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Voyage dans les Alpes

LES TUÉOniES OROGÉNIQUES

admirable mémoire sur les Pyrénées ^ se rangera plus tard à la même opinion ^ «Pour moi, dit-il, je persiste à présumer que Tinclinaison générale des couches date de la même époque que leur origine, car il ne paraît pas vraisemblable que les eaux de la mer aient pu former des bancs horizontaux sur les flancs des montagnes de granit primitif, au-dessus desquelles les matières de seconde formation reposent. »

Dès la plus haute antiquité, on a cru au soulèvement possible du sol, et on Texpliquait, En 1282, Ristoro d'Arez20 attribuait les reliefs terr restres à l'influence des étoiles fixes.

Pour Burnet% les montagnes ne datent que de l'époque du déluge. Pendant la période primitive qui dura seize siècles, la Terre était parfaitement lisse et une couche grasse et limoneuse séparait Vair d'un océan souterrain. La chaleur du Soleil desséchant peu à peu cette croûte limoneuse, ne la fit d'abord que se fendiller ; bientôt les craquellements s'élargirent, se multiplièrent et pénétrèrent jusqu'à l'orbe du liquide pesant interne. En un instant la terre s'écroula, tomba par morceaux dans l'abîme des eaux et voilà comment se fit le déluge universel. Ces masses de terre tombèrent dans l'abîme, formèrent les inégalités de toutes espèces, les îles, les continents et les montagnes.

De Boucheporn * examine les résultats du chan-

1. Essai sur la Minéralogie des Hautes-Pyrénées^ in-40, Paris, 1782.

2. Suite de Mémoires pour servir à V histoire des Pyrénées et des pays adjacents, in-8», Pau, 1819.

3. Telluris theoria sacra origineus et mutationes générales orbis nostri, quas aut jam subiit, ant olim subiturus est complectem accedunt archceologiœ philosophiez sive doctri?ia antiqiia de rertim originibus, i vol. in-4«>, Amsterdam, 1649.

4. Etude sur VHistoire de la Terre^ i vol. in-S» avec carte et planches, Paris. 1844.

gement de Taxe de rotation de la Terre sous Tinfluencedu choc d'une comète. La masse fluide obligée de tourner dans le plan du nouvel équateur ferait s'ouvrir sur le grand cercle un système de fracture, de failles, avec relèvement montagneux. Il se serait fait ainsi un système de montagnes à Téquateur pour chaque période géologique et de Boucheporn croyait en retrouver des vestiges.

La théorie de Boucheporn reproduit à quelques égards une manière de voir adoptée en 1802 par Lamarck^

Montlosier pensait en 1832^ que les grandes chaînes montagneuses de l'Europe ne sont que les restes d'élévations continentales, qui ont été abaissées par l'érosion, les plis et les renversements dans la structure des montagnes ne constituant que des particularités locales et accidentelles.

C'était étendre à toutes les montagnes une supposition évidemment légitime dans certains cas et, par exemple, dans l'histoire des collines de l'Auvergne, du bassin de Paris et de beaucoup de pays sur lesquels nous reviendrons, à propos du travail des eaux superficielles. En même temps, c'était prendre position au voisinage des théories marines dont il faut dire un mot.

Un très grand nombre d'auteurs sont d'avis que la production des chaînes de montagnes est une conséquence normale du rôle rempli par l'océan dans les harmonies de la nature.

« Personne, dit Buffon ^, ne peut nier que sur

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