‹ L'évolution du Chartisme, 1837-1839Chapitre 11 sur 65 · Lovett, op. cil., p. 148 il liJO · texte numérisé non relu

Lovett, op. cil., p. 148 il liJO

ment s'étend môme aux femmes ; on voit se constituer de nombreuses Female Political Lnions dont certaines, comme celle de Birmingham, comptent jusqu'à mille trois cents membres. Dans quelles intentions les femmes s'intéressent-elles au mouvement chartiste ? Est-ce dans l'espérance que les démocrates élargiront leurs revendications jusqu'à y embrasser les principes féministes, ou dans celle que le suffrage unisexuel conduira au suffrage universel ?

Dans sa première esquisse, le projet de la Charte contenait une disposition relative au sutTrage des femmes ; mais elle fut « malheureusement « abandonnée, dit Lovett', « parce que plusieurs membres pensèrent que son adoption dans le projet pourrait retarder l'adoption du suffrage universel pour les hommes ». La Charte du peuple n'accordait le droit de vote qu'à tout habitant mâle du royaume. A Sir Edouard Bulwer Lytton qui demandait pourquoi la Charte n'étendait pas le sutTrage aux femmes, la A^o;*thern Star a répondu et sa réponse mérite d'être reproduite, parce qu'elle est un document curieux sur le féminisme chartiste et qu'en admettant le droit de vote des femmes célibataires elle contredit la Charte du peuple :

« Aucun avocat conséquent du suffrage universel n'a jamais refusé le droit de vote aux femmes non mariées, majeui'es et saines desprit. De telles femmes contribuent pour leur quote-part à la richesse nationale et sont autant que les hommes justiciables de toutes les lois. Elles ont par conséquent autant d'intérêt qu'eux au bon gouvernement du pays et autant de droits à y participer par des députés que les hommes. Une femme mariée par l'acte de son mai-iage noie tous ses droits civils et politiques dans ceux de son mai'i et, aussi longtemps qu'elle ne peut être poursuivie pouidettes et pour impôts, aussi longtemps nous considérons qu'il est juste qu'elle perde son droit de vote, c'est-à-dire à partir du moment de son mariage et pendant toute la vie de son mari. Mais nous répétons que le principe du suffrage universel englobe nécessairement toute femme célibataire majeure, et toute veuve saine d'esprit comme étant capable d'exercer le droit de vole '-. »

Cette concession, en contradiction avec la Charte du peuple, prouve limportance que, dès les débuts du mouvement, ont prise les clubs de femmes. Et cette importance se manifeste aussi par

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