Sorlhern Hlar du 20 juillet
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Le vote de la grève générale devait être aussi la constMiiience dn rejet de la pélitioii el |)Iiis encore des engagenicnls anlérimrs. Dès la première réunion de la Convention à Londres, Cardo et Neesom en avaient demandé la discussion immédiate; mais le D' Fletchei*' avait fait repousser cette motion. Le lendemain même de la séance de la Cliambre des Communes, le 13-, la Convention se réunit au cabaret de Boit Court, Fleet Sireet, à l'Honourable and Ancient Lumber Troop, pour discuter l'opportunité de la grève générale. C'est Osborne qui préside; Robert Lowrey prend la parole : « Le débat de la Chambre des Communes a prouvé — s'il était besoin d'une pi'euve — qu'il n'y avait rien à attendre de ce Parlement pour le bien des classes laborieuses. Lord John Russel a osé déclarer que, dans la voie qu'elles ont prise, les classes laborieuses avaient pour instigateui's des personnes guidées par des motifs mercenaires. {Marques de profonde désapprobation. \ Par celte déclaration, Lord John Russel a avancé une accusation erronée. [Ecoutez. 11 a commis de sang-froid rien moins qu'une infamie gratuite [Applaudis.sement.s, le mensonge le plus mal fondé que j'aie jamais entendu. Plus n'est besoin d'adresser â la Chambre des Communes de nouvelles pétitions. La Belgique et l'Amérique n'ont conquis leur liberté que lorsqu'elles ont su la prendre ; et le peuple de ce pays n'obtiendra jamais la sienne que lorsqu'il saui'a s'en empai-er. iVifs applaudis-'^emetits .) En ce qui regarde le mois sacré, pendant lequel les classes laborieuses s'entendront pour cesser en masse tout travail, le point le plus important à considérer est la détermination de la meilleure date. J'ai voyagé à travers l'Ecosse, dans le Cumberland, le Westmoreland et j'ai trouvé que les Chartistes de ces régions étaient d'avis que la grève générale devait commencer quand le blé serait mûr et les pommes de terre prèles à butter. Conformément à leur opinion je proposerai donc la résolution suivante : La Cliambre des Communes ayant refusé de |)rendre en considération la prière de la pétition, il est vain d'attendre une réforme de cette Chambre ; la Convention nationale est donc d'avis que le peuple ne continue pas à travailler
1. Sort hem Star du 13 juillet : le D' Fletchcr s'était vigoureusenuMit opposé à cette motion ; il consiiléiait cette li;\te comme prématurée, puisque la couvenlion avait décidé de lixer la disciissioii au l.'J et ce ne serait pas correct à Téiranl des rneridires de la Coiiveutiou (jue (pielque entpùclieuiciit n'avait pas permis d'étie a Londres ce jour là.
2. La Xorlkern Star du 2Û juillet dit le sameili 14 [sic), mais r'esl la évidemment une erreur d'impression, car le 12 était un vendredi et la Gouveutiou ne Uni certainement pas séance le dimanche.
après le 12 août à moins que d'ici là ne lui soit accordé le droit de voter pour les membres du Parlement et d'assurer ainsi la protection de son travail. » La discussion commence, mais elle est interrompue par un message d'Atwood et de Field(Mi « (jui désirent avoir une entrevue avec une députation de la Convention sur des questions de grande importance. » A leur retour de Panton square, les délégués choisis racontent leur visite aux deux députés : Thomas Atwood conseille aux Chartistes de continuer leurs pétitions et il leur reproche d'avoir nui à la cause par les paroles de violence qui ont été prononcées dans les meetings. Le conseil est accueilli par des rires et le reproche repoussé par la Convention qui se déclare irresponsable des actes de certains individus, et qui aurait pu rappeler à Atwood qu'il avait été un des premiers à prendre riniliativc des discours inconsidérés.
