Le Monde des plantes y
glacirrs actuels ne donneraient la mesure des conditions climatériques propres à l'ensemble de nos continents. »
11 s'en faut de beaucoup que tous les fossiles quaternaires aient l'apparence glaciaire. Ele^ phas antiquus qui vivait en même temps que le mammouth ressemble beaucoup à Téléphant des Indes. L'hippopotame de la Seine est bien semblable à son congénère actuel de l'Afrique.
L'hyène des cavernes paraît tout à fait voisine de l'hyène du Cap. Et Cyrena Jluniinalis des alluvions de la Somme est une coquille qui vit maintenant dans le Nil. Le figuier de Moret indiquait aussi une climature fort douce.
La faune et la flore boréales n'existaient qu'au voisinage des glaciers.
Saporta a insisté avec force sur cette circonstance qui rappelle, mais sur une échelle bien plus large, la ro habitation, constatée en plus d'une localité actuelle et spécialement à la Nouvelle-Zélande, iIl* placiers en activité et de forêts tropicales.
Seulement ce qui est compréhensible dans un point très limité, cesse de l'être pour une région trèy large où le froid émanant des glaciers ralentirait bien vite les manifestations vitales.
D'un autre côté, les auteurs qui admettent la réalité de l'époque glaciaire doivent nécessairement se préoccuper des causes qui }'' ont mis fin.
Kn 1834, pour de Charpentier c'était l'adoucisse ment du climat résultant de l'affaissement et du dêmantellement des montagnes*.
Vê/.ian^ rattache le développement du phéno-
r, W Falsan. Période glaciaire, 26.
;• Prodrome de Géologie, I, 430.
LES THÉORIES GL4CIAIRES
mène du Nord à une surélévation des Alpes Scandinaves. Mais sa cessation ou diminution est due, suivant lui, à un affaissement (il ne songe pas à l'usure) malgré la contradiction qui résulte des phénomènes de surélévation actuelle de la péninsule qu'il a constatés ailleurs.
De la Rive^ qui trouvait le froid générateur des glaciers dans l'évaporation de l'eau d'imprégnation des roches soulevées et récemment sorties du bassin de l'Océan, expliquait leur disparition ultérieure plus ou moins complète par le développement de la végétation et faisait des calculs sur l'absorption de l'eau par les arbres. Une flore glaciaire microscopique recouvre les glaciers du Groenland. Le professeur Berggren, compagnon de Nordenskjold, pense- que ces petites plantes sombres, absorbant la chaleur du soleil, font fondre la glace.
« Peut-être, dit-il, ^ cette flore microscopique a-t-elle contribué à faire disparaître la carapace de glace qui a jadis couvert la Scandinavie. »
Malgré les difficultés que soulève la supposition d'une seule époque glaciaire, de nombreux théoriciens sont arrivés à admettre plusieurs glaciations successives.
En 1854, Morlot a développé l'opinion que deux périodes glaciaires se sont succédé en Suisse, séparées par un intervalle prolongé^. En 1859, Deike est arrivé à la même conclusion *.
1. Comptes rendus de V Académie des Sciences, t. XXXIII, 439.
2. Nordenskjold. Deuxième expédition suédoise au Groenland , p. 194. Trad. française, 1888.
3. Bull, de la Société vaudoise des Sciences naturelles, vol. de 1854.
- 4. Berichte der S. Gall naturforscher Geselschaften, vol. de 1858-
Déjà en 1856, Scipion Gras avait supposé que la vallée du Rhône contient les traces de cinq extensions successives des glaciers*. Et c'est à propos de ce travail que M. Faisan^ s'écrie : c( N'est-ce pas étrange de voir que cette question de la pluralité des périodes glaciaires, après avoir été soulevée par les professeurs Morlot et Oswald Heer, est encore défendue dans le bassin du Rhône, où précisément le phénomène semble ne s'être produit qu'une fois. »
Ch. H. Hitchcok, en 1861 et 1862, a suggéré, au cours de ses premières explorations de la région septentrionale de TÉtat du Maine en Amérique du Nord, la possibilité du retour des conditions glaciaires dans une localité déjà recouverte antérieurement par des glaciers ensuite disparus ^
Albert Gaudry, à la suite d'une étude sur un gisement de Rennes qu'il a rendu célèbre, à Montreuil, près Paris \ conclut, des données paléontologiques recueillies dans notre bassin parisien, une histoire météorologique composée d'une phase chaude pliocène, puis d'une grande phase glaciaire, d'une phase chaude, d'une phase tempérée, suivie d'un retour du froid, après quoi s'est établi enfin le climat actuel.
En 1891, M. Léon du Pasquier^ étudiant les alluvions glaciaires de la Suisse crut y reconnaître les témoignages de trois époques glaciaires successives.