‹ L'évolution des théories géologiquesChapitre 110 sur 190 · Traité de pétrifications, Neuchàtel · texte numérisé non relu

Traité de pétrifications, Neuchàtel

2. Etudes synthétiques de géologie expérimentale^ i vol. gr. in-8», Paris, 1879, p. 354 et suiv.

LES THÉORIES ÉROSIVES

tion d'un autre mécanisme et, par exemple, du régime glaciaire. Ainsi, M. Penck a signalé le (( surcreusement » de maintes vallées alpines*.

Selon une autre opinion, les torrents qui circulent sous les glaciers sont les auteurs des « marmites de géants » signalées dans beaucoup de points des vallées des montagnes ^

En rapprochant, pour les comparer, toutes les conjectures auxquelles l'examen des vallées a donné lieu, on arrive à reconnaître que l'histoire de ces accidents de la surface du globe est essentiellement évolutive. On assiste à la naissance de la vallée, à son développement, à ses relations, variables dans le temps, avec les vallées voisines et en conséquence à sa disparition possible par absorption dans ces dernières.

La surface du globe en maintes régions, a conservé des vestiges éloquents de ces étapes sur lesquelles il nous faudra revenir d'un mot, à propos des rivières et, peut-être aussi, à propos des dépôts dont les eaux continentales sont les auteurs. Et si d'Archiac, entre autres ^, est d'avis que (( l'évasement des vallées, si différent de la forme présentée par les sillons des torrents, est l'effet d'une cause différente de celle qui s'exerce aujourd'hui », c'est que, malgré sa haute valeur, et à cause de l'ambiance où il vivait, il méconnaît les faits les plus essentiels de la circulation superficielle des eaux. 11 confond le travail du

1. Voir à ce sujet W. Kilian. VErosiott glaciaire et la formation des terrasses dans la Géographie, XIV, 1906.

2. Voir Brunhes. Comptes rendus de V Académie des Sciences j séances des 28 mai et ^Jtiin içoô.

■ 3. Histoire des Progrès de la Géologie, de 1814 à 184s, t. II, p. 167.

t£rOLl-TtOy DES rStORIES GEOLOGIQUES

filet aqueux \i>ihle aux yeux avec l'œuvre de loulo la nappe èpîpi^lhvdrique qui nous occupera plus loin, IVpuis Tèpixjue où j'ai commencé à étudier le> matières du présent chapitre, Tétat des e>prits a c\>mplètement changé sur bien des p^Mnî> inijx>rtanis- AusNi m'arrive-t-il d'avoir à rt* jx>ndre — à des personnes qui, en face de Tardeur awi" Laquelle je défends Vopinion que je crois vraie, me rt^r-îri^**nt comme enfonçant des portes ou\^erte>, — que si la théorie seule acceptée de 1875 à 1S80 a changé, j y ai quelque peu contribué '.

Or:ùîxf rrs cavfrn'es. — Les cavernes ont do îvvjî temps fixé rattention des hommes, mais jamais pîu> quVi 1 éjxx|ue actuelle, où Ton a élevé leur oUKÎo ni>ou au rang' d'une branche spéciale 0.0 la soientv, à laquelle on a donné le nom maintenant ix>ns.îore de 5/*c\Vt>/c>^V imagriné par M, FraT.o Rivièrt*

l/v^rigino dos cavernes est évidemment dîffén^nio suivaitt los cas Ainsi, on a rattaché Tou- \or:urt" do vvrt.ùr.o> d'entre elles à l'action démoli »,uito do îa ir.or sur ses cotes. Les grottes de Morgaî on Un^iagno, o^^mme la grotte d'Azur dwn> îa Iv.io do Nai.o, no laissent aucun doute à vx^t ôc ;rvî lî s on fait dans îihi tes sortes de roches 0: on on Ov^nna::, par exemple, dans les falaises do ora:o du 1V1>:, pr^^s de Dieppe, Certaines oavomo> ro>ulton: d olx ulements ou de glissemonts 00 Mvxs rvx houx : los caves de Roquefort, ct'lo'^ros par îos oondi;iv>ns si favorables qu'elles vre>on:on: à 1 :nr!u>:rio :ron.agère, sont de ce

LES THEORIES ÉROSIVES

nombre. Il est des cavernes qui résultent d'un affouillement sous des roches dures tel que le réalise l'action d'une rivière. La Sioule, à Royat, en Auvergne, a de la sorte ouvert une caverne pittoresque sous la coulée du volcan de Gravenoire.

Mais les cavernes les plus intéressantes sont pratiquées en pleines roches calcaires . Leur étude a conduit à y voir le résultat d'un travail à la fois chimique et mécanique opéré par les eaux.

A l'égard de celles-ci, M. Martel propose de distinguer les cavernes d'affaissements ou eflFondrements, qui se sont propagées de bas en haut vers la surface du sol et de façon parfois à l'atteindre, des cavernes de décollement qui ne sont pas parvenues à crever complètement les voûtes, ou qui n'y sont arrivées que sous une certaine obliquité *.

Parandier' pensait que les eaux actuelles sont sensiblement inefficaces; et il faisait valoir la température plus élevée et la densité plus grande des eaux anciennes, agissant sur des roches molles et encore pâteuses, ou déjà disloquées, crevassées par les soulèvements du sol. Marcel de Serres a repris le même point de vue\

Le rôle des failles dans la production des cavernes a parfois été contesté; M. Boyd Dawkins le nie d'une manière générale*. « Je serais porté à croire, dit-il, que le plus grand nombre des

Page 1