Ibidem
à soutenir les droits des classes laborieuses, devront prodamer dans tous les métiers une grève « sacrée et solennelle » : pas une main ne devra se mettre à l'ouvrage; tous les cœurs, toutes les tètes, tous les bras devront s'unir pour travailler au succès de la cause du peuple jusqu'au jour où la victoire sourira à leurs efîbrts*. Dès le 2 juin, la Northern Star commente le « glorieux meeting d'Ecosse et les paroles d'Atwood « unis jusqu'à la mort » : «Comme ce sentiment saccorde merveilleusement avec le sentiment exprimé sur l'objet de la grande Union du Nord « l'emploi de la force physique, si c'est nécessaire ». La force morale est une ombre, la force physique est la réalité. La force morale veut dire la dialectique de l'esprit, c'est-à-dire les moyens de découvrir quelle quantité de maux la nature la plus pacifique peut supporter sans rien dire. Elle enseigne quand l'obéissance est une vertu et quand la non résistance est un vice. » Et le :23 juin, moins d'un mois après le discours de Thomas Atwood dont elle avait été le thème central, l'idée de la grève générale réapparaît dans un article de la Northern Star sur le Factory System - : << Nous avertissons les patrons que, s'ils réussissaient à supprimer les associations de travailleurs, nous y répondrions par une grève générale qui les contraindrait à des conditions que le peuple n'aurait jamais exigées si l'on avait loyalement agi envers lui. » Ainsi, l'idée de grève générale, lancée en 1832 par le cabaretier socialiste William Benbow. est reprise, au printemps de 1838, par le modéré Thomas Atwood : elle va rencontrer dans les masses ouvrières le même milieu favorable que l'idée de violence. Les deux articles de la Northern Star manifestent le progrès des tendances révolutionnaires; deux idées deviennent dominantes et vont, jusqu'en 1843, diriger le mouvement: la violence et la grève générale. Ces deux modes de l'action révolutionnaire, le mode ancien et le mode nouveau, semblent pouvoir indiiïéremmeni être employés de façon combinée ou distincte : mais, si la grève générale apparaît comme la méthode « pacifique » de la révolution, et même si ses commencements peuvent être sans intentions de violence, elle doit y conduire et l'engendrer : toutes deux sont des applications logiques de la lutte des classes.