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Annales des Sciences géologiques^ I

2. Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 88, p. 456, 1879.

LES THÉORIES GÉOGÉNIQUES

est la même que celle d'une sphère entièrement liquide. Or, si Ton considère dans cette sphère deux filets radiaux, Tun polaire OP, Tautre équatorial OE, ce dernier devra, pour équilibrer l'autre, être plus long à cause de la force centrifuge. La longueur de ces filets doit être inverse de leur poids.

D'après Huyghens en Europe et d'après Bouguer au Pérou,

force centrifuge • i v , . t>

^- = — 3Ô-7 Poui" le point E.

pesanteur 288.5

Mais comme la force centrifuge diminue proportionnellement à la distance au centre, ce rapport pour Tensemble du filet OE devient

au lieu de

Bouguer s'attache à cette démonstration. Or, Hermite remarque que la pesanteur n'est pas la même dans les deux filets : les mers équatoriales sont plus chaudes que les mers polaires de 10 à 12 degrés au minimum. En faisant intervenir cette considération, Tauteur remarque que cette cause, à laquelle on n'avait pas songé, donne les 0,48 de l'aplatissement observé, dont les 0,52 dérivent de la rotation diurne.

Quoi qu'il en soit, la cause principale de la forme de la Terre se rattache évidemment aux conditions mêmes de sa formation, ce que semble confirmer l'expérience célèbre de Plateau.

Mode de formation de la terre. — Quant au mode de formation de la Terre, les hypothèses

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sont si nombreuses que nous ne pouvons songer à les mentionner toutes.

On peut d'abord s'arrêter à ce qui concerne son âge comparé à celui de l'univers qui l'environne *. Moïse la fait contemporaine du ciel, car ils datent tous deux du premier verset de la Genèse; mais, c'est seulement au verset 6 que Dieu dit : « Que le firmament soit fait au milieu des eaux et qu'il sépare les cieux d'avec les eaux. »

Nos idées modernes, en proclamant, conformément aux vues de Kant et de Laplace, l'unité d'origine de tout le système solaire et en la concluant des informations spectroscopiques, ont justifié dans une large mesure cette union initiale de la Terre avec ce qui l'entoure.

Descartes a sur l'origine de notre planète, considérée à part, des vues magistrales : a Feignons, dit-il ^y que cette Terre où nous sommes ait été autrefois un astre, en sorte qu'elle ne différait en rien du Soleil, sinon qu'elle était plus petite ; mais que les moins subtiles parties de sa matière, s'attachant peu à peu les unes aux autres, se sont assemblées sur sa superficie et y ont composé des nuages ou autres corps plus épais et obscurs semblables aux taches qu'on voit continuellement être produites et dispersées sur la superficie du Soleil. »

Leibnitz, dans sa Protégée^ en 1693, adopte

1. On peut rappeler cette phrase de Lamarck : « Oh! quelle est grande l'antiquité du globe terrestre et combien sont petites les idées de ceux qui attribuent à l'existence de ce globe une durée de six mille et quelques cents ans, depuis son origine jusqu'à nos jours ! » Hydrogéologie, p. 88, i vol. in-8», Paris, an X.

2. Les Principes de la Philosophie ^ édition française de 1648, § 2, p. 286.

LES THÉOklES GÉOGÉNIQUEà

diaprés Descartes Tidée de fluidité initiale de la Terre.

De même BufFon, en 1779, dans les Epoques de la nature, voit dans la forme sphéroïdale de laTerre une preuve de sa fluidité ignée primitive. « Le globe terrestre a précisément la figure que prendrait un globe fluide qui tournerait sur luimême avec la vitesse que nous connaissons au globe de la Terre. »

Delametherie pense que l'état originel de la Terre a été une fluidité aqueuse et cette opinion provoque les protestations de BuiFon. De ce que cet état de fluidité n'a pu s'opérer ni par délayement (à cause de la faible quantité d'eau), ni par dissolution (à cause de la nature insoluble des roches), il faut conclure, dit notre grand écrivain, que « cette fluidité a été une liquéfaction causée par le feu ».

Arago ^ admet la fluidité.

Lamarck s'élève contre la supposition de la fluidité originelle du globe ^

Benjamin Franklin a écrit en 1788 : « Je conçois que tous les éléments constitutifs du globe étaient à l'origine mélangés et confondus et occupaient un espace plus grand, jusqu'au moment où le Tout-Puissant détermina la mutuelle attraction de certaines parties et la mutuelle répulsion de certaines autres. Alors se fit un classement d'après les densités, de la surface jusqu'au centre. Puis l'ensemble se mit à tourner autour d'un astre, de façon à prendre la forme sphéroïdale avec renflement équatorial. Si par quelque acci-

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