Loc. cit.. p
LES THÉORIES VULCANOLOGIQUES
raison sur la difficulté de l'hypothèse de l'explosion dont les effets sont sensiblement les mêmes.
Condition des foyers volcaniques. — Les opinions sont très partagées quant à la question de décider si les volcans s'alimentent à un réservoir commun.
Strabon qui, à ce sujet, cite Pindare*, dit que « les profondeurs de la mer, dans tout l'intervalle qui sépare la côte de Cannes des rivages de la Sicile, recèlent des foyers volcaniques, en communication aussi avec le continent. »
Encore aujourd'hui bien des personnes ont la même opinion et prétendent en voir la justification dans un prétendu balancement* entre le Vésuve et l'Etna. Il est vrai qu'ici au moins on pourrait trouver des exceptions : en 1892, les deux volcans ont brûlé simultanément.
On ne voit pas tout de suite comment la simultanéité prouverait plutôt la communication des foyers que leur indépendance.
Hermite remarquait que le Stromboli n'est nullement influencé par les émanations de l'Etna, qui n'en est distant que de 125 kilomètres et il en conclut à l'indépendance des foyers. Celle-ci est tout à fait conforme à la doctrine du recouvrement orogénique que nous venons de rappeler.
Diverses théories cherchent à évaluer la profondeur des laboratoires volcaniques. Bien des géologues considèrent les cheminées éruptives comme devant traverser toute la croûte terrestre et s'alimenter par conséquent dans la matière
I. Géographie, liv. V, t. I»"", p. 413 de la traduction Tardieu, Paris, 1807.
nucléaire, et la plupart des « coupes théoriques » insérées dans les ouvrages classiques témoignent de cette opinion.
Une théorie, sur la profondeur des foyers a été appuyée par BischoiFsur la fusibilité des laves résultant de ses expériences. La fusion ayant été obtenue entre 1 200 et 1 300** centigrades, on peut en conclure, en appliquant la notion du degré géothermique, que les foyers qui alimentent le Vésuve et l'Etna seraient situés à 40 kilomètres environ au-dessous du niveau de la mer^ Cette supposition n'est pas justifiée, car la lave associée à Teau par occlusion de la vapeur jouit nécessairement d'une bien plus facile fusibilité qu'à l'état isolé et placée dans un creuset. C'est ce qui résulte de toutes les expériences sur l'eau suréchauffée par le procédé de Sénarmont.
Humboldt paraît attacher une grande importance à la situation de certains volcans sur le granit ou « roche fondamentale » : ce dont plus d'un puy d'Auvergne aurait pu lui fournir l'exemple. « C'est, dit-il, au pied du puissant Tunguragua, près de Pempé, sur les bords du Rio-Puela (plateau de Quito) que j'ai vu nettement pour la première fois une roche volcanique traverser une couche de micaschiste reposant sur le granité »
Mais dire que la lave traverse le granit, ce n'est pas dire qu'elle vient du noyau. Nous avons vu précédemment que des basaltes ont pu, à Ovifak, traverser les couches de la croûte initiale sans émaner de ce même noyau.
Il est en conséquence très intéressant de cons-
1. Edimb. New. philosoph. Journal^ XXVI, n» ^r, janvier 18^9.