Comptes rendus de V Académie des Sciences^ CL
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Par exemple, on s'est demandé si les Alpes n'ont pas été à un certain moment le siège d'un réchauffement rapide déterminant la brusque fu* sion des glaciers dont elles étaient recouvertes jusque-là. A cette supposition, quia été appliquée à Thistoire de la vallée de la Seine, on a opposé la difficulté de comprendre, en présence de Ténorme chaleur latente de fusion de la glace, la source de chaleur déterminant un pareil effet et surtout dans le temps très court regardé comme nécessaire.
L'action directe de la mer a été mise aussi à contribution. Louis Bertrand est d'avis que dans la vallée du lac de Genève, la plaine et les coteaux sont aujourd'hui à peu près tels qu'ils étaient à l'époque où ils sortirent de dessous les eaux de la mer ^ Cette seule assertion indique suffisamment le système de l'auteur, qui l'applique à l'histoire de toutes les vallées. Il pense que les continents se sont formés sous la mer et qu'ils en sont sortis comme nous les voyons aujourd'hui.
Bien antérieurement, lîenri Reboul, qui fut correspondant de l'Institut, avait défendu cette thèse que le creusement des vallées est un contrecoup de l'exhaussement progressif du sol et, conséquemment, de l'abandon des aires continentales par la mer '. C'est pendant cet abaissement de la mer que celle-ci « a pu battre successivement tous les étages des montagnes en les abandonnant l'un après l'autre ».
Hébert '^ n'a pas craint d'imaginer que toute la
1. Renonvellemejit périodique des cotitinetits terrestres, i vol. in-8*, Paris, an VIII.
2. Géologie de la période quaterihiire, i vol. in-8", Paris, iS*;;.
^. Bulletin de Li Société géologique de France, t. XX. p. iiS. i8()2 et t. XXI, p. b3, i8()v
LESJTHÉORIES ÉROSIVES
France a subi un double mouvement de bascule : d abord sa région septentrionale s'est aflFaissée sous la mer, de façon à permettre à la Manche de venir baigner le pied des Alpes, et puis un mouvement inverse, et plus brusque, encore a remis les choses en Tétat où nous les voyons, c'est-à-dire a renvoyé la mer dans son lit.
C est ce voyage de retour qui a donné lieu au rabotage dont les vallées sont le résultat. On ne se préoccupe pas d expliquer comment les sillons qu^on a en vue sont bien loin d'être tous dirigés parallèlement les uns aux autres, parallèlement aussi au trajet parcouru par l'eau ravinante; comment, par exemple choisi entre mille autres' TAvre, de Verneuil à Dreux,, a son cours dirigé précisément à l'inverse de la direction voulue.
Une série d'auteurs rattachent le creusement des vallées à la débâcle subite de certains lacs.
C'est l'opinion de Sulzer * entre autres.
En voyageant dans les montagnes du Harz, il remarqua que, depuis le sommet du Brocken jusqu'aux environs d'Ilzebourg la vallée qu'il avait suivie montrait plusieurs bassins superposés en amphithéâtres, communiquant entre eux par des gorges très étroites. Il supposa que chacun de ces bassins avait été primitivement un lac ; que tous ces lacs étaient les uns au-dessus des autres ; qu'ils s'étaient écoulés successivement, de façon qu'il n'en reste plus aujourd'hui qu'un tout petit vestige sous forme de faible ruisseau. Les eaux de ces lacs, en s'écoulant avec impétuosité avaient creusé la vallée. '
C'est à peu près de la même manière que