Mealing
permottre anx votes de ces collèges électoraux, nullement organisés, de détruire le bloc comprenant le Nord, les comtés du Contre et l'Ecosse? » Feargus oublie de d'wo que le délt'gué d'Hyde était ce Deegan (|ui, dans la séance du 8 juillet, sf'tait fait r('niar(|uer par son op|)osilioii à la grève générale. A ces sept d(''légiH''s s'étaient joints quatre autres Conventionnels qui avaient voté la résoliiiion Lourey en déclarant « qu'ils n'avaient aucun espoir de voir leurs districts obéir à 1 ordre de la Convention )>; on voit par là l'inconséquence de ces bommes et Tétrangeté aussi des motifs qu'ils faisaient valoir pour justifier leur vote : l'un d'eux, Skevinglon, n'avait-il pas donné cette raison que, puisque son collègue Smart ' votait contre, il devait voter pour, car il était naturel que tous deux dilTérent (pielquefois. Sur les onze voix énumérées, neuf représentaient des circonscriptions dans lesquelles il n'y aurait |)as eu de grévistes et qui n'auraient pas suivi l'ordre de la Convention ; si bien qu'on peut dire que la grève générale n'avait en léalité réuni que quatre voix, celles des délégués de Bristol et d'Hyde et celles de Lowrey et de Fletcber. Mais justement Feargus, dans sa lettre du 81 juillet, prétend que « Mr. Lowrey et D' Fletcber qui votèrent pour la grève générale y sont maintenant opposés parce qu'ils croientquece serait une banqueroute ». Encore faut-il ajouter ([ue dans cette séance du 1(5, Birmingliam n'était i)as leprésenté : aussi peut-on se demander avec O'Connor" si la plus importante mesure qui ait jamais été soumise à la Convention devait l'être à la réunion la moins nombreuse de celte Assemblée et pendant l'absence inévitable de beaucoup de membres «.Quelle majorité de basard et de fortime que cette majorité ([ui, sur treize voix, comprenait cinq Conventionnels représentant des circonscriptions illusoires et quatre qui savaient que leur vote ne serait pas suivi d'effet !
Celte analyse de la majorité qui a voté la grève générale coiuluil à une double démonslralion : en même temps qu'elle met en relief la faiblesse de cette majorité, elle prouve aussi que le |)euple n'était pas |)rèt au mois sacré'-. Et, même si certains Conventionnels ont pu croire de bonne foi a la possibilité de mettre ce projeta exécution, c'est qu'ils oui manqué de discernement et qu'ils ont commis
\. Smarl et Skovinf:ton rcprrsentaicnt tous doux Lotigliboionzli.
2. Fi',ii>riis O'Coiiiinr, li-Ure du .il juillet : dans les nombreux nieetitiijs au\(|uel« il a assisté, le \)' Taylor a répète s.ins resse qu'il ti'a pas trouvé une seule fois le i)euple préparé au mois sacré.
l'erreur de prendre pour l'expression du sentiment général des classes ouvrières les serments de quelques-uns : parmi les travailleurs une minorité seulement est disposée à la grève générale et encore pour la plupart d"entre eux faul-il considérer leur promesse de cesser le travail comme condiliomiolle. « Croyez-vous que les hommes qui gagnent lo, ^0 et "io shillings par semaine soient prêts à faire la grève générale ? Je dis que non, et alors qui sera sacrifié ? La réponse est facile. Ce seront les plus décidés, les plus résolus et les plus opprimés qui feront grève. En vérité, la tyrannie des maîtres a forcé depuis longtemps beaucoup de travailleurs à rester sans rien faire, et quelles garanties ont ceux-là qu'il se produira une cessation générale de travail? Les témoignages en faveur de la grève que nous avons reçus vont jusqu'à dire ceci : « Si cette ville fait grève et si cette autre ville encore fait grève, nous ferons grève «, mais pas autrement. Considérez aloi's la i)osition dans laquelle les plus braves, les plus opprimés se trouveront placés : d'abord complètement à la merci de leur camarades plus fortunés et ensuite, dans le cas d'un insuccès, à la merci des maîtres qui neuf sur dix considèrent le projet comme une bonne aubaine. »
