Etude de la Nature, 3 vol. in-12. Paris
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LES THÉORIES VULCANOLOGIQUES
la vie n*y serait plus possible, s'il n'existait des organes de dépuration tout à fait efficaces. Ceuxci ne sont autres que les volcans, vastes fourneaux allumés sur le rivage et dans le foyer desquels les courants sous-marins amènent les sub' stances combustibles dont nous venons de parler. Les premiers volcans se sont allumés par les fermentations végétales et animales dont la Terre fut couverte après le déluge universel.
' Werner prêta vers le milieu du xviil^ siècle Tappui de son autorité à une opinion dont on ne connaît pas le premier auteur et qui a eu de nombreux partisans : les volcans résulteraient de l'embrasement des couches de houille et de pyrite, sous l'influence des infiltrations aqueuses. Il y a, en eflPet, dans de nombreuses localités, des houillères en combustion : par exemple, en France, à Saint-Étienne, à Decazeville, à Commentry et ailleurs \ Il est incontestable qu'aux yeux de personnes non suffisamment renseignées, Taspect de quelques-unes de ces régions peut rap* peler celui des pays volcaniques. On trouve même dans les entrailles de ces exploitations des produits de fusion de roches sédimentaires qui ont acquis des caractères de composition et de structure singulièrement ressemblants à ceux des laves volcaniques *. Cette théorie a été émise à diverse5s reprises. C'est ainsi qu'en 1822, un ouvrage parut à Berlin^ où ^l'auteur déclare que les volcans doivent leur activité au contact du
1. Etude sur le terrain hoiiiller de Commentry, par Henri Fayol, etc. Saint-Etienne, 1887.
2. Mallakd. Bulletin de la Société de Minéralogie, t. IV, p. 230, Paris, 1880.
3. Rodolphe de Prystanowski. Origine des volcans dans l'Italie^
soufre, de Tasphalte, de la houille, de minerais métalliques qui forment des traînées N.-O.-S.-E. dans le sous-sol de l'Italie, avec Tair et l'eau qui pénètrent par des crevasses. L'année suivante, il parut à Naples un mémoire sur le même sujet * où les « feux volcaniques » sont expliqués par Tembrasement souterrain du charbon fossile et du bitume animal> L'auteur croit que tous les volcans ont commencé par être sous-marins.
Ces suppositions sont entièrement abandonnées.
Dolomieu développe Tidée que le soufre intervient dans les phénomènes volcaniques en abaissant considérablement le point de fusion des roches auxquelles il est associé et qui sont les laves des volcans. En outre, ce même soufre, en brûlant au contact de l'air, conserve la chaleur des laves et leur permet de rester fluides tout le temps nécessaire à leur écoulement sur le sol.
Patrin, qui s'est signalé par la singularité de ses conceptions, tire du voisinage ordinaire des volcans avec la mer la conclusion que le principal aliment qui les nourrit, c'est « l'acide muriatique »*. Sans dire comment, il voit dans la mer une source permanente de ce composé qui, suivant lui, à cause de sa forte densité, forme une couche au fond du bassin océanique. Cet acide s'introduit alors dans les feuillets des schistes primitifs qu'il y rencontre, et y trouvant beaucoup d'oxydes métalliques, il leur enlève leur oxygène pour devenir acide muriatique oxygéné
1. MÊLOGRANi. De r origine et de hi formation des volcans, dans Atii del reale Istituto di Napo/i, I, 162, 1823.
2. Journal de Physique^ mars 1800, Paris et Nouveau Diction- Maire d'Histoire naturelle, i"-» édition, Paris, 1804.
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(c'est-à-dire du chlore). Ce dernier corps, circulant par capillarité dans les interstices des roches sch-isteuses, arrive plus ou moins loin au contact d'amas de pyrite et les décompose énergiquement. De là, chaleur intense, formation d'acide sulfurique et décomposition de Teau. L'hydrogène mîs en liberté se combine à des matières charbonneuses et il en résulte de Thuile qui devient du. pétrole « par sa combinaison avec Tacide sulfurique ». L'inflammation de ce pétrole commence la déflagration souterraine ; mais celle-ci reçoit une énergie nouvelle de l'intervention du « fluide électrique » grâce auquel Tauteur explique tous les détails du phénomène de la manière la plus fantaisiste.
En résumant le travail de Patrin, J. Girardin ajoute cette remarque^ : « Cette hypothèse, ridicule d'un bout à l'autre, semble être le produit d'un cerveau dérangé. C'est pourtant le fruit des méditations d'un naturaliste qui a concouru à la rédaction du premier dictionnaire d'histoire naturelle bien fait publié en France. »
Certainement Breislak est un des esprits les plus remarquables parmi les savants de la fin du xviii^ siècle : plusieurs de ses publications sont riches en vues et en observations dont l'intérêt n'a pas faibli ^ Cependant nous ne pouvons plus souscrire à sa théorie des éruptions du Vésuve. Suivant lui les houilles pyriteuses gisant dans la
1. Considérations générales sur les Volcans^ i vol. in-8o, Rouen, T831, p. 99.
2. Signalons spécialement : Introduction a la Géologie ou Histoire naturelle de la Terre^ traduit de l'italien par Bernard, i vol. in-S», Paris, 1812 et Institutions géologiques, traduit de l'italien par Campas, 3 vol. in-S», avec un atlas de 56 planches, Milan, 1818.
chaîne des Apennins, subissent une sorte de distillation souterraine qui engendre du pétrole : celui-ci .s'écoulant des fissures, arrive vers les profondeurs du Vésuve, situé sur le littoral maritime. Le pétrole, grâce à sa faible densité, relative, surnagera Teau de mer et comme il est com* bustible, si un courant de matière électrique fulminante se répand dans les cavernes du volcan, il enflammera le pétrole : de 1^ Téruption du volcan.
En 1825, le docteur Lea (de Philadelphie) développa ^ l'opinion que sous la surface de la Terre se trouvent des canaux qui relient les volcans les uns aux autres et qui sont même comme des volcans horizontaux. Ces canaux débouchent dans la mer dont Teau, en se décomposant, fournit de l'oxygène, grâce auquel les métaux contenus dans les roches (potassium, sodium, etc.), peuvent brûler et entretenir ainsi la chaleur souterraine.
M. Stuart Menteath pense que les volcans sont en relation avec des substances oxydables situées au-dessous. Le volcan d'Olot (Espagne) semble être sur la houille qui se prolongerait à 20 kilomètres de distance de la mine de San Juan de las Abaderas \
Le radium existant à l'état de traces dans toutes les roches éruptives, le major Dutton * a supposé que la radioactivité est la source de Ténergie volcanique, en échauffant les roches à 3 ou 4 milles de profondeur, en les faisant fondre et en les rendant explosives, et en incor-