FouRNET. Les Filons^ p
2, Aquœ metallicœ vel minérales, gemmarum htstoridy i vol. in-8-, Hanovre, iboi).
LES THEORIES FILONIENNES
catégorie des fumerolles fossiles et considèrent en conséquence comme des manifestations volcaniques.
Boëtius de Boodt pensait que les pierres peuvent être engendrées dans le corps des animaux. Sa raison est une conséquence de Tobservation : « Inhomine siquidem, dit-il, sue, capra, boue, btifone, capricerno, gallogallinaceo, hyrundine, palumbellis, lucio, perça, cyprino, conchis ostreis, aliisque animalibus, sœpe lapides gemmarutn instat reperiuntur, » Il confond, comme on voit, diss calculs, des graviers introduits dans le gésier des oiseaux, des concrétions destinées à Tentretien des carapaces, des perles, etc.
Les mines ont leurs petits génies, les kobolds et les nickels auxquels les praticiens ont cru plus que personne, malgré le contrôle qu'ils eussent pu, semble-t-il, exercer si facilement dans la circonstance.
Parmi les théories filoniennes qui se ressentent de ce point de vue bizarre, il faut citer la plus ancienne et qui se trouve résumée dans un petit livre paru en 1 505 à Augsbourg, le Bergbûchlein. D'après Agricola, médecin aussi et surnommé le Pline de la Saxe, cet ouvrage aujourd'hui très rare, est l'œuvre de Calbus Fribergius, médecin distingué de Freiberg en Saxe et qui laisse voir quelque chose de sa profession dans sa doctrine à tournure physiologique.
Pour lui en effet, la naissance des minerais est précédée d'une fécondation du mercure par le soufre. Mais le résultat varie d'un moment à l'autre sous l'influence du Soleil ou des sept planètes, dont chacune préside à la génération d'un
métal particulier, le métal rattaché à cet astre par les idées alchimistes : Tor au Soleil, l'argent à la Lune, le mercure à Mercure, le fer à Mars, le plomb à Saturne, le cuivre à Vénus, Tétain à Jupiter.
Ce qui rend cette théorie minière plus précise, c'est l'addition au texte de quelques gravures sur bois tout à fait remarquables pour les débuts de Tart de Timprimerie. Certains dessins montrent les exhalaisons de la brume de la montagne et de l'efflorescence des filons, et c'est cette « humeur » qui est quali^ée de mercure.
Quel chemin parcouru de ce point de départ aux théories modernes, appuyées sur les expériences de Gay-Lussac et de Sénarmont, qui nous permettent d'assister à l'imitation artificielle de toutes les particularités des filons !
Un premier point à mentionner en abordant la série des théories filoniennes concerne les rapports entre les filons et les fissures du sol qui les renferment et spécialement la contemporanéité ou la succession de ces productions.
Wallerius * voit dans les filons des détails de la structure des montagnes, mais ne paraît pas avoir d'idée bien précise sur leur mode de formation.
Roesler^ qui fut bergmeister, c'est-à-dire directeur des mines à Altenberg (en Saxe), où il mourut en 1673, développe^ lopipion que les fentes et les filons ont la même origine et le même âge. Les premières sont des espaces ouverts
1. Elementa metallurgica speciatim chemicœ conscripta atque ohservationihus experimentis et Jigurts /Eneis tllustrata à Johan. Gotsch. Wallerio, I vol. in-8«, Holmiœ, 1768.
2. Spéculum metallurgicœ politissimum^ i vol. in-folio, Dresde, i-^oo.
LES THÉORIES FILONIENNES
et vides, les seconds sont ces mêmes espaces entièrement ou presque entièrement remplis.
Au contraire dans une dissertation peut être trop oubliée* Hoffmann suppose que les filons ont été formés dans des fentes préexistantes des montagnes : c'est là ce qu'il qualifie de matrices des métaux. Mais il n'insiste pas sur le phénomène de production .
Breislàk^ est d'avis que, lors du refroidissement de la masse terrestre, les matières métalliques furent transportées dans quelques parties de la superficie. Alors il se forma des boues hétérogènes, pierreuses et métalliques à la fois. Ces boues, encore fluides, se séparèrent sous Timpulsion des forces attractives.
De la Metherie ^ considère les filons, tant métalliques que pierreux, comme produits par une cristallisation contemporaine de la formation de la montagne dans laquelle ils se trouvent.
Le chef de l'école écossaise ou plutoniste, Hutton*, en 1 795, supposait que a certaines magnétites et que d'autres minerais associés à des roches éruptives basiques ont fait éruption. au travers du sol, parce qu'il y a dans la profondeur un énorme noyau de fer métallique qui se fixe à l'état de métal fondu dans les fissures de la croûte superposée, soit à Tétat de fer métallique, soit à celui d'oxyde magnétique associé au basalte. »
En 1839, W. Mather^ décrit des veines de