Nortkern Slar du 20 juillet, \>. ti, et Lovett, p
siguéc par Télite de la classe ouvrière, et non par des vagabonds et des voleurs : plus d'un million dlioninies, sachant écrire, ont déclaré qn'il y avait un vice dans la législation. Atwood affirme que la situation économique du pays n'est qu'une déplorable illusion ; car, si l'on objecte les énornu's richesses et les superbes fabriques que le pays possède, tout cela n'est qu'apparences aussi vaines qu'une noix creuse ou une bulle de savon : malgré les beaux discours que font sur leur prospérité commerçants et industriels, les quatre cinquièiues d'entre eux ne tirent aucun profit de l'argent qu'ils ont investi dans leurs afTaires et, en faisant appel à leur capital i)Our échapper à la faillite, ils courent fatalement à la ruine : ce n'est pas là prospérité, ce n'est qu'apparence de prospérité. C'est donc sur la situation industrielle créée par la crise de surproduction qu'Atwood s'appuie pour justifier le mouvement chartiste dont il essaie de mettre en relief le facteur économique. Les pétitionnaires cherchent un remède à cette situation et ils ont la conviction que le seul remède est le suffrage universel. La Chambre des Communes, telle qu'elle est constituée, ne peut comprendre les besoins de la classe ouvrière : « les loups ne peuvent représenter les brebis, ni les éperviers les pigeons, de môme aussi les riches ne peuvent représenter les désirs des pauvres. » Mais Atwood tient à affirmer ses intentions pacilistes et légalilaires : c'est seulement par les méthodes légales que le peuple entend conquérir le suffrage universel.
Le discours d'Atwood, qui, étant donné les circonstances dans lesquelles il était prononcé, ne nous paraît pas si malhabile, ne devait ni satisfaire les Chartistes ni convaincre les députés des Communes. Voici (!n rpiels termes la Natihcrn Star a|)précie ce discours: «La manière dont M. Atwood a mêlé à la question géiuh'ale ses idées favorites et ses projets habituels sur la circulation monétaire, a permis au secrétaire d'État à linlérieur de combattre les opinions de M. Atwood en citant les opinions opposées des autres Chartistes sur le même sujet... Comme M. Hume le lui a bien rappelé (à Atwood), la pétition ne réclame ni papier-monnaie ni abrogation des lois sur les blés ni abrogation de la loi des pauvres; elle demande smlement l'envoi à la Cliambredes Comnuines d'hommes (|ui soient ()rèts à abroger toutes hîs mauvaises lois. Le désii' de M. Atwood de justifier ses anciens associés et de rester bien avec son groupe, tout en allant assez loin pour s'acquittei' de sa promesse au pays, l'a amené à perdre de vue la question et à saisir
l'occasion de faire de la pétilion nationale une béquille pour sa marotte inflationniste'. »
La Northern Star prétend faire peser sur Alwood toute la responsabilité de l'éc-bec que subit la pétition. En réalité, si les pétitionnaires avaient choisi pour avocat un homme que ses théories monétaires rendaient suspect, les Chartistes eux-mêmes et les Conventionnels avaient déjà compromis la cause par leur attitude, par leurs paroles et par leur violence. C'est ce que prouve le discours de lord John Russel en réponse à Atwood. Sans doute le secrétaire d'État à l'intérieur s'attaque à l'idée qu'il existe un lien entre la crise industrielle et le système de représentation ; il prétend que le suffrage universel ne serait pas un remède aux fluctuations qui sont la conséquence de la situation manufacturière et commerciale de l'Angleterre; carie suffrage universel serait impuissant à assurer la stabilité de l'équilibre économique et l'accroissement des dépôts dans les caisses d'épargne est là pour prouver la prospérité réelle du peuple. Mais lord John Russel cherche surtout à compromettre les Chartistes devant la Chambre des Communes et à dissiper l'impression favorable qu'aurait pu faire la profession de foi légalitaire d'Atwood ; très habilement il félicite Atwood de ses bonnes intentions pacifistes; et il ajoute que celles-ci sont démenties par les orateurs chartistes dont le langage est aussi violent que celui des pires révolutionnaires de 1793 : l'épouvantail de la Révolution française est agité aux yeux des députés par lord John Russel. A son avis les 700,000 individus qui possèdent le droit de vote représentent mieux la nation que les pétitionnaires; ceux-ci ne sont à peine que 1,280,000 contre six millions d'individus qui n'ont pas exprimé leur opinion : certainement cette imposante majorité ne partage point les idées de ces pétitionnaires chartistes. petite minorité de communistes pai'tisans d'un partage égal de la propriété. C'est là dans la bouche de lord John Russel une expression grossière des intentions socialistes qui inspirent les revendications démocratiques du charlisine ; mais, parce que cette affirmation des visées sociales du chartisme devait frapper les députés du parlement capitaliste comme une menace contre les intérêts qu'ils représentaient, elle était certes l'argument le plus fort que lord John Russel put faire valoir pour réunir contre la Charte du peuple une majorité de cent quatre-vingt neuf voix.
