‹ L'évolution des théories géologiquesChapitre 62 sur 190 · CHAPITRE VI LES THÉORIES MÉTAMORPHIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI LES THÉORIES MÉTAMORPHIQUES

Le nom du Métamorphisme ^ inauguré en 1825 par Ch. Lyell, désigne un ensemble de phénomènes dont l'importance s'est constamment accrue à mesure que les études se sont multipliées à son égard.

Les théories dont le métamorphisme a été l'objet lui ont avec le temps attribué de plus en plus d'ampleur et, aujourd'hui, elles conduisent à admettre que toutes les roches sont métamorphiques, puisqu'à peine déposées, elles commencent à subir des modifications, qui iront constamment en s'accentuant, de la part des agents qui circulent sans relâche dans les régions souterraines.

La première notion du métamorphisme date du début même de la Géologie positive et on peut dire qu'elle est due à James Hutton qui, en 1726, la formula dans un ouvrage capital *.

1. Theory of the Earth or an inveritgation of the laws observable in the composition, dissolution and restauration of ihe land upon the globe, by, James Hutton. i vol. in-4®, Edimbourg, 178^ La deuxième édition de cet ouvrage est intitulée Theory of the Earth with proofs and illustrations in four parts, Edimbourg, 3 vol. in-8«, 1795. C'est un ouvrage de lecture très difficile; mais il fut divulgué par les commentaires dont l'accompagna John Playfair qui publia : Explication on the Huttonian theory, i vol. in-4*», 1802. Cet excellent livre

a été traduit par C. A. Basset en 1 vol. in-8<>, Paris et Londres,

i: ÉVOLUTION DES THÉORIES GÉOLOGIQUES

En 1779 Arduino, recherchant Torigine des dolomies.de Lavina (Vicentin) découvrit qu'elles sont des calcaires modifiés en profondeur par une action ignée.

Cependant plusieurs auteurs ont nié le métamorphisme. BufFon pensait que les mêmes causes sont moins efficaces maintenant que par le passé, parce qu'à l'origine la croûte du globe étant moins tassée, elle devait moins leur résister*.

C'est par des observations accidentelles et décousues que les géologues se sont successivement trouvés en présence des manifestations métamorphiques. C'est ainsi que Hutton remarqua que dans l'île de Sky le lignite recouvert par le basalte a pris les caractères de la houille et il en conclut que la houille est un produit de transformation de la matière végétale.

Il faut remarquer que le système de Hutton s'est appuyé sur la chaleur interne du globe, avant que la réalité de cette chaleur n'ait été constatée d'une manière évidente. On n'avait que des observations vagues rapportées par Kircher en 1664 sur la haute température des mines, et les observations de Gensanne en 1749 sur les mines de Giromagny.

Les travaux de Hutton furent d'abord continués, en Ecosse même, par Macculoch qui, en 1819, dans sa Description des îles occidentales de V Ecosse (en 3 volumes), apporta de nombreuses confirmations aux vues du maître, celles, par exemple, que les schistes amphiboliques peuvent résulter de la transformation de l'argile.

I. BuFFON, Second discours. Histoire et théorie delà Terre, datée de Montbard, le 3 octobre 1744.

LES THÉORIES MÉTAMORPHIQUES

Il est remarquable qu'il se passa longtemps avant que ce bel ensemble de travaux fût connu sur le continent par les naturalistes, et même par ceux qui furent le plus opposés à Werner, comme Dolomieu, Giraud Soulavie, Faujas Saint-Fond, d'Aubuisson de Voisin. Cuvier dans son rapport de 1 808 ne cite Hutton que pour signaler son opinion sur la nature du basalte. C'est seulement en 18 15, au rétablissement de la paix en Europe, que les savants du continent paraissent avoir été enfin mis au courant.

Ils furent informés en France par l'ouvrage explicatif de Playfair. Ainsi Boue *, qui avait étudié la constitution géologique de l'Ecosse se fit l'avocat de la nouvelle doctrine, que Necker défendit aussi ^.

Elie de Beaumont, lors de son exploration en 1828, dans les Alpes du Dauphiné et de la Savoie, relève une série de faits importants ^.

Au col du Chardonnet, il assigne aux roches cristallines et à l'anthracite qu'elles contiennent l'âge jurassique et y voit en conséquence des masses essentiellement métamorphiques.

Quelques années après, dans le massif de l'Oisans, il rencontre des calcaires recouverts par le granit et devenus saccharoïdes, et bientôt la conclusion est étendue au marbre de Carrare et aux talcshistes qui l'accompagnent.

D'un autre côté, les roches qui dans les Alpes ont été portées à de grandes altitudes et que

1. Essai géologique sur l' Ecosse ^ i vol. in-8<» avec 2 cartes et 1 planches, Paris (sans date) .

Page 1