‹ L'évolution des théories géologiquesChapitre 24 sur 190 · C. R. de VAcad. des Sc.^ t. LXXVI, p. 101, 315 et · texte numérisé non relu

C. R. de VAcad. des Sc.^ t. LXXVI, p. 101, 315 et

4. Sur l'Origine du Monde, i vol. in-8<». Paris, 1884, p. 220.

5. Stanislas Meunier. Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des Sciences, t. XX VII, n® 5, août 1880.

LES THEORIES GEOGENIQUES

que la croûte terrestre a commencé par une coque condensée.

Cette coque serait devenue, avec le temps, le point de départ d'une double formation : externe par lejeu des phénomènes sédimentaires , interne, par celui des solidifications successives.

On a fait, quant à Tépaisseur de Técorce, des foules de suppositions dont il n^ a pas lieu de donner la liste. Bornons-nous à constater que la moyenne de toutes les mesures est d'environ 60 kilomètres, épaisseur dont la grande majorité des résultats se trouve d'ailleurs fort voisine, les grands écarts étant de rares exceptions.

Des auteurs admettent très généralement que l'épaisseur de la croûte doit varier d'une région à une autre.

Cordier, dans son mémoire sur la Température de V intérieur de la Terre attribue ces variations à l'inégalité du degré géothermique suivant les points.

Faye pense que sous les océans la croûte est plus épaisse que sous les continents.

On remarquera que les hypothèses sur la structure de l'écorce varient volontiers, d'après les besoins du moment de chaque auteur. Si elle est hétérogène quand on veut expliquer les variations du degré géothermique, elle devient tout à fait uniforme pour défendre la supposition du réseau pentagonal ou celle du tétraèdre.

Les théories sur la croûte ont leur complément dans les idées relatives au noyau. Ici le contrôle est spécialement difficile. Les observations géologiques ont cependant fourni quelque chose d'analogue à ce qui concernait tout à l'heure la photosphère du Soleil.

En partant de Tidée du refroidissement, on est arrivé souvent à penser que la masse terrestre interne est en fusion.

C'est exactement, et comme on Ta vu, l'idée de Descartes ; elle a été reprise par un très grand nombre d'auteurs et elle a encore des partisans à rheure actuelle.

D'autres préfèrent supposer que la partie centrale du globe est solide comme Técorce ; mais ils admettent entre celle-ci et le noyau une couche de matériaux fluides dont l'épaisseur reste indéterminée.

Benjamin Franklin dans une lettre à Soulavie, datée de 1788, dit que la Terre peut être solide jusqu'à son centre, mais que la portion externe ou écorce [shell) flotte dans un fluide interne plus dense qu'aucun des solides que nous connaissons.

D'après Faye, l'observation du Soleil paraît montrer, en notre astre central, une bulle gazeuse. Les tourbillons de la photosphère faisant plonger par places des lambeaux de la matière cristalline qui la constitue, celle-ci, violemment réchauffée, devient gazeuse. C'est à cette transformation que sont dues, d'un côté, la perte de luminosité et par conséquent la production des taches solaires, et de l'autre côté la dilatation des vapeurs produites qui cèdent à une prodigieuse force ascensionnelle pour venir projeter au bord des taches les protubérances ou flammes roses que tout le monde connaît.

Quoi qu'il en soit, certaines opinions théoriques sur la condition de la matière nucléaire sont résultées des travaux des physiciens. Tout

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LES THÉORIES GÉÔGÉNIQUES

d'abord, la connaissance que Cavendish^ nous aie premier procurée de la densité moyenne du globe terrestre a conduit à attribuer aux régions profondes un poids spécifique très supérieur à celui des roches superficielles. Tandis que cellesci pèsent (en ne èonsidérant que les substances très abondantes) de trois à quatre fois autant que Teau à volume égal et en moyenne 2,5, la Terre, prise en bloc, jouit d'une densité égale à 5,67 (moyenne de plus de 2.000 expériences).

Certains auteurs, comme A. Boisse, amenés par Texamen des météorites, à étudier la condition des noyaux planétaires ^ et A. Baudrimont ^ sont d'avis que les éléments constitutifs du noyau se sont classés d'après leur densité relative de sorte que le centre doit être fait de métaux natifs.

A celja on a objecté' d'abord que la force centrifuge qui a participé à la formation du globe tend à repousser du centre les parties les plus denses, et qu'en outre, il est bien certain que la matière primitive ne consiste pas en corps simples mélangés ayant à la température du milieu les poids spécifiques qui les caractérisent à la surface de la Terre. Au contraire, il s'est fait des combinaisons très variées qui pourraient, avec des densités relativement faibles, contenir des métaux très lourds. Ainsi on reconnaît que des

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