Explication de la Carie géologique de France^ t. I
5. Etudes de Géologie expérimentale^ 1 vol. in-8', Paris, 1879.
LES THEORIES EROSIVES
déterminé la production et l'association des vallées de montagnes, peuvent s'imiter par la torsion d'une lame convenablement fragile telle qu'une glace.
Enfin d'un consentement unanime, certains traits des vallées de montagnes leur sont procurés par la circulation des torrents. Les études auxquelles ceux-ci ont été soumis ont provoqué des hypothèses sur leur manière d'opérer.
On a constaté chez eux, d'une manière évidente, la faculté régressive qui les conduit à remonter progressivement leur origine ou source sur les flancs très abruptes des montagnes où ils prennent naissance.
Quand les localités sont favorables, comme, par exemple, sur le versant méridional du mont d'Arvel, au-dessus de Villeneuve, en Suisse, on peut appliquer à l'histoire des torrents la théorie de la capture dont nous dirons un mot plus loin, à propos des rivières *.
La théorie de l'érosion torrentielle a été précisée jusque dans les détails et elle a conduit à signaler des termes évolutifs dans le creusement des gorges de montagnes ^
La discussion n'est certainement pas près de finir entre les géologues qui refusent tout pouvoir érosif aux glaciers et ceux qui les considèrent comme ayant creusé le sillon dans lequel ils s'écoulent.
« Parmi les partisans de la réalité du travail, on peut citer MM. Finsterwalder, Blùmcke,
1. Stanislas Meunier. Etude sur le terrain quaternaire du canton de Vandy Autun, 1892, i brochure de 60 pages avec deux planches en phototypie.
2. Le Même. La Géologie générale, 2« édition, vol. in-S", icjoç).
Hesse, Drygalski, Salomon, Moris Davis *.
Parmi les autres, qui sont également nombreux, nous mentionnerons Bleicher ^, Alph. Favre, Lapparent, qui déclare que « nulle part on n'a vu les glaciers creuser ou afFouiller leur lit composé de roches dures ni découper leurs parois comme font les torrents ^ » .
« Le fait que les anciens pQlis glaciaires se montrent à nous sans la moindre discontinuité du haut en bas des gorges d'aujourd'hui occupées par les glaces, dit le même auteur \ prouve jusqu'à l'évidence que ces gorges étaient creusées dans leurs dimensions actuelles quand le phénomène glaciaire a commencé ses manifestations. »
Cependant l'étude logiquement conduite des glaciers, mène à une opinion diamétralement opposée et on constate que les glaciers creusent leur vallée exactement comme le faisaient tout à l'heure les torrents.
L'allure est tout autre, aussi lente qu'elle est rapide dans les torrents, mais les effets sont les mêmes.
Un glacier pousse sous lui un charroi de pierrailles qui pèse sur la roche sous-jacente de tout le poids de la masse congelée. On s'imagine , sans peine Tefficacité de cette friction dont les témoignages nous apparaissent sous deux formes complémentaires : d'un côté, l*abondance du limon de broyage qui fait des torrents glaciaires de véritables courants de boue et dont le trouble