‹ L'évolution du Chartisme, 1837-1839Chapitre 25 sur 65 · Northern Star, 9 février · texte numérisé non relu

Northern Star, 9 février

et sur leurs portes, aftectant de se moquer parce que nous, les pauvres, nous, les opprimés, nous qui avons trop longtemps souffert, nous n'avons pas déployé la bannière de soie et la devise dorée. Je conseille à ces vautours, à ces enrichis, à ces ignorants seigneurs de la boutique, de veiller à leur caisse, de courir à leur comptoir, de flatter leurs aristocratiques patrons, de ramper et de se traîner vers eux ; mais de ne pas nous railler, nous qui avons trop longtemps souffert leurs railleries, ou qu'ils en supportent les conséquences. Le jour de la rétribution arrivera plus tôt qu'ils ne pensent. Le jour de Noël dernier, ce jour où, suivant les livres sacrés, le rédempteur de l'humanité est né, ce même jour, j'ai groupé dans les rues de Newcastle-upon-Tyne cent mille braves ouvriers du Nord; et ce jour-là, comme aujourd'hui, nous avons élevé nos voix vers le ciel de Dieu, nous avons juré par nos loyers et par nos autels, nous avons juré par nos femmes et par nos enfants, nous avons juré, par le Dieu de nos ancêtres, le serment d'hommes résolus à ne pas être esclaves plus longtemps. Nous avons juré de vivre libres ou de mourir. J'ai visité beaucoup de villes dalentour dans le Northumberland et le Durham , j'ai visité les braves mineurs des bords de la Tyne ; et je vous affirme, mes amis, que les mains qui manient la pioche |)ourront au besoin manier la pique et le sabre. Je vous dirai comme une preuve de l'esprit qui anime ces districts (ju'avant la manifestation du jour de Noël, le bruit courut que le meeting projeté serait interrompu par des soldats comme dans une occasion précédente. Les villages voisins envoyèrent leurs délégués au conseil politique de Newcastle pour savoir si les hommes de ce district étaient décidés à apporter leurs armes avec eux, le jour de ce meeting, i Applaudissements.) En outre, quand la nouvelle de l'arrestation de notre glorieux avocat Stepheus arriva dans le Northumberland, le soir même les habitants s'assemblèrent au clair de lune; et le jour suivant (un dimanche; ils envoyèrent leurs délégués au conseil pour savoir s'ils devaient commencer. [Applandissfments.) Mais le mot d'ordre des leaders leur fit défaut ; et pourtant le peuple aurait alors frappé un tel coup qu'il aurait fait trembler les despotes et se courher les tyrans.

En quillanl ces districts, j'ai visité le Cumberland et, à Carlisle, j'eus l'honneur de faire un discours qjii. Dieu soit loué, effraya les seigneurs de la boulitjue. A Dalston, dans le Cumberland, j'ai assisté à un meeting convoqué par le tambour et par le fifre.