l. Northern Star, 20 juillet : c'est aussi l'opiniou de Lovett, p. 223.
Aussi ne s'étonnera-l-on pas de voir la motion d'Atwood, demandant la prise en considération de la pétition, rejelée par deux cent trente sept voix contre les quarante huit voix des députés radicaux dont quelques-uns, dit Lovett, avaient parlé, mais dont la plupart s'étaient contentés de donner à la Charte un vole silencieux ^ Ce rejet, auquel cependant les Ghartistes devaient s'attendre, eut pour effet immédiat de les exaspérer davantage et de pousser les troupes à des émeutes et les chefs à un acte de Iblie, le vote de la grève générale.
ABirmingham « tout avait un asi)(;ct somhre et menaçant» ; l'armée et la police parcouraient les rues, dispersant la foule- sans craindre de blesser curieux et manifestants, accueillies du reste parfois à coups de pierres et obligées de charger; la loi martiale avait été proclamée et toutes les public houses avaient reçu Tordre de fermer à huit heures. L'effervescence populaire était grande lors(|ue le lo on apprend que le cautiounemeut de Lovett et de Collins a été accepté et que ceux-ci vont être remis eu liberté : ils sont attendus le soir et cette nouvelle a vers huit heures attroupé le peuple sur le Bull Ring. « L'apparition soudaine de la police sert seulement à exaspérer la foule jusqu'à la fureur^ ». Un cri s'élève : Eteignez le (jaz. Les becs de gaz sont éteints en présence de la police impuissante ; puis dans rohscuriti! la foule se rue sur les boutiques de [)ei'sonnes « qui s'étaient rendues coupables aux yeux du peuple par leur conduite récente '■ » et elle y met le feu. Bientôt les flammes jaillissent de l'épicerie Bourne et de celle de Dakin et >'aden, de la maison d'un marchand de pltmies et de matelas, de celles du droguiste Banks et de l'orfèvre Horion. La populace entre dans les boutiques, liis vide pour en [)urter les (lé|)ouilles, comme un trophée, sur le Bull King ou des feux de joie sont allumés sans qu'il soil ptM-misaiix pompiers d'approcher; en même temps, sur quatre aulrt;s points de la ville, se déclarent des incendies : « Le pi'upl<\ dit (iammage ', monti-a un désinlt'ressejnenl digne de toute admiration. Li.'s marchandises, ménu! li's plus pn'cieuses, ne tentèrent pas un moment sacupidili'. Il foula aux pieds la magnilique
1. Lovett, <»/<. tw7., |i. ±i:>: « L<jril llussi'l ne sn fit pas sciupiile dt; |iiésf'iitcr coirtie los ptilitioiiiiaiiiis toiitHs suites d'accusation» fausses et violentes, les aicusant de désirer un |)arta;.'e éiral de la luopriété. »