‹ L'évolution des théories géologiquesChapitre 38 sur 190 · Mundus suhterranens, i'" partie, liv. II, chap. viii · texte numérisé non relu

Mundus suhterranens, i'" partie, liv. II, chap. viii

LES THÉORIES OROGÉNIQUES

Orientation relative dEvS chaînes. — Il est bien difficile d'attribuer un caractère de symétrie à Torientation des montagnes. Cependant, il y a une chaîne qui, d'une manière sensiblement continue, mais non sans irrégularités, fait en partie le tour du globe. On peut y voir une sorte de ceinture du Pacifique et la suivre depuis la Patagonie jusqu'à l'Alaska,. tout le long du littoral A. des Amériques, pour continuer par la guirlande des Aléoutiennes, puis les îles marginales du rivage oriental de toute TAsie, rattaché par les îles de la Sonde à Madagascar et à la pointe de r Afrique. Ce cercle montagneux incliné de 25 à 30° sur Taxe des pôles se trouve grossièrement perpendiculaire à la ceinture de dépressions qui passe par Tisthme de Panama et par Tisthme de Suez. Avec son appendice des nouvelles Shethland, la pointe sud de la Patagonie à 65° latitude australe est très symétrique de la région montagneuse qui, au travers du détroit de Behring met en rapport Tépine des Amériques avec celle du Vieux Monde par 65^ de latitude boréale.

En dehors de cette ligne de relief, on voit des ridements dont beaucoup lui sont parallèles, très grossièrement d'ailleurs, ce qui suivant le demicercle que Ton considère donne deux directions dominantes. Tune pour les Amériques, l'autre pour TEurasie et qui ne sont pas très éloignées d'être perpendiculaires l'une sur l'autre.

Mais il ne faut pas oublier que tout cela n'est qu'approché d'une manière très générale, et c'est une circonstance qui, en étant favorable à la multiplicité des hypothèses, refusera aux unes comme aux autres un caractère de précision.

Déjà Bourguet (1678-1742) dans son Mémoire

sur la Théorie de la Terre présente des considérations sur la manière dont les montagnes sont groupées, sur la correspondance de leurs angles, sur l'orientation uniforme de chaque groupe de montagnes.

Ces masses en relief doivent, selon lui, leur origine à une même cause agissant simultanément sur de vastes étendues.

J. D. Dana (1847) dans un mémoire relatif aux grands traits de la constitution de la Terre, avance que les grandes chaînes de montagnes, aussi bien que les chaînes d*îles, sont des ridements interrompus par des lignes de recouvrement, et que parmi tous les contours présentés par la Terre, les lignes N.-O. etN.-E. sont tout à fait prépondérantes.

Ce genre d'études a trouvé son maximum d'ampleur dans les célèbres recherches d'Élîe de Beaumont sur le réseau peiitagonal, auxquelles/nous reviendrons.

Origine des montagnes. — Peu de sujets ont plus exercé l'imagination que l'origine des montagnes ; il est impossible de mentionner toutes les hypothèses proposées. Breislak en fait une production tout à fait originaire du globe*. Il faut se borner aux principales et éliminer quelques auteurs qui pensent que les montagnes sont des produits purs et simples d'une sédimentation particulière, opinion que Tillustre Saussure^ adopta tout d'abord, pour l'abandonner plus tard.

Chose curieuse, Palassou qui a écrit un si

1. Iniroduction a la Géologie, i vol. in-8«>, Paris, 1812, p. 500.

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