Un liomme marchait en tète, sabre en main, et nn autre fermait la marche avec son fusil. Arrivés à l'entrée d'une rue, celui qui était à l'arrière-garde déchargea son fusil et celui qui était à l'avant-garde proclama, en brandissant son sabre, que le meeting aurait lieu à telle place, à telle heure, et les hommes qui vinrent au meeting y apportèrent leurs gourdins et leurs couteaux à pain et à fromage. C'est la vraie manière de convoquer et de tenir les meetings. Croyez-moi, il n'y a pas d'argument pareil au sabre et un fusil est sans réplique. [AppliuidUsemcnts.) J'ai également visité le Lancashire et le Yorkshire et je vous dis, mes amis, que Peterloo n'a pas eu lieu en vain, que le Factory System et la New Poor LaAv ont partout fait leur ouvrage ; le peuple est enthousiaste et résolu. J'ai visité 3Ianchester, Preston, Bury, Ashton, Stalybridge, Leigh, Bradford et plusieurs autres villes. A Ashton et à Stalybridge, je suis entré en rapports avec les partisans dévoués de Stephens. J'ai constaté que son troupeau non seulement l'aime, mais l'adore et déclare à ses oppresseurs que ces hommes, oui, et que ces femmes aussi, qui adorent ce juste, répandront le plus pur de leur sang avant de permettre qu'il soit sacrifié. [Applaudissemeiits.) Hommes de Derby, femmes de Derby, vous défendrez de même votre bienaimé Stephens. {Cris de : nous le ferons.) Si vous le voulez, alors poussez pour lui trois chaleureux vivats. [Trois vivats enthousiasles sont poussés.) C'est bien. Je pense que vous voulez le défendre? Mais comment le défendre ? Je vais vous le dire. Vous donnerez généreusement votre argent pour le soutenir, pour lui permettre de confondre l'oppresseur devant le tribunal et alors, avec laide de Dieu, il triomphera de ses ennemis. Si on ne le remet pas en liberté, on l'y remettra quand même; car, si l'argent échoue, nous essaierons de la fourche et, si l'or nous trahit, nous essaierons la veitu de l'acier. {Cris enthousiastes.) Nous nous sommes réunis aujourd'hui pour réclamer nos droits ; nous sommes assemblés ici pour dire à nos tyrans qu'ils ne nous tyranniseront pas plus longtemps. Nous demandons le Suffrage universel parce que nous croyons que le Suffrage universel nous procurerera le bonheur universel. Carie bonheur universel existera ou nos tyrans éprouveront -a leurs dépens que nous aurons le malheur universel. (.4/jjo/a//É//si'tf/>ienfi\) Nous voulons avoir des foyers heureux et des églises libres, ou, par h' Dit'u de nos pères, nos oppresseurs partageront la misère

qiio nous avons siippoiiéo trop loniîtonips. (App/atfflis<;e}neîits.) Larisloci-alie et les seigneurs de la boulique disent que le système fonctionne bien : permettez-moi d'exposer le fonctionnement du système. Dans le Mercure de Derby de la semaine dernière, je trouve sous le titre de Police qu'un bomme du nom de Thomson Williamson fut conduit devant les magistrats sous l'inculpation de mendicité dans les rues. Il paraît qu'il avait déjà été accusé précédemment du même délit, c'est-à-dire qu'il était coupable d'avoir eu faim, qu'il avait commis le crime de porter un habit en mauvais étal, de n'avoir pas de souliers et, comme Jésus- Christ, de n'avoir pas un oreiller pour reposer sa tète. Il avait été emprisonné pour ces crimes et, le croiriez-vous, mes amis ? cet audacieux criminel fut convaincu d'avoir commis le crime d'avoir eu faim le jour de sa sortie de la prison, comme il avait eu faim le jour de son entrée. {Applaudissements ironiques.) Le Berb;/ Mercurj/ raconte que les magistrats l'ont déclaré coupable en qualité de misérable et de vagabond et l'ont condamné aux travaux forcés dans une maison de correction [Honte) pendant six semaines. Mes amis, nous demandons le suffrage universel parce que c'est notre droit, et non seulement parce que c'est notre droit, mais parce que nous croyons qu'il donnera la liberté à notre pays et le bonheur à nos foyers. Nous croyons qu'il nous donnera du pain, du bœuf et de la bière... Je répète que nous sommes pour la paix, mais justice doit nous être rendue. Nous devons obtenii' nos droits rapidement, paisiblement si nous le pouvons, par la force s'il le faut. [Hruyants applauclissements.) L'absence du suffrage universel a permis pendant assez longtemps à nos oppresseurs de nous écraser. L'absence du suffrage universel a permis aux horreurs du Factory System de durer si longtemps; ce système sanguinaire qui déforme le corps et déprave l'esprit de nos enfants. 0 ! vous, millionnaires et seigneurs de l'usine, comment répondrez-vous de tous les meurtres que vous avez commis? Comment lépoiidrezvous devant le troue de Dieu de vos crimes contre riiumaniti' ? L'absence du suffrage universel a permis aux whigs et aux torys de forger cette loi sanguinaire la New l'oor Law. La nouvelle loi des pauvres est la première étape dans l'application du système philosophique par lequel les whigs et les libéraux malthusiens espèrent gouverner l'Angleterre. Oui, mes amis, un hideux coquin a osé, sous la signature anonyme de Marcus, proposer que votre

