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ainsi qu'à un autre mouvement général de ces eaux, lesquels sont sans cesse entretenus par l'influence de la Lune et du Soleil. C'est, comme on voit, une doctrine qui ne saurait soutenir aucune discussion.
Lord Kelwin (sir William Thompson) attribue les aires océanique et continentale à une segmentation chimique dans la nébuleuse gazéiforme d'où procède le globe. Suivant sa théorie, « l'Europe, l'Asie, l'Afrique, l'Amérique, l'Australie, le Groenland et le Continent antarctique ; de même que le Pacifique, l'Atlantique, l'Océan Indien et l'Océan Arctique, tous ces détails géographiques étaient marqués dans la nébuleuse gazeuse primitive. Ces continents gazeux se condensant plus tard en continents liquides, se distinguaient des aires sous-marines par des différences chimiques ; et ces continents liquides se transformèrent en continents solides soulevés comme bas-fonds quand l'océan en fusion et son dernier océan de lave se solidifièrent* ».
D'après Gregory « on peut admettre cette théorie, pourvu qu'on remplace le terme de continents par celui de blocs archéens ». Que ces blocs archéens, qu'il appelle aussi les grandes pierres angulaires de la Terre, aient été embryogéniquement esquissés par des ségrégations chimiques durant les âges primitifs où la matière de la Terre était encore gazeuse, cela lui paraît probable. Mais ces pierres angulaires archéennes, quoique les fondations des continents, ne furent point des continents. La théorie de lord Kelwin n'explique pas pourquoi des ségrégations chimiques ont
I. Gregory. The Plan of the Earth and its causes [The Geographical Journal, foi- March 1899, p. 232).
LES THÉORIES GÉOGRAPHIQUES
assuré le contour des continents, de sorte que cette explication repose sur une cause inexpliquée. Et même si cette théorie est amendée par la substitution des blocs archéens aux continents, elle est encore insuffisante au point de vue géographique car elle ne montre pas les relations de ces blocs archéens avec les continents actuellement existants.
Tout le monde saîtqu41 n'y a plus d'hésitation sur ce sujet : si les mers sont localisées dans des bassins, c'est que la croûte solide s'est déformée et que le liquide est allé se concentrer dans les parties basses en abandonnant les reliefs qui sont devenu j des îles et des continents.
Nous laissons pour le chapitre suivant le détail des étapes successives par lesquelles on est arrivé à cette notion qui n'est qu'un détail dans l'histoire de l'origine des montagnes.
Les premiers géographes classiques crurent constater la disposition rayonnante des mers dans la région levantine et leur débouché dans le large océan marginal du monde. En conséquence, ils décrivaient la terre ferme comme une île émergeant de la vaste mer environnante, d'où des canaux convergeaient vers le centre de l'univers.
Le plan rayonnant réapparaît au moyen âge dans les cartes ou Jérusalem est acceptée comme le centre du monde, d'où les lignes directrices de la géographie irradient comme les rayons d'une roue.
Ce système sombra à la découverte de l'Amérique.
Formes continentales. — En dépit d'une
variabilité extrême dans le profil des continents et malgré leur distribution capricieuse en apparence, les géographes ont de tout temps émis la supposition que l'arrangement relatif des terres fermes et des mers sur le globe obéit à quelque plan régulier. Il va de soi que ce plan, s'il existe, ne peut être aperçu que dans ses grandes lignes, car le contour des masses terrestres dépend de la structure de leurs éléments qui varie indéfiniment. Les systèmes intriqués de vallées et de montagnes s'ouvrent sur de vastes plaines, des surfaces alluviales sans pierres sont interrompues par des arêtes de rochers abrupts, des cônes volcaniques surgissent isolément comme des pyramides, pendant que des chaînes de'montagnes se continuent sans interruption pendant des milliers de kilomètres. De semblables contrastes sont naturels, puisque les formes géographiques sont le résultat du combat de forces complexes disposant de pouvoir d'attaque contre des masses rocheuses jouissant de pouvoirs de résistance très inégaux : par exemple, les lignes de côtes sont projetées dans TOcéan, là où leur étoffe est suffisamment résistante, de même que dans les points où les apports fluviaux sont plus rapides que la démolition océanique, de même aussi qu'aux endroits où le vent accumule des dunes qui viennent à bout de la puissance des flots.
Au contraire, les lignes de côte sont indentées là où des bancs friables sont délayés par la pluie ou par la gelée, et là aussi où les vents, dominant la trajectoire d'un courant régulier ou l'ondulation du fond sous-marin, lancent à l'attaque du littoral un courant océanique qui, comme un jet d'eau, s'attaque au rivage. On rencontre un si
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grand nombre de facteurs parmi les causes d'où résultent les formes topographiques qu'il est le plus souvent impossible de retracer les étapes de leur développement. Les stades de l'évolution géographique sont certainement aussi nombreux que ceux de Tembryogénie organique, et le chapitre des accidents est invoqué par les géographes pour expliquer des difficultés analogues à celles pour lesquelles les naturalistes ont recours à la doctrine des créations spéciales.
On sait Texplication aussi ingénieuse que peu justifiée qu'Adhémar donnait de la dissymétrie du sphéroïde aqueux : en vertu de la précession des équinoxes, chacun des deux pôles subit à son tour tous les 10.500 ans un maximum de froid et la masse de glace ainsi accumulée détermine un déplacement brusque du centre de gravité du globe et le transport des masses océaniques \ La dernière de ces catastrophes ayant eu lieu au pôle austral, c'est là que se trouve actuellement le grand réservoir d'eau et c'est le violent courant de direction N S qui a usé les continents en pointe vers le sud.
M. E. Jourdy 2 a cherché à montrer que cette forme en pointe des continents est en rapport direct avec la direction des lignes de fracture et de dislocation que jalonnent, par exemple, des volcans et des sources chaudes.
M. Mac Pherson (de Madrid) avait, dès 1880, été frappé dans des recherches qu'il a continuées jusqu'en 1886, de la relation qui paraît exister entre la forme des dépressions océaniques et les dislocations géologiques.
1. RévolHtio7is de la Mer, i vol. in-S*», Paris, 1842, 2« édition publiée en i8bo et intitulée, Révolutiovs de la Mer. Déluges périodiques.