Loc. cit. y p
Loc. cit ., p. 16.
LES THEORIES CHRONOLOGIQUES
remarquer, ces retraites répétées n'ont point été lentes, ne se sont point faites par degrés. Au contraire, la plupart des catastrophes qui les ont amenées ont été subites. Et cela est surtout facile à prouver pour la dernière, qui par un double mouvement a d'abord inondé et ensuite remis à sec nos continents : elle a laissé encore dans les plaines du Nord, des cadavres de grands quadî*upèdes que la glace a siaisis et qui sont conservés de nos jours avec leur peau, leur poil et leur chair. »
Quelles sont les causes çie ces subites invasions des eaux?
« Les déchirements, les redressements des couches plus anciennes ne laissent pas douter que d^s causes violentes ne les aient mises en Tétat où nous les voyons, et même la force des mouvements qu'éprouva la masse des eaux est encore attestée par les amas de débris et de cailloux roulés qui s'interposent en beaucoup d'endroits entre les couches solides. La vie a donc été troublée sur C(5tte Terre par des événements effroyables. »
En 1824, le naturaliste Rafinesque pensait que l'histoirp géologique comprend six périodes successives, caractérisées par les étapes de la diminution de l'océan et dont la cinquième coïncide avec le déluge de Noé.
Les idées de périodicité dans les révolutions du globe ont persisté fort avant dans le Xix*' siècle. De 1842 à 1860, Adhémar développa la théorie que nous avons déjà citée*.
En 1830, Elie de Beaumont publia un mémoire
I. Révolution de la mer, i vol. in-8*, Paris, 1842. La a» édition intitulée Révolution de la mer et déluges périodiques a paru en 1860.
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cadrant absolument avec les idées de Cuvier. Il y distingue Taccumulation tranquille et progressive de chacun des dépôts de sédiments, puis les phénomènes violents et passagers qui ont établi des lignes de démarcation entre les dépôts consécutifs que Ton a plus tard qualifiés de coups de rasoir.
Les révolutions du globe seraient liées au phénomène du soulèvement des grandes chaînes montagneuses. Il suffit pour voir le succès de cette hypothèse de feuilleter les ouvrages d'Élie de Beaumont et d'Alcide d'Orbigny.
Le 20 mars 1843, Dufrénoy fit à la Société géologique la profession de foi suivante :
« Toute formation est séparée de la précédente et de celle qui la suit par une révolution du globe. Cette révolution amène la cessation complète des formations sédimentaires et de l'action ignée; puis les actions sédimentaires recommencent ensuite par des transports. Ce sont d'abord des amas considérables de poudingues, composés de galets souvent énormes et soudés ensemble ; puis des grès à gros grains, des grès à grains fins, des grès micacés ; puis des argiles qui sont des grès à parties imperceptibles, puis des marnes et enfin des calcaires parfaitement purs, que ces calcaires proviennent de sources ou d'animaux ^ »
« Ce que révèlent les faits, dit Agassiz, ce n'est pas la disparition graduelle d'un grand nombre d'espèces et l'introduction également graduelle d'un nombre correspondant d'espèces nouvelles : c'est au contraire, la création simul-