troisième ou quatrième enlant vous soil enlevé et qu'il soit étouffé par un certain gaz ; et le misérable appelle cela « la mort sans soufrance ». Je souhaiterais que M. Marcus lût ici. {Cris de oui! oui, mon garçon!) Si la loi sanguinaire de M. Marcus était appliquée, il ne faudrait plus qu'un pas pour compléter le système, et ce serait une loi qui permettrait aux millionnaires et aux seigneurs de l'usine de vous mettre à mort quand vous serez épuisés, de vous abattre comme des chiens enragés quand vous ne leur serez plus d'aucune utilité [Cris de jamais!], mais jamais cela ne sera, nous ferons de notre pays un vaste désert de désolation et de ruines plutôt que de permettre aux tyrans d'appliquer leur infernal système. {Applaudissements. Cris de : nous le ferons!) Je demande de nouveau ce que nous réclamons. Nous réclamons que chaque homme puisse avoir sa femme et chaque femme son mari; nous demandons que chaque jeune homme puisse avoir sa jeune fille et chaque jeune fille son jeune homme. Nous demandons que le mari puisse faire vivre sa femme dans le bien-être sans l'envoyer aux maudites; {Écoutez, écoutez !) qu'il puisse élever ses enfants à son propre foyer, sans les envoyer dans ces trous d'enfer, les fabriques. [Applaudissements.) Nous réclamons un état de choses dans lequel tout jeune homme pourra, sans crainte de l'avenir, prendre une femme et accomplir les lois de la nature et de Dieu. C'est une misérable brute, un malpropre coquin, l'homme qui me dit que je n'ai pas le droit de prendre une femme parce que je suis trop pauvre pour l'entretenir. Si quelque homme devrait être privé de sa femme, ce serait l'homme riche qui aie moyen d'en entretenir d'autres et qui le fait en général. Hommes de Derby, nous voulons avoir nos femmes et nos fiancées et au hesoin nous les défendrons avec nos bras droits, avec le meilleur sang de notre cœur. {Applaudissements.) Je vous ai donné à comprendre que les hommes du Northumberland sont armés, je vous invite à suivre leur exemple.» {Nous le ferons.)

« Nous croyons que le suffrage universel nous donnera de la bière, du pain et du bœuf. Le suffrage universel procurera le bonheur universel : le bonheur universel existera ou nos tyrans, nos oppresseurs partageront la misère que nous avons supportée trop longtemps •:, telles étaient les promesses en lesquelles les masses ouvrières avaient une absolue confiance. « Croyez -moi, il n'y a pas d'argument pareil au sabre, et le fusil est sans réplique », tels étaient les conseils que donnaient à leurs auditeurs les chefs

chartistes les plus écoutés. « Le peuple est enthousiasme' et résolu, il s'arme et il es( prêt à essayer la vertu de l'acier », tel était le réel état d'esprit des populations laborieuses dans les districis industriels au commencement de février 4839. Aussi, lorsque le 4 de ce mois la Convention cliartiste s'ouvre à Londres, l'évolution du réformisme à la violence semble presque achevée et les deux idées (jiii doivent doniiner les débats du Parlement ouvrier sont la force physique et la grève générale. Mais les chartistes de la force morale sont en majorité à la Convention ; Lovelt est décidé à résister de toute son énergie aux tendances nouvelles qu'il a vu s'affirmer et grandir à rencontre de ses propres efforts, il n'a pas perdu tout espoir de faire adopter à la Convention une politique de sagesse. Seulement c'est en vain qu'il luttera et il ne fera que retarder le triomphe complet do la méthode révolutionnaire : les forces déchaînées par les paroles de violence et les promesses de surenchèi-e, a|)rès trois mois de discussions intérieures, entraîneront William Lovett lui-même.

