‹ L'évolution du Chartisme, 1837-1839Chapitre 22 sur 65 · Giiiiiniai^t;, oj). cil., \t. 'J · texte numérisé non relu

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de plus en plus violents du même thème. Siephens surtout perd toute mesure et va jusqu'à dire que les classes régnantes sont « une bande de meurtriers dont le sang doit être versé pour satisfaire à la vindicte publique ». A Hyde ', brandissant au bout de piques des bonnets rouges et portant des bannières avec des inscriptions comme celle-ci : « Ashton réclame le suffrage universel ou la vengeance universelle » ou encore : " bouvenez-vous des sanglants exploits de Peterloo », quinze mille ouvriers acclament Stephens : parlant du Factory System, le jeune prophète chartiste déclare que « les titres de propriété de M. Howard sont inscrits en lettres de sang sur chaque brique et sur chaque pierre de sa fabrique » ; il attire Tattention de ses auditeurs sur les gardemanger et les celliers des riches et leur dit que, s'ils sont privés du nécessaire et du bien-être auquel leur travail leur donne droit, ils ne commettront aucun crime, mais ils accompliront un acte conforme à la loi morale en prélevant leur nécessaire et leur bienêtre sur le superflu de leurs oppresseurs. A l'appui de ces paroles il cite le huitième commandement de l'Écriture Sainte : le « Tu ne voleras pas » impose un devoir égal à tous; dans l'œuvre du pillage, les riches sont les agresseurs, car ils ont su dans les formeslégales dérober aux pauvres le produit de leur travail honnête. Prendre aux classes possédantes leurs richesses mal acquises et leur superflu, ce nest là rien qu'un acte de justice morale et la reprise absolument légitime de ce qui leur appartient. Permettre aux riches de conserver la possession de la richesse qu'ils ont injustementenlevéea leurs esclaves réduits à la misère, c'est sanctionner la pire des révoltes contre Dieu, c'est une trahison contre l'humanité. Se grisant de ses propres paroles, Stephens conseille à ses auditeurs de se munir d'un large couteau qui ferait très bien pour découper une tranche de bacon ou pour transpercer l'homme qui leur résisterait. Il leur demande s'ils sont prêts et s'ils sont armés; deux ou trois coups de feu répondent : « Est-ce là tout ?« réclame Stephens et c'est alors une volée de coups de feu. Il demande ensuite à ceux qui veulent acheter des armes de lever la main, toutes les mains se lèvent et de nouvelles décharges ont lieu. Il leur dit de se procurer des fusils, des pistolets, des épées, des piques et tous les instruments « qui prononceront de plus tran-

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