‹ L'évolution du Chartisme, 1837-1839Chapitre 46 sur 65 · Le 8 juillet · texte numérisé non relu

Le 8 juillet

secrélaire de la Couvoiilioii dil (iiiil ne voit pas ravantago (pi'il peut y avoir i)oiir la Convention, comme la affirmé Moir, à se trouver |)r('S de la Banque : « Il suffit (|ue nous exprimions à nos commetiants notre désir de les voir convertir leur papier en or pour que celte conversion ail lieu. Notre ordre sera obéi tout aussi bien que s'il vient de Londres. De plus je pense qu'en déplaçant le siège de la Convention, nous ferions preuve dindécision de caractère et nous marquerions que nous n'avons pas apporté assez de circonspeclion dans nos décisions avant que de les adopter. Certes-, si jamais il a élé nécessaire de venir à Birmingbam, il est nécessaire aussi que nous y restions plus longtemps que nous ne l'avons encore fait. » C'était là le seul motif raisonnable que Ion put faire valoir ; il était dicté à Lovelt par le bon sens et la droiture de son âme dhonnéle homme. Lovett a le sentiment, ignoré des autres Conventionnels, de la constance dans les paroles et dans les actes, nécessaire à toute assemblée qui veut s'assurer le respect et l'autorité. Le secrétaiie de la Convention veut éviter à celle-ci le l'idicule de « porter loi bo)inct de fou sur la tête ». Depuis la séance du 10 mai, Lovett s'est ressaisi et le débat sur la grève générale montrera encore sa prudence et son habileté.

Après lui,Neesom reprend les théories d'O'Connor : « Selon moi la population de Birmingham a une plus grande confiance dans la Convention (|ue celle de Londres ; je pense que nous pouvons donner l'ordre des mesures ultérieures aussi bien (h; Birmingham que de tout autre endroit... Le peuple est déterminé à ne pas attendre plus longtemps pour obtenir ses droits politiques ; et en vérité il saura les conquérir pacifiquement, s'il le peut, et par la iorce, s'il y est obligé. Je sais que le sentiment général est favorable à une action immédiate conformément au manifeste » Collins veut donner satisfaction aux ])artisans de l'action immédiate et limiter les risques en restreignant les ordres de la Convention aux mesures les plus inotfensives : « La crise est arrivée, dit-il : les banques sont aux prises avec les plus grandes diflicullés. Mon opinion est cjue nous jjerdrions notre temps si nous ne voulions l)as concentrer notre attention sur une ou deux mesures ultélieures. Je suis partisan de faire vite ; il ne faut pas de longues heures pour placarder par toute l'Angleterre les conseils de la Convention au peuple : la descente sur les banques et l'abs-

lention de tout arliclo soumis à l'accise sont, plus (\no [oiites les autres, les deux mesures capables de pi'ovoquer une grande agitation. »

Ainsi se poui'suivent ces discussions dont nous reproduisons lldèlement la contusion ])our donnei' l'idée exacte de ce qu'étaient ces séances criti(|ues de la Convention. Chacun pai'le selon son tempéi'ament et malheureusement, sauf Lovett qui consulte sa raison et deux ou trois modérés ol)éissanL à leur bon stMis, ces hommes n'écoutent que leurs inslincls, les conseils de leur seiisibililé aveuglée, ou les intérêts de leur and)ition.

La motion Bussey repoussée, la Convention adopte une proposition du 1)'^ Taylor par laquelle elle s'engage à se réunir à Londres le mercredi 10 juillet. Le même jour, le 2 juillet, les délégués rendent compte de leurs missions. Pour la plupait ils se répètent. Dans le comté d'Ayrshire, à Leicesler, à Nottingham, à Derby, à Liverpool, le peuple est prêt à obéir aux ordres « légaux et constitutionnels >> de la Convention, dit Craigh, et le manifeste a été adopté avec une surprenante unanimité, déclare Deegan. Puis c'est Cardo : « A Penzance, dans les Cornouailles, le peuple retire son argent des Caisses d'Épargne ; les pauvres mineurs, qui ne gagnent que cinq shillings par semaine et qui ignorent les choses de la politique, ont décidé de mettre en application les principes du manifeste '. » A Leicester, selon Dean, le peuple est impatient d'en arriver aux mesures ultérieures. A Bath, à Bristol, à Cheltenham, dans le Wiitsliire, le Somersetshire, et le Leicestershire, Neesom prétend que le peuple attend la mise à exécution des mesures ultérieures et n'est [)as disposé à attendre longtemps.

Le discours d'O'Connor, rendant compte de sa mission, est un nouvel exemple de ses procédés de bluff : « Aux meetings de Peep Green, de Birmingham et de Kersallmoor, plus d'un million d'individus ont décidé de conquéiir le suffrage universel par la force morale, s'ils le peuvent, sinon par la force physique. Nous avons créé une opinion publique, nous Pavons organisée, il ne nous reste plus qu'à la diriger... Nous nous trouvons dans une position si forte que nous pouvons dire aux whigs : donnez-nous le suffrage universel ou sinon nous le prendrons. » Si l'on en

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