«Un de mes amis vint me prendre el nous nous rendîmes dans Fleet Street à la salle oii la Convention Nationale tenait ses réunions. L'entrée a, sans nul doute, été fréciuemment l'objet des plaisanteries desïorys de la noble Chambre ; — ils ont tant d'esprit ! — Elle n'est pas eiïectivement très pompeuse; — dans un des petits passages sales et étroits de Fleet Street, est un cabaret de mesquine apparence ; dans le cabaret, un garçon vient vous demander si vous désirez un pot de bière ; —au ton dont vous lui répondez il reconnaît le motif (jiii votis atnêne, el si vous lui donne/ le mot de passe, il vous ronduil par une arrière-boutique, une petite cour et un long eorridor, a la salle de réunion : — mais ([n'importe le lieu? c'était aussi dans des cryptes, — dans les caves el les cavernes que les premiers apôtres réunissaient les chrétiens ! et leurs paroles étaient

plus puissantes que la force des Césars Mon ami fait demander

Messieurs O'Brien et O'Connor; — ces Messieurs viennent; — je leur suis présentée et ils m'introduisent dans la salle, où personne n'est admis que sur la présentation de deux membres. Toutes ces sages précautions n'empêchent pas que les espions se glissent au sein de l'assemblée. D'abord je fus frappée de l'expression des

physionomies; je n'avais encore vu. dans les réunions anglaises, que des ligures d'une l'aligante uuiioriniU' sans caractère qui les fît retenir et comme jetées dans le même moule. — Là, au contraire, chaque tète représentait une individualité tranchée; — il s'y trouvait environ trente ou quarante membres de la Convention Nationale et à peu près autant de spectateurs sympathiques ; ces derniers étaient de la classe ouvrière, presque tous jeunes. — Je remarquai quatre ou cinq ouvriers français et deux femmes du peuple. — Point d'interruption, de chuchotements ni de causeries particulières comme dans la Chambre de leurs seigiienrirs. Chacun prétait une attention soutenue, suivait le débat avec intérêt. — L'orateur introduisait parfois, selon l'habitude anglaise, des plaisanteries boufTonnes qui provoquaient le rire. — O'Connor parle avec feu, énergie ; il est brillant, il anime, il entraîne. — O'Brien se fait remarquer par la justesse de ses raisonnements, sa lucidité, son sang-froid et sa connaissance approfondie des événements passés. — Le D' Taylor est enthousiaste, fougueux, c'est le Mirabeau des Chartistes. Ces trois hommes peuvent, avecLovett, être considérés comme les chefs actuels du peuple '. »

Ce sont bien là les hommes dont l'inlluence sera prépondérante sur la Convention : ils vont avoir à choisir entre les deux méthodes qui partagent les Chartistes; leur attitude semble devoir fixer celle du Parlement ouvrier. Celui-ci, cédant aux injonctions des Démagogues et s'abandonnant à la pente vers laquelle incline le Chartisme,entrera-t-il résolument dans les voies de la violence? Ou au contraire, déterminé à sauvegarder son indépendance et la légalité de ses actes, va t-il résister aux tendances prédominantes, rompre avec les promesses de surenchère, et remonter le courant des passions populaires? La Convention va-t-elle recevoir d'ellemême ou du dehors ses propres directions ? Il peut sembler que cette option est laissée à la sagesse ou à la liberté de quelques hommes qui sont les chefs incontestés des Chartistes ; mais une option quelconque est-elle possible dans un parlement aussi directement issu des masses et dans des circonstances où une politique constante et sage se heurte à l'ivresse révolutionnaire? En fait, les destinées du mouvement sont déjà tracées et la liberté des Conventionnels n'est plus entière : les leaders ne sont plus les maîtres d'imprimer au mouvement leurs volontés et leur action est conditionnée par leur attitude antérieure : les paroles prononcées,

1. Flora Tristan, La Ville Monstre, 2' édition, 1842, chapitre ? : Les Chartistes.

les promesses et les menaces prodiguées par entraînement ou par flatterie démagogique, les lient et ils devront tenir compte de la pression de TeKlérieur, cest-à-dire des forces qu'ils ont déchaînées. Les modérés eux-mêmes seront obligés de suhir l'irrésistible ("onlaginn des sentiments populaires et de s'incliner devant les méthodes qu'ils n'ont pas su combattre elficacement. La Convention va i)résenfer le spectacle d'une évolution semblable à celle qu'a manifestée l'histoire du mouvement pendant les deux années précédentes'.

Les impressions de Flora Tristan permettent d'évoquei- la Convention chartiste qui tient sa première séance, le 4 février, au British Coffee bouse. Cockspur Street, mais qui se réunit ensuite dans la salle de Fleet Street, décrite par l'auteur de la Villr Momtro : Soixante Conventionnels sont présents et, parmi eux, on remarque trois magistrats, six éditeurs de journaux, un ministre de l'Église d'Angleterre, un ministre dissident, deux médecins ; les autres sont des boutiquiers, des commerçants et des ouvriers. Hugh Craigh Baille, le délégué d'Ayrshire, préside et le Parloinenl du Peuple s'ouvre par cette prière du D'' Wade, qui « semble faire une impression profonde sur l'assemblée » : « 0 Dieu, créateur et protecteur de l'humanité toute entière, nous t'otTrons nos plus humbles et nos plus ardents remerciements pour les grâces que tu as répandues sur cette terre autrefois heureuse. Fais, Dieu des nations, que la folie et la perversité de nos dirigeants ne privent pas plus longtemps le pauvre des biens de la vie et ne refuse à ton peuple aucun de ses droits sociaux ou politiques'-. »

1. La source |itiiici|i,ile est ici La Norihern S^lar. La Xorihevn Sl<ir ilininc cliaqne si-nialne le compte rendu des séances de la Convention : les récits de Gamniave sont tout entiers empruntés a la Northern S/ar, il y ajoute, avec des imprécisions (ju des erreurs de date, ses ccuisidérations et opinions [lersonnelles, la criti(|ue des exa^rérations de la pcditique O'Gonnoriste. A côté de ces com|>tes rendus hebdomadaires on peut coiisulti'r L'hisluire île la ('ntivention r/e'nérale des classes laborieuses, par James Taylnr. le ilélé-ué de llodidale, ilaiis les numéros 1!>, ifi urtulire, 2. !> novembre et suivants de la SnrUiern Star.

±. Sorl/iern Slar, 9 février is;!9. Lovelt, p. 102 et suivantes. Tandis (|ue la Sor- Ihern Slar du 9 févrit^r donne le «liidrc de soixante délé^ms, Lovelt parle seulement de cinquante-trois et ce chill're parait confirmé par lénumeration (pie donne la \orllierii Slar du 16 mars IS.'J'J : mais, si l'on contrôle la liste de la Soriheru Star du W> mars, on s'apen.oit (lu'un certain nombre dt; déléi;ués nommés par It's meetinirs ny figurent |»as : c'est notamment le cas de trois îles délégués nommés à Hirminçbam le ti aoiU 1838, Kdmunds, G. -F. Muntz et P. -H. Muntz: celui d'Osborne élu pour Brigbton, de William Carrier élu pour Hradl'ord, de Warden pour liolton, et de Smitb |)0ur Liverpool. Si l'on y joint Cobbett et Niifhtiiiirale, élus au meeting du 2.'j septembre pour Manchester, en même tem|)S que Itichardson et Hronteire O'Brien, on trouve ()ue neuf délégués ne figurent pas sur la liste du 16 mars, soit un total de soixante-deux au lieu de soixante ; maiti les délégués de Birmingham, les deux Muntz

— Hl —

Dès le premier jour, les Conventionnels sont appelés à se prononcer entre les deux; tendances à propos de la nomination d'un secrétaire. Ils doivent marquer leurs préférences, choisir entre les modérés et les violents. Lorsque les délégués de Birmingham proposent William Lovett, cette proposition rencontre d'abord une vigoureuse opposition ; mais les Chartistes de la force physique croient plus prudent de ne pas se faire mettre en minorité et Lovett est élu à l'unanimité. A la séance suivante, Feargus O'Connor, qui n'était pas présent lors de l'élection, cherche un moyen de se débarrasser d'un secrétaire aussi gênant : il sait que la fermeté de Lovett s'opposera aux méthodes de la force physique et aux tentatives de démagogie ; il craint sans doute plus encore une autorité morale qui porte ombrage à son orgueil ; il voit avec peine la Convention rendre un hommage éclatant à l'homme dont la valeur et l'influence sont seules capables de contrebalancer sa puissance. Aussi présente-t-il une motion pour obliger toute per-

n'ont jamais dû siéger; et l'on jicut avec les sept autres reconstituer le chillre île soixante délégués présents à la première séance. Il y a lieu de remarquer du reste que la liste (les cinquante-trois est certainement inexacte puisque, si certains comme Cobbett, donnèrent très vite leur démission, d'autres, par exemple Osborne, prirent part aux réunions ultérieures de la Convention. Voici les noms des cinquante-trois délégués que signale la Sort/ieni Star du 16 mars :

Burns, William Aberdeensliire.