Le débat sur le mois sacré est repris. La lecture d'une lettre du D'' Taylor, disant que dans les districts manufacturiers l'organisation des Chartistes pour la prochaine grève générale fait des progrès aussi rapides que les flammes dans une maison en feu, encourage les partisans du mois sacré. Cependant cette mesure n'est pas sans l'encontrei- de la part de certains Conventionnels une opposition |)lus ou moins enveloppi'C. C'est ainsi ([ue Deegan, qui déjà, dans la séance dn 8. avait essayé de faire écarter la grève générale, dit que la Convention doit agir avec circonspertiou si elle veut (ixer le jour convenable : « Souvenez-vous, dit-il, (|uun certain nombre de maris démocrates ont des femmes démocrates qui forceront leurs maris à travailler pour leurs enfants démocrates. L'un des j)récé(lents orateurs vous a rt^commandt' d'attendre jus(|uà ce que les pommes de terre soient mures, je suis d'accord avec lui, car je suis très amateur de pommt;s de terre et j'aime tout particulièrenient ce légume. » Moir montre à la Convention la gravité de ce débat : « La question que discute l'Assemblée est de première importance : un mois sacré, avec une complète cessation de travail, ne sera ni plus ni moins que le commencement d'une révolution. (Cris de écoulez, écoutez.] Si nous ne prenons pas un soin tout particulier poiu- créer une bonne organisation dans tout le pays avant que la grève soit déclarée, nous • 'cliouerons dans nos desseins. L;i urève doil être giMiérale, autreiM'iil nous risquons (i";d»allri' les maisous de ceux <iui nous sont opposés et de sacrilier- de uombreuses existences, sans r<'ussir
néanmoins à conqiuM-ir nos droils. Je peiiso (itie nous devons délibérer longuement el séi-iensemoni sur un lel sujet. Je pense que nous devons cousacror touti» la seuiaiue a prnnire en considération une question aussi importante. »
11 ne pouvait maïKjuer dt; se i)ro(luiro une surenchère et quelqu'un propose comme date le ^"2 juillet au lieu du 1^ août. La discussion sui- le mois sacré est remise au lundi 15 et est reprise, le mardi 16', sous la présidence de Mealing : la Convention donneral-elle Tordre aux classes ouvrières de cesser simultanément tout travail pendant un mois? Flelcher ne fait point d'objection à la déclaration de grève générale quoiqn'à son avis seuls les Comtés de Westmoreland, de Cumberland, d'York et de Lancaster répondront à l'appel de la Convention. Bury pense que le Cbartisme ne peut rencontrer l'unanimité que dans les rangs des ouvriers les plus mal payés : les hommes qui gagnent 30 shillings par semaine ne se préoccupent pas de ceux qui gagnent 15 shillings et ceux-ci se soucient aussi peu de ceux qui gagnent 5 et 6 shillings par semaine ; il y a une aristocratie parmi les travailleurs comme il y en a une dans la bourgeoisie et dans la noblesse. Comme l'avait désiré Lovett, le prudent Bury voudrait que la question du mois sacré l'ut remise aux soins d'une Commission. Plus pressé et d'autant plus arilent démocrate sans doute qu'il représente une ville de luxe, Osl)orne, le délégué de Brighton, demande que le mois sacré commence le lendemain même, car, plus tôt la grève commencera, plus grandes seront les chances de succès. Au contraire Richardson s'oppose vigoureusement au projet : les manufacturiers considéreraient comme une aubaine que leurs ouvriers proposent de faire grève. Cependant la résolution Lowrey est adoptée. Le mercredi 17, le D"" Taylor propose qu'un comité de huit membres- soit nommé pour délibérer sur les moyens les plus efficaces de faire savoir au pays que la Convention a ûxé au 1^ août la date de la grève générale et pour prendre toutes les mesures possibles afin d'amener la nation à agir de concert avec elle ; le jeudi 18 ce comité est nommé''.
1. iVo/-//ipr« s/a?' (lu 27 juillet 1839. La Xorl/iern Star se troiii|H" ici eiirore de (Jate puisqu'elle parle du mardi 18 juillet el que le mardi est le 16 ; il n'y ;i pas dans la Norlliern Star de compte rendu de la séance du lumli l."i; y a-t-il eu séance ce joui-là ?
2. Northern Star n'indique pas les noms de ces liuit déléirués.