‹ L'évolution des théories géologiquesChapitre 5 sur 190 · Ibid.y p. II · texte numérisé non relu

Ibid.y p. II

LES THEORIES COSMOGENIQUES

giquement dans les esprits, on est souvent conduit à leur donner une forme concrète et à parler des choses purement matérielles. Ne sachant rien de plus que les autres hommes sur ces choseslà, l'écrivain sacré en parlera comme tout le monde. Dès lors, la forme de son récit nous fera connaître les idées^qui régnaient dans ces temps reculés. » Plus loin (p. 23) Tauteur résume son opinion en ajoutant : « Il ne s'agit donc pas là de la science révélée, pour qu'au bout de quelques milliers d'années, quelques docteurs parviennent à en déchiffrer le sens : c'est le langage d'une «cience toute rudimentaire ; le langage des apparences. Et comme celles-ci sont encore les mêmes aujourd'hui, ce langage débarrassé de quelques erreurs dont peu de gens se rendent compte, est resté intelligible pour tous les hommes comme aux premiers temps de l'humanité. »

Les Grecs ont très vraisemblablement reçu d'Orient leurs idées cosmogoniques. On cite dans tous les traités celles qu'ont exprimées leurs poètes, leurs sages, leurs philosophes : Orphée, Hésiode, Thaïes de Milet, Anaximandre, Anaximène, Anaxagore, Pythagore, Empédocle, Platon, Aristote et bien d'autres. Pour tous, la Terre est au centre du monde. Pour les plus avancés, le Soleil est une masse ardente, la Lune un corps opaque que le Soleil éclaire. Le ciel leur apparaît comme un corps solide formé d'air et concentré en cristal par le feu, corps auquel sont attachées les étoiles, tandis que les planètes sont errantes.

Opinions des modernes. — Voyons comment pensent les modernes et tout d'abord Descartes :

« Je monstroy comme la plus grande partie de la matière de ce chaos devait en suite de ces loix se disposer et s'arranger d'une certaine façon qui la rendait semblable à nos cieux. Comment cependant quelques-unes de ses parties devaient composer une terre et quelques-unes des planètes et des comètes, et quelques autres un soleil et des estoiles fixes * » .

Et dans les Principes de Philosophie : •< Il n'est pas malaisé d'inférer de tout ceci que la terre et les cieux sont faits d'une même matière. »

Buffon suppose qu'une comète a pu effleurer la matière liquéfiée du Soleil et la répandre dans l'espace à diverses distances. Cette matière embrasée s'est formée en sphères ; elle a continué de se mouvoir, et l'attraction du Soleil combinée avec ce mouvement a déterminé leurs orbites.

La Terre et les planètes sont des corps primitivement embrasés et qui se sont refroidis avec plus ou moins de lenteur.

Delamétherie ébloui par les découvertes de Volta et de Davy (ce dernier ayant obtenu avec une pile de l'Institution royale dont les plaques avaient 128.000 pouces carrés, la plus intense chaleur observée jusqu'alors) aime mieux regarder le Soleil et les étoiles comme « d'immenses piles galvaniques formées de différentes strates^ ».

Newton a formulé une cosmogonie remarquablement simple, d'après laquelle les corps célestes s'attirent réciproquement en raison

1. Discours de la Méthode pàUr bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les Sciences, p, 48 de l'édition de Paris, 1668.

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