Voir d'Archiac. Progrès de la Géologie^ I
2. Comptes rendus de r Académie des Sciences, t. XLV, p. 761.
}. Report on the Geology of the Henry Monntainsy i vol. in-80, Washington, 1877.
VÊVOLUTION DES TffÉORŒS GÉOLOGIQUES
Cette doctrine fut fortement attaquée par Lyell et par Constant Prévost.
Dans son mémoire sur les laves du mont Etna, formées sur les pentes rapides, Lyell déclare * que nulle part le soulèvement du sol n'a joué dans la formation des cônes et des cratères de TEtna un rôle assez grand pour justifier Temploi du terme « ^cratère de soulèvement » plutôt que celui de cônes et cratères d'éruption.
Quant à Constant Prévost ^, il proclame qu'un volcan, loin d'être un agent de soulèvement, n'est que le produit d'une action qui agit non pas d'une manière subite, mais successive, et son élévation au-dessus de sa base est le résultat de l'accumulation des matières ignées qui, à diverses reprises, ont été rejetées par ses ouvertures. Rien ne conduit à penser que ces ouvertures elles-mêmes ont été déterminées par les matières qu'elles rejettent : « rien dans les volcans ne mon* tre le résultat d'une force qui aurait commencé par soulever et fracturer le sol sur une grande étendue et une grande hauteur^. »
Dans le mémoire sur les îles Canaries cité plus haut, L. de Buch distingue entre l'effort qui soulève et l'effort qui rompt. Au premier, il attribue les cratères de soulèvement, au second, les cratères d'éruption.
Les savants comme Lyell, Constant Prévost, Poulett Scrope, qui ont été le plus opposés à la théorie des cratères de soulèvement, se sont, au
1. Archives des Se. de la Bibliothèque Universelle^ novembre 1859, Genève.
2. Bull. Soc. Ge'ol. de Fr.y IV, 20. — Voir aussi le mémoire intitulé Théorie des cônes et des cratères de soulèvement^ C. R., XLI, 919.
3. Cilê par Gosselet : Constant Prévost, i vol. in-S», Lille. 1896.
LES THÉOmES VULCANOtOGïQUES
cx>ntraire, trouvés d'accord pour défendre Vhypotfaèse des cratères d'éruption.
Déjà, considérant dans Tîle de Salina, Tune des Lipari, Talternance des couches de lave et des scories descendant du bord du cratère jusqu'à la mer, Spallanzani (1729-1797) s'exprime ainsi* :
« On doit eti conclure qu'il est sorti autant d'éruptions des points les plus élevés de la montagne que l'on compte de couches de lave. Voila comment se sont formées la plupart des montagnes volcaniques : Dans le principe, ce n'est que ramoncellement d'une première éruption ; il en survient une seconde, puis une troisième, et la masse va toujours en augmentant en raison du nombre et du volume des éruptions. Tel on a vu se former et s'accroître l'immense colosse de l'Etna, telle a été l'origine du Vésuve, des îles I^ipari et d'autres montagnes ignivômes, sans oublier cependant qu'il en existe, comme le Monte- Nuovô et le Monte-Rosso, sur les flancs de l'Etna, qui furent l'ouvrage d'une seule éruption. »
Il n'y a, pour ainsi dire, rien à changer à cette description pour rendre compte de l'origine des montagnes à cratère, telles que la Somma, au Vésuve, les cônes parasites de l'Etna, les volcans d'Auvergne et de l'Eifel et une infinité d'autres.
Cependant, il est des cratères auxquels paraît convenir la dénomination de cratères d'explosion. Ils se présentent comme des cavités cylindroïdes ouvertes verticalement datts le sol comme au moyen d'un gigantesque emporte-pièce. Poulett-
I. Voyage dans les Deiix-Siciles, t. II. p. ii6, traduction Toscan. 6 vol. in-80.
Scrope les a décrits avec beaucoup de détails * et il est porté à rattacher à ce mode de formation la plupart des orifices volcaniques. Tous les observateurs sont d'accord pour attribuer cette origine aux cratères dont le lac Pavin fournit en Auvergne un si remarquable spécimen, comme le Gur de Tazenat en Velay% et dont le type se retrouve dans les Maare de TEifel.
Daubrée^ a rapporté au même ordre de phénomènes la théorie de formation des, cavités cylindroïdes dans lesquelles on exploite le diamant à Kimberley et dans toute la région diamantifère de rAfrique australe. Il a imposé à ces perforations le nom caractéristique de dia^ trèmes et il les a imitées par la méthode expérimentale. Il les compare à « Tâme d'une sorte de canon qui viserait le zénith ».
D'après Poulett-Scrope * la théorie des cratères d'effondrement a été patronnée par Ch. Lyell et par Darwin. Ces cratères résulteraient de la disparition d'une montagne à la suite d'une éruption et de son remplacement par un creux ou lac. C'est ce qui est arrivé lors de l'explosion du Coseguina en 1835, à Santorin, à Sainte-Hélène, à TénérifFe et bien ailleurs, où l'on voit un cône éruptif entouré d'un cirque qui serait les ruines basales de montagnes volcaniques effondrées.
Cette théorie a été attaquée très violemment par Poulett-Scrope qui insiste avec beaucoup de
I. Les Volcans ; leurs caractères et leurs phénomènes ^ i vol. in-8», trad. Pieraggi, Paris, 1864.
3. TouRNAiRE. Bull. Soc. Géol. de Fr.^ 3", XVIII, 1166. 1869.
n,. Comptes rendus de l* Académie des Sciences, t. CXI, 24 novembre 1890 et 19 janvier 1891.