r,aiiim;iL'P. oji. cil.. |i. Idfi
une potito troupe de révoliilionnaires insensibles aux considérations qui avaient amené l'apologiste de Robespierre et le démagogue irlandais à se rallier aux Chartistes delà force morale: ces irréductibles apôtres de la force pbysique formaient une minorité dissidente groupée autour de George Julian Harney dont l'ambition insatisfaite était prête à tout pour faire triompher par ses théories sa personnalité. Des âmes simj)listes comme celles de Rider et de Marsden ne pouvaient admettre qu'une immédiate réalisation de leurs espérances et des promesses qu'ils avaient faites au peuple. Aussi le retard apporté à la présentation de la pétition les avait-il rendus furieux et le disciple de Marat avait profité de leur déception pour s'instituer le chef d'un parti dont la faiblesse numérique devait être compensée parla force du langage et par l'impératif des revendications; ne voit-on pas du reste par l'histoire contemporaine et dans la pratique parlementaire qu'aux yeux de certains démocrates, il y a pour les théoriciens du nombre comme un droit divin de la souveraineté populaire qui les investit, même en minorité, d'un droit supérieur à celui de la majorité : les événements les justifient puisquaussi bien, par leur persévérance à s'aflirmer les seuls représentants légitimes de la démocratie, ils parviennent à forcer la conviction et le vote de leurs inconsistants opposants. C'est ce qui devait se produire à la Convention : d'instinct George Julian Harney l'avait compris comme il avait compris le parti qu'on pouvait tirer des clubs.
11 y avait justement à Londres une association bien faite pour servir d'organe à la Voix populaire représentée par les Harney et pour dicter à la Convention ses ordres. A toutes les réunions de la London Démocratie Association, George Julian Harney et ses partisans ne cessaient d'accuser la majorité des Conventionnels de faiblesse et de lâcheté parcequ'elle ne décrétait pas immédiatement la révolution ; dans un meeting en plein air, à Smithfield, l'ami du peuple apparaît sur la plate-forme le bonnet rouge sur la tète, il déclare qu'il est prêt à combattre et flétrit ceux qui trahissent la cause du peuple, découragent ses ardeurs et annihilent ses etforts. Enfin, à un meeting de la London Démocratie Association, Harney fait adopter une triple résolution et adresser à la Convention une lettre contenant les sommations du club :
« i» Avant un mois, la Charte deviendra la loi du pays, si les Conventionnels font leur devoir ;
" 2" Aucun retard ne doit être apporté à la présentation de la pétition nationale ;
« 3° A tout acte d'injustice et d'oppression, il faut opposer une résistance immédiate. »
Celte lettre est lue à la séance du 4 mars. Une violente discussion s'élève. Tout d'abord se pose la question de savoir si cette communication intempestive sera leçue? Bronterre déclare qu'il ne convient pas de donner au Parlement des raisons préjudicielles de rejeter la pétition'. Cleahe, Hetlierington, Taylor, Wade protestent contre les paroles et les menaces qui peuvent compromettre la Convention : une forte majorité déclare que la lettre ne sera pas reçue. L'assemblée se demande ensuite quelles sanctions elle va prendre à l'égard de ses trois membrtïs, Harney, Rider, Marsden, qui ont provoqué cette manifestation et approuvé publiquement les injonctions de la London Demociatic Association. Leur conduite est l'objet de vives critiques. Villiers Sankey présente une motion désapprouvant les Conventionnels qui font tort à la cause en usant d'expressions révolutionnaires « à la française et en portant publiquement des emblèmes français »>. Wbitlle, l'éditeur du Champion, présente aussi une motion et demande qu'Harney, Marsden et Rider soient obligés à des excuses ; il faut qu'ils désavouent les injonctions adressées à la Convention; et, comme ils s'y refusent, leur expulsion est réclamée. Harney a commencé par déclarer qu'il n'a aucune confiance dans la justice de la Convention et qu'il en appellera au peuple ; cependant, ne sentant aucun appui dans l'assemblée, les trois Cenventionnels «jugèrent alors prudent de faire les excuses demandées, après nous avoir fait perdre trois jours de notre temps-». Si l'imitation des pratiques de nos clubs jacobins avait écboué, c'était parceque la Convention siégeait à l^ondres oti rinlluence de la London Demociatic Association était contre -balancée par celle de la Working Men's Association et surtout parce <iue. à la dilTérence de Paris, la capitale anglaise n'est en aucune façon un foyer d'agitation révolutionnaire. A Londres, les démocrates étaient en petit nombre^ et, à l'exception des « enragés » adeptes d'Harney,