyage de nuit valait le double : 20 francs ; de mêmes les courses périlleuses : Orléans, assiégé par les Anglais avant l'arrivée de Jeanne d'Arc (1429), n'hésite pas à rémunérer, sur le pied de 30 francs par jour, un commissionnaire exposé sans doute à

le f&chenses rencontres dans ce temps de guerre et de brigandages.

Si les distances sont grandes, si le courrier de

abinet à l'ordre de marcher nuit et jour, un port de lettres arrive à coûter plusieurs milliers de francs ; au contraire, lorsqu'on peut, par l'intermédiaire de quelque « cher et espécial ami », tel que sont « les courraticrs de vin et do cbanga », coolier son pli à un charretier qui

1 i4 l/évOLUTlUN DES MOYENS DE TnANSHOBT

fasse route avec ses marchaoclises dans la dire* lion voulue, ou plus simplement lorsque le de> tinaiaire habite une localité dessenrie par les M petits messagers de l'Université *, le prix ne dépassera pas 5 francs de Troyes à Paris (1522) pour un sac de procédure et même 0,60 centimes pour une simple missive de Paris à Soissons (1527).

Mais le cas est rare ; quoique les messagers de l'Université, chargés au moyen âge de la correspondance des étudiants avec leurs familles ♦ • employés en fait par toutes sortes de personnefussent assez nombreux, — trois pour Bloiquatre pour Fontenay-le-Comte, six pour Rouen, un pour Dol et Saint-Malo réunis, — on se demande si tous s'acquittaient réellement de leur ofHce, ou s'ils ne s'étaient pas fait investir de ce titre simplement pour être dispensés de l'impôt rigoureux des tailles, ainsi qu'il leur est reproché par les États de Normandie (1620). Quel que soit le mode de transmission, tous les ports de lettres jtuqu'au commencement du WJ* tiède sont chers : 40 à 70 francs de Paris à Rouen, à Troyes, à Tours, et, si l'on se sert de messagers spéciaux, c'est 55 francs de Nantes à Vannes par un « poste » et de Paris à Angers 180 francs. Li prétentions des estafettes sont d'ailleurs trè^

I K POKT DKS I BrrnB.s Ji SQti*A LOUIS Illl 1 ^5

diverses, puinqu'eii 1537, de Trojet à S«Df, il en cuùle !.'> francs fiour une lettre par le fnessager d< Trotf^s el Atiulement 7 fr. 50 par le messager de Sens, qui tant doute prenait les dépèches au rtbais comme fret de retour. Les messagers traitaient aussi à forfait : une bourgeoise de Troyes, M** Vignier, payait sous Louis XllI un ftxe de 38 francs par an (1615) pour correspondre avec Paris.

Mais à cette époque, dans toute TEurope, bien afant qu'aucun gouTernement se fût avisé d'y pouvoir, le besoin de relations avait depuis longtemps suscité» entre les villes même éloignées, des courriers plus moins réguliers : celui de Perpignan est tenu, dès 1500, d'aller en huit jours à la cour du roi d'Espagne; chaque semaine partait alors de Venise un envoyé pour Nuremberg el un autre de Nuremberg pour Venise; Amsterdam avait plusieurs « messagers )urés • (1557); cet emploi était exercé dans l'Allemagne du Sud par les bouchers ; il était rempli par des chevaliers dans l'Allemagne du Nord, où l'Ordre Teutoniqu^ avait fait de ses cuiumandeurs des maîtres de poste. Ceux-ci disparurent de bonne heure, mais les « postes buuchères » subsistaient encore en 1Ô71 à StrasbuuFK; quatre membres de la corporation en

14G 1,'kvolijtion des moyens de transport

avaient l'entreprise et entretenaient à cet ifTel 70 chevaux.

Les offices de messagers sont partout assez recherchés ; le droit de les conférer est revendiqué par le corps de ville et par les magistrats du bailliage, qui entrent parfois en conflit à ce sujet et nomment chacun de leur côté des candidats différents. En règle générale, la municipalité choisit les titulaires, puis, après caution fournie par eux et attestation de bonne vie et mœurs, ils sont reçus par le Parlement, devant lequel ils prêtent serment. Ce sont des gens de la classe moyenne, souvent de petits propriétaires : le messager ordinaire de Moulins possède une maison (1603); celui d'Amiens à Paris est détenteur d'une portion de flef (iG24). Le nombre de ces messagers n'a rien de Oxe : Langres n'a qu'un « vat-à-pied > municipal pour porter ses dépêches (1643); Toulon en a deux au ser\'ice de la communauté, dont l'un résidant à Aix ; Périgueux en a quatre (1018), Nîmes aussi, depuis la lin du XVI' siècle, et en établit deux uouve?»"^ -ït^'^i) pour aller à Milhau en Rouergue.

La plupartdeces porteurs jurés ne vont pas loin : leur mission consiste À i*elier leur localité avec lu chef-lieu de la province, — celui d'Avallun se rend à Dijon, celui d'Ussel à Tulle, celui d'Agen

I R FORT OIS LSTTRBS IISQU A LOl'f' MU

li7

à Bordeaux, ••)), \Axii mo'letflement, atec un bourg situé sur la graod'route. Le traitement est proportionné à la distance et à la périodicité des voyages, irréguliers au début, puis effectués tous les huit jours et même deux fois par semaine, à pied ou à chaTal, en Tertu d'arrangements arec le maîtres des messageries : celui de Metz à Strasbourg touche 1.000 francs (1635), et celui d'Avallon %0 francs dégages annuels, tandis que Tau lik'uan (Dauphiné) paie 28 francs par an son pit'lon pourValréas.

Le transport des lettres intéressa peu les États l'roTÎnciaux ; on voit bien ceux de Provence traiter avec un parfumeur d'Aix (1617) de l'établissement d'un service pour Paris, et créer un « ordinaire • pour Lyon, afin « de remplacer les messagers exprès qui tardent en chemin le double du temps qu'il faut >* ; mais le soin des correspondances demeure surtout affaire locale ^ et au même temps où les communes bretonnes instituent des estafettes à leur usage, — Auray avec Vannes, Hennebont avec Nantes (1632), — les États de Bretagne refusent au gouvernement tout concours à ce sujet; Richelieu, qui leur demandait des fonds pour solder les courriers d'Angers à Rennes, ajoutait d'ailleurs discrètement : « Ce que je ne désire qu'autant que

VOUS jugerez qu'il revienne de rutilité à la province ».

\.n. communication des principales Tilleff entre elles (^tait entretenue par des messagers travaillant isolément ou en corporation comme les quatorie de Toulouse, sous le patronage de « Monseigneur l'Archange Saint-Gahriel » (1588), qui tous les quinze jours, partaient alors pour Paris, Lyon ou Bordeaux. De la capitale pour la province, c'ost-à-dire sur les grandes artères où circulent les wagons-poste, les « ambulants » de nos jours, les messagers dits « royaux • disputaient le port des lettres et paquets aux mes^iagers dits « de l'Université » ; les uns et les autres obtenant alternativement des tribunaux et du Conseil des arrêts qui « cassaient et annulaient tous les précédents » et leur concédaient tour à tour des monopoles aussi absolus que fragiles.

De leur côté, ces messagers de grandes lignes défendaient énergiquement leur réseau contre les concurrences nouvelles : pourquoi les habitants de Saint-Malo s'opposent-ils à la création d'un rourrier pour Fougères, par Dol et Antrain, u ayant assez, disent-ils, de celui de Paris à Saint-Malo, qui fait le service sur la route dudit Fougères ? » On devine que cette protestation était inspirée par le courrier parisien menacé

iB roRT DU urrruEA jisuu'a Lotis xiii 149

d'un déloaroemaDt partiel de iraflc. Sous prétexte de faire cesser la mauvaise intelligence qui existe entro les entreprises riïales, mais en réalité pour se procurer quelque argent en vendant les charges nouvelles, l'Ktat imaginait (1634) des « intendants contrôleurs généraux «tes messagers, Toitnriers et routiers de France »•. Ils n'auraient su que multiplier les querelles avec les fonctionnaires préexistants, investis comme eux des pouvoirs les plus étendus, appuyés sur les textes les plus formels..., s^ils ii'avaieol été supprimés Tannée suivante.

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