‹ L'évolution du Chartisme, 1837-1839Chapitre 43 sur 65 · Gammage, op. cil., p · texte numérisé non relu

Gammage, op. cil., p

lièrent leurs foyers pour gagner la montagne, le sabre au côté. » De toutes les questions présentées à l'agréinent de la volonté populaire, celle qui allait concentrer l'attention des Conventionnels ne paraît i)as avoir été mise en i-elief dune façon particulière par les orateurs de ces grands meetings : Tidée de la grève générale était acclamée comme les autres par les auditoires enthousiastes, mais sans qu'elle provoquât des a[)plaudissements plus précis que ceux qui allaient en bloc à toutes les (juestions du nuinifesie. La grève générale avait été acceptée, sauf quelques opposants, par tous les Conventionnels, qu'ils appartinssent au parti de la force morale ou à celui de la force physique; seulement si l'idée du mois sacré avait été acceptée par tous, tous n'étaient pas d'accord sur l'oppoitunité de sa mise à exécution : si l'on en croit Lovelt', pour les modérés, la grève générale n'était qu'un épouvantail : « Aussi n'éfaient-ils pas opposés à voir discuter cette question par la Convention le 1" juillet comme un moyen de négocier avec nos adversaires. « Et un mot du délégué écossais Abraham Duncan résume très vigoureusement cette politique : « Nous devons faire trembler nos oppresseurs en les tenant suspendus jusqu'au-dessus de la gueule de l'enfer, mais nous ne devons pas les y laisser tomber. » Dans l'esprit de ces modérés, la giève générale n'était donc qu'une menace, un moyen d'intimidation pour forcer la main au Parlement. Lovett pensait même qu'on pouvait aller jusqu'à conseiller la cessation du travail à un ou deux grands métiers : les modérés n'avaient en vue qu'une simple mise en application partielle.

Si pour les modéi'és la grève générale se réduisait a un |)rocédé d'intimidation et à la possibilité dune manifestation partielle, elle apparaissait aux protagonistes d»; la violence comme une: des formes les mieux adaplé-es à la l'éalisation de leurs désirs et de leurs revendications : n'atteudaicnt-ils |)as du mouvement chartiste autre chose que la (îliartedu peuple? N"(''tait-ce pas toutes les espérances socialistes qui miroitaiiîut a leur espi'it? Sans doute la Charte était seulement a leurs yeux rin^triunenl le plus sûr pour y atteindre, puisque aussi bien la i)ure démoci-atie politique doit ni'cessairement conduire au so<;ialisnu' ; mais ne pouvait-il y avoir des chemins moins longs et des moyens plus expr'ditifs pour entrer

\. Lovett, op. cit., j». iiltj rt 'Jll.

directement dans les palais de lEgalilé sociale, sans subir l'obligation d'attendre au seuil que les lents débats de la démocratie parlemeulaire en ouvrissent toutes ;;raii<les les |)ortes? La grève générale pouvait foicer le vole des deux C|]and)res, l'adhésion du GouveriiLMnenl à la Charte du piMi|)le; mais ne pouvait-elle mieux encore? Et sa- mise à exéciititui iiétait-eile pas le commencement même de la lévolution l'èvée?

Les uns et les autres, paitisans de la force morale ou apôli-es de la violence, ignoraient(|u'eu préconisantavecdes visées dill'éreutes la grève générale, ils servait'iil les intérêts etobéissaientaux secrets désirs de ceux qu'ils cond);i[laieut, de ceux qu'ils jugeaient les pires ennemis des classes laborieuses. L'idée de la grève générale avait été lancée très innocemment par Thomas Âlwood ; mais il est probable que le leadei- de la Birmingham Polilical Union avait été le jouet inconscient des capitalistes et des industriels. Dans une lettre du 31 juillet', Feargus OConnor reconnaît que « les pati'ons considéraient le projet de grève général*; comme une bonne aubaine. » La naïveté vaniteuse de Thomas Atwood n'a-t-elle pas été babilement exploitée dans le dessein de préparer l'opinion ouvrière? Il semble en effet que la grève générale était souhaitée pai" les milieux industriels qui y voyaient un nmiède à la crise de surproduction : les entrepreneurs n'osaient pas pi-endre la responsabilité d'un arrêt monuMitané du travail, mais ils auraient ét.é s^lislaits d'en voir prendi'e l'initiative pai' les travailleui's. C'est à la réalisation de ce vœu secret que Timprudeule Convention va dépenser ses plus grands etïorts.

Opeudaut, tout d'abord, ce n'est pas la giève générale (pii est l'objet des premières discussions de la Convention. A peine celle-ci vient-elle de se réunira Birmingham le d«' juillet, que dt'.jà certains conventionnels demandent son retour à Londres. Hugh Craigli croit cette mesure opportune et il est appuyé parMoir qui piésente la motion suivante : « L'état des affaires publiques exige que le siège de la Convention soit immédiatement transi)orté à Lontlres. » AussitôlFeargus O'Connor, à qui était dû le déplacement de Birmingham, dépose un amendement : u Les Conventionnels expriment leurs plus vifs remerciements au peuple de Birmingham pour l'excellente réception qu'ils en ont reçue et déclarent qu'ils continueront à siéger à Birmingham'-. » Mais, comme il craint peut-être

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