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2. Cependant rieu dans la rédaction du niaiiifest.' niiidiiiuc une distinction entre la grève générale et les autres mesures.
ramendement. » Est-ce exact? Dans le compte rendu de la Northern Star, il n'y a pas un mot qui révèle cette opposilion et il serait bien étrange que la Northern Siar,(\\\\ exaile et amplide d'ordinaii'ê tous les laits et gestes de son inspiraleiir. ail justcinciit oublié de signaiei' le discours qiu^ Feargus aurait pronoiirt'' eu ce seus. Feargus avait pris la parole pour ap|)uver la uioliou Taylor et, avant que Bussey ait présenté son amendement, il avait déclaré : « Tant que nous n'aurons pas le mois sacré, nous n'aui'ons pas le suffrage universel ». Si maintenant on lui rappelait cette parole, il pouvait en donner toutes les interprétations qu'il voulait, puisqu'ensuite, si l'on se fie au compte rendu de la Star, il s'était tenu coi pendant le reste de la séance, préléraul sans doute par ce silence prudent laisser aux autres la responsabilité de prendre IVruioinent posilion. Et précédemment, entre raulouiue de 1887 et le printemps de 1839, la Northern Star n'avait-elle pas maintes fois préconisé la grève générale et Feargus lui-même n'avait-il pas vanté celte mesure? Mais est-il nécessaire d'insister davantage sur les piperies du démagogue irlandais? La psychologie d'O'Connor est maintenant trop évidente et on sait avec quel art cet habile prestidigitateur fait disparaîlre ou reparaître la muscade aux yeux éblouis de Deuios.
Ce plaidoyerp'o domo, qui n'est guère fait pour nous convaincre, ne doit pas nous faire douter de la réalité des trois ai'guments que Feargus développe contre le projet de grève généi'ale pour en dissuader, s'il est besoin, les travailleurs chartistes. Bien que la résolution Lowrey ait obtenu à la Convention une majorité, si l'on pèse les voix, la balance n'est pas égale et la vraie majorité paraît être la minorité opposée à la fixation de la grève au \'i août, puis<jue celle-ci comprenait les délégués représentant les districts les plus im[)ortanls par leur population ouvrière; voilà une première et très forte raison décarter la grève générale. Les deux autres ne sont pas moins décisives : le pays n'est ni préparé ni |)rét à la faire et les cons<''qu(!nces en seront d<'plorables.
Et tout d'abord, si l'on considère le vote, la résolution Lowrey n'a eu qu'une voix de majorité : « C'est donc à une seule voix dit Feargus OCoiinor, que le destin du pays et de la cause a élé décidé*. » Quelle faible majorité' non seulement par le nombre des voix, mais par l(!ur poids ! L'importance représentative des Conventiouufîls, <iui sont opposés à la résolution, l'emporte de beaucoup sur celle des j)ai'tisans d(; la grève géut-i'ale. En ell"l contre la
résoliilion se Irouvairnl, dnhord les seuls représentants du Yorkshire, Biissey, Pilkt'illily et Feargiis O'Coiinor; John Frost, le délét,nié des Gallois, Diiiican et Biirns les seuls délégués écossais se trouvant alors à la Convention ; Smart et Woodliouse représentant les vastes comtés de Leicesler et de Nottingham « où régne cependant le paupérisme », James Taylor de Rochdale ; Cai'penter qui, avec Warden, représentait Bolton ; et le représentant du comté de Durham, Knox. Pai'ini les opposants, Feargus signale encore Ricliai'dson, le délégué de Mandiesler ', connu cependant pour être un adepte de la force physique ; Bronterre O'Brien « devenu grâce à huit années d'une expérience sans écarts le maître d'école de l'opinion publique » ; auxquels il faut ajouter le docteur Fletcher : « l'homme le plus distingué de la Convention et l'un des plus fermes patriotes de l'Univers a déclaré qu'elle était impraticable si tous n'étaient pas prêts à la fois » ; car en l'esprit de Fletcher. qui avait yoté la date du l'a août, il s'était produit un revirement ti'ès rapide.
Pour prouver la faiblesse morale de la majorité qui a voté la résolution Lowrey, Feargus montre qu'elle avait contre elle les représentants des districts industriels du Nord et du Nord-Ouest qui forment le gros de l'armée chartiste « le cœur et l'âme du mouvement » ; mais, en tenant compte aussi de la valeur et de la notoriété des hommes et non pas seulement de l'importance numérique des circonscriptions représentées, le protagoniste de la démocratie intégrale ne porte-t-il pas à la loi implacal)le du nombre une atteinte contraire aux principes?
Les tenants de la gi'ève générale, qui avaient voté la résolution Lowrey, étaient au nombre de treize : il y avait parmi eux les délégués de Marylebone-, de Lambeth, de Southwark, de Bristol ^, de Brighton '*, de Bath • et de Hyde dans le Cheshire : « Or, dit Feargus, ces sept Conventionnels, qui formaient la majorité des treize, représentaient des circonscriptions électorales dans lesquelles, je puis l'assurer, à l'exception de Bristol et de Hyde, il n'y aurait pas eu plus de cinq cents grévistes. Et alors pouvons- nous
1. Feargus O'Corinor semble dire qu'alors Ricliardson ne faisait plus partie de la Convention; mais à quelle date a-t-il donne sa démission? C'est ce qu'il n'a pas été possible de retrouvei'.