Bussey, Peter West Riding of Vorksliire.

CoUins, John Birmingham aud surrounding districts.

Cleave, John Metropolitan Districts.

Carpeuter. William Bulton.

Gardo, William Marylebone.

Craigh, Hugli Ayrshire.

Douglas, Robert-Kellie Birmingham.

Duncan, Ahram Dunifries and Maxwelltown.

Deegan, John Hyde, Staleybridge, Newmills.

Frost, John Newport.

Fletcher, Matthew Bury, Heywuod, Ratclitr.

Fenuey, James W'igan.

Gill, William Sheflield.

Good, John Brighton.

Hetherington. Henry Metropolitan districts.

Harlwell, Robert Metropolitan districts.

Harney, George-Julian Northumberland, Derby.

Halley, Alexander Dumfermline.

Hadiey, Benjamin Birmingham and surrounding districts.

Jones, Gharles Newtown, Welshpool.

Kn«ix. Robert County of Durham.

Lovett, William Metropolitan districts.

Lowery, Robert Newcastle, Northumberland.

Loveless, George Gounty of Dorset.

MatUiew, Patrick Perthshire, Fifeshire.

sonne acceptant une fonction retribLiéc à la Convention a donner sa démission de délégué. Mais, dans ces calculs, lagitateur irlandais a oublié le désintéressement de Lovetl ; celui-ci est décidé à olTrir gratuitement ses services et Feargus retire sa motion '.

La force morale paraît donc l'emporter ; Télection de Lovett comme secrétaire prouve que les modérés sont en majorité à la Convention- : de cette première victoire vont-ils savoir et pouvoir proliter? la certitude de leur nombre va-t-elle leur donner le courage de vouloir être les plus forts? En même temps quelle manifestait la force numérique des modérés, l'élection de Lovett allait être ])our eux une cause de faiblesse, en blessant l'amourpropre de Feargus O'Connor et en provoquant son mécontentement. Si, tout d'abord, craignant peut-être les responsabilités personnelles, celui-ci hésitait entre deux attitudes, ses incertitudes devaient être vite fixées parce qu'il ne pouvait trouver une

MealiiiL', Ricluinl lî.illi. Tniwbii.L'c.

Moon-, Hicliard Mclidiiolilaii liistricls.

Marsilcn, liicliard l'i-f^stmi. Clmilcy.

Mills, James Uidliain.

Mciir, James (ilas;-^o\v. Coiinty of LaiiaïK.

Me Douall, Peter-Murray Vsliton uiider Lyiie.

.Neesoii, Cliarles Bristol.

OCoiiiior, Feargus West Uiiliiii;. Hrist-jl.

OBrieii. James Metiopolilaii Districts, l-eii:li, Bristol. Nor-

\\ icii. Newport, Isle ol Wii-'lit and Stockport.

Pierce, John Birmingham.

Pitkethly, Lawrence West Biding of Vorkshire,

Biehards. John Tlic Potteries, Stallonlshire.

Rogers. Geoige Metropolitan districts.

Richardson. Reginald-Johu Manchester.

l'.yder, William West Riding of Yorksliire.

Smart Leicester.

Skcvini'ton. John Derby. Loughborough.

Sankey, William-Slephen-Villiers .... KdimburLdi.

Sali, Thomas Birmingham.

Tayior. John .\ew(^astle. t'-arlisle. Wigton, Alva, Pien

frewshire.

Tayior, James Rochdalc, Middlelon.

Tiirht, Benjamin P.eadinL'.

Vincent, Henrv Hnll, C.lieltenliam, IJristol.

Wade, Arthur .Nottingham. Manslield.

Wood, Joseph Bolton.

Wrœ, James Manchester.

Whittle, James Liverpool.

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