Cet essai de grève générale aura pour eflet immédiat de combler les désirs des employeurs, de renforcer leur puissance, et les conséquences en seront désastreuses ; cest Feargus qui Taftlrme : « Je ne vous ai encore jamais averti, mais aujourd'hui je vous avertis solennellement que cette tentative pour faire grève pendant un mois aura pour résultat soit de soumettre plus que jamais les travailleurs au joug de leurs maîtres, soit de se terminer par des luttes partielles, courtes et sanguinaires dont la conséquence sera de donner licence à tout homme riche de tuer autant de pauvres gens qu'il lui paraîtra bon. . . Je sais que beaucoup qui meurent de faim disent : « nous ne pouvons attendre, nous n'attendrons pas ». Montrez-moi que le résultat ne sera pas de les conduire à une plus longue attente et alors je vous donnerai de tout cœur mon concours. Je ne fais que vous conseiller : c'est à vous de décider... Vous devez comprendre qiu3 mes paroles reposent sur les impressions qu'ont rapportées les délégués de leur contact avec le peuple et sur les témoignages directs de nombreux travailleurs. . . Si je pensais que vous puissiez vivre en paix de quelque manière que ce soit et sans vous exposer, vous et vos familles, à de plus grandes priva-
lions je vous dirais : Marchoz. Mais vous savez, vous savez tous que le i)onlanger ne cuira plus son pain, (|ug le boucher ne luera plus et que le brasseur cessera sa fabrication ; et alors qii'adviendra-til de millions d'êtres affamés '?. . . Je ne poui rai jamais, sûr de mou propre dîner, recommander un projet qui peut amener des millions de travailleurs à moui-ir d»^ faim. Non, je j)rélèrerais aller à la bataille, je i)réft'rerais fout braver pliiliU que (rentendrc le cri de pauvres afïamés, vos cris et les cris de vos enfants, et de savoir que ma folie en a été la cause... Miséricordieuse providence ! jamais un mouvement a-l-il proj-ressé comme le nôtre? pourqimi maintenant le retarder par un projet improvis('' ? Je vois le Suffraf>e Universel tout proche et je redoute le tort quiiii acte de folie peut faire à notre cause. Travailleurs, avatïl (jue de mus laucer dans cette entreprise, é(/alisez le danf/er puisqu'aussi bien le bénéfice doit être universel. Ne vous lancez pas dans une entreprise partielle, car, si vous le faites, les courageux succomberont tandis que les lâches les remplaceront à Venchime, au métier ou à Vctabli. » Pour une fois, le « fidèle ami et fidèle serviteur^ des travailleurs y montre à ceux-ci le danger précis auquel ils s'exposent en suivant l'ordre de la Convention : ceux (|im feront grève se verront i'em|)lac(''s par (Taulrcs, sansijiril en ri-siiKc aucun IxMK'ticc puisque dans le pr(d(''tariat il existe uut; armée de rtlsiu-vc - destinée à pei'uiettre aux indusIiMcls d'abaisser le niveau des salaires et de vaincre toutes les tentatives de résistance ouvi-ière.
Feargus O'Connor conclut en disant (|u'il convieul de renoncer au mois sacré; mais, comme il ne veut pas avoir l'air (h; st; contenter d'une conclusion négative, il propose de substituer à la grève générale un « llolida;/ » de trois jours pendant les(|in'ls les plus fortunt''s contribueront a la subsistanceet a Tenlretien de ceux (jui ont (''ti' '( n'diiils au i)auperisme par le système ». Kl le dt'Uiagogue irlandais acconq)agn(! cette proposition des protestations dithyrambi(iinis de son dévouement à la cause des travailleurs; il en [)r()lile pour se faire valoir aux yeux du peuple en faisant son propre panégyrique : « Qu(d est l'homme du mond(( (|ui peut se réjouir davantage de la perspective du succès ? puisque j'ai été rinstrurnent pi'incipal et le cr(''atenr du mouvement, (piel homme
1. C'est par' ct'S mois (|n<! l"'L'ar,L,'us O'doiiiior lait prijci'ilcr sa sigiialmc dans celte lettre «Jii :<! juillet.
2. Voir article de la Hevue d'/ilsluire des Doctrines, ii" 1, de l'U 1.
peiil s'intéresser i]avaiitage à son heureuse et rapide ivtissite ? Je suis un otage entre k-s niaine des classes iahorieuses auxciuelles je dois prouver ma sincérité : n"ai-je pas plus dune fois promis au peuple que je conquerrais le Suiïrage Universel ou que je mourrais dans la lutte ? Toules les minutes de mon existence, depuis les origines de l'agi tafion, ont été un lourd fardeau et ma vie aurait pu èti'e obtenue à bon marché si je n'avais pas cru que le peuple y attachait qiiol(|ue i)rix. Depuis le 6 août', depuis que nous avons fait alliance arec k'S hommes de Bii'mingham et autres traîtres, toute parole prononcée par quelqu'un des chasseurs de [)0[)ularité m'a été attribuée, et, lorsqu'ils étaient atta(jués, ne les ai-je j)as défendus aux dépens de ma vie 1 Nos nouveaux associés, l'un après l'autre, nous ont abandonnés ; sur moi et sur moi seul, ils ont laissé retomber le poids des responsabilités et il m'a fallu répondre de leurs paroles de Yiolence et de leurs actes de folie. Si Birