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CHAPITRE XIX

Le transport des marchandises — 1.300 tonnes par tête à un kilomètre.

Eo 1913, chaque Français faisait transporter 1.300 tonnes par an à un kilomètre, soit 13.000 kilos à 100 kilomètres. — 50 milliards de tonnes kilométriques sur terre on sur mer pour 39 millions de Français. — Création récente de ces transporU. — Comparaison du poids dea lettres et des voyageurs à celai des marchandises. — ■ Les Toyageurs en chemins de fer représentent 1.400 millions feulement do tonnes kilométriques — Les marchandises 34 milliards de tonnes. — Le tarif du chemin de fer comprend l'entretien de la route. — Charge moyennc de 2.000 tonnes par kilomètre et par Jour, sans compter le véhicule. — La plus humhle famille ouvrière ou paysanne use journellement de produits venus des quatre parties du monde. — Café, sucre, monie, pétrole, hougie, fer, poutres, chanvre, coton, laine, papier, nitrates du Chili, phosphates d'Afrique, etc. — Toute la civilisation moderne repose sur la révolution des transports de marchandisea. — )adi«, la ruine dea producteurs De profltait pas aux ooDsommateun. — Aiyoard*hiii, les premiers vendent plu» cher; les seconds achètent meilleur marché.

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ATaot U fnierre, chaque FrançAi« transporUit, ou l'on transportait à son intention, pour le charme ou la commodité de aa vie, îreiiff eentt tonnes par an à un kilomètre, toit treize mille hloi h la distance moyenne de cent kilomètres.

Telle était, rapportée à nos 39 millions de concitoyens, quel que fût leur âge ou leur sexe, et quelque modeste que fût leur rang sur l'échelle sociale, la part qui retenait alors à chacun (teux dans le Tolume et le poids gigantesque des 50 milliards de tonnes kilométriques, déplacées chaque année à leur intention et pour leur compte, par les roies ferrées, fluviales ou maritimes, sans parier du mouvement de nos routes terrestres dont il n'existe aucune statistique.

Ce mouvement global de 50 milliards de tonnes chargées, déchargées, vuituréesparou pour nous, se décomposait en 180 millions de tonnes effectuant sur nos chemins de fer un parcours de 135 kilomètres, 36 millions de tonnes accomplissant sur les canaux et rivières un trajet de 156 kilomètres, et 40 millions de tonnes importées ou exportées par mer d'une distance que, pour être sûr de rester au-dessous de la vérité. Ton peut chiffrer à 500 kilomètres en moyenne, puisqu'elles venaient en égale quantité d'Angle-

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terre et d'Amérique ou d'Asie, faisant tantôt 30 kilomètres et Unl6t 7.000 *.

Tous ces transports étaient une création récente : ils dataient de la seconde moitié du xix' siècle. Celui des chemins de fer, qui remplaçait la traction animale sur certains points, ne l'avait pas diminuée; il s'était purement ajouté à elle : c'était un gain total. Le nombre des chevaux de trait ayant fort augmenté, ainsi que la longueur des routes ouvertes, on peut être sur que tes charrettes et camions dans leur ensemble véhiculaient en 1913 un poids très supérieur à celui d'il y a soixante ans *. Quant aux transporta maritimes, les entrées et sorties annuelles des ports français qui, — non compris le cabotage, — étaient, il y a cinq ans, de 51 millions de tonnes, ne dépassaient pas 11 mit' tonnes en 1869 e< 3 millions et demi en /> sur les fleuves et canaux qui, les premiers du moins, semblent avoir été le mode de locomotion

< ommerce avec l'Angleterre se chiiïrait, en valeur, par 2 milliards 400 milUons et notre coinn avec les tItatsUnis, l'Argentino, le Bri'sil, les Ind plaises, la Chine H la Turquie, formait un total 3 milliartiâ. Kn poidt, ces échanges respectifs i lin rapport semblable à celui de la valeur.

1. Le nombre dot entreprises de voitures pobliqoet était de U.OOO eu \%Hi il était de 19.000 en 1909.

préféré de jadis, le trmDc ëlail h peÏDr le quart de ce qu'il étail à ta teille de U déclaration de guerrf en 1*" t ••" ♦*n verra plus loin le« motifs.

Il t'écrit plui de lettres qu'il no se fait de voyagea, niait il te véhicule, au poids^ incomparablement plut de marchandiaet que de papiers postaux et de créatures humaines. Les anciens modes de transport étaient parvenus à assurer tant bien que mal la circulation des lettres et au' me des voyageurs, colis peu encombrants et peu lourds. Les quatre-vingt-dix objets de correspondance, — moitié lettres, moitié journaux ou imprimés, — que chaque Français recevait annuellement avant 1914 représentent, à vingt grammes chacun, une charge globale de 720.000 tonnes. Ce voyageur lui-même qui montait en chemin de fer quatorze fois par an et faisait en totalité 402 kilomètres sur le territoire de la Hépublique, admettez qu'il pèse i* ' ' "tlement 7r> kilos, constituait, pour l'enst-. .. leti réseaux, un poids total de un milliard 400 millions de tonnes kilométriques.

Qu'est-ce que cela, comparé aux 24 milliards de tonnes de marchandises? Les chemins de fer transportaient donc au poids dix-stpt fois plut de mareknndùei que de voyageurs. La tonne de

voyageurs (à 75 kilos par tète) payait 46 centimes par kilomètre ; mais la tonne de marchandises, en petite vitesse, payait dix fois moins, — quatre centimes et quart; — ce qui de nos jours permettait aux objets vulgaires et de peu de prix d'aller très loin, et ce qui explique aussi combien cela leur était autrefois impossible.

Notez, et c'est un point capital, que dans le prix perçu par le chemin de fer est compris l'entretien de la voie, dont l'ancien roulage n'avait pas à tenir compte. Or, comment eût-on pu entretenir une route telle que cel^e de Paris à Lyon ou à Calais, sur laquelle eussent passé chaque jour des millions de kilos? Répartie sur nos 40.000 kilomètres de chemins de fer, la charge annuellement transportée en 1913 ressortait en moyenne^ par kilomètre et par jour, à 2.000 tonnes, sans compter le poids des véhicules; quelle route pourrait, en tempt normal, supporter le passage quotidien de 1 .000 charrettes portant chacune 2.000 kilos?

Il peut sembler extraordinaire et même invraisemblable que, pareil à M. Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, chaque Français, avant la guerre, déplaç&t inconsciemment, envoyât ou apport&t chaque année, d'une distance moyenne de 200 kilomètres, 6.500 kilos par terre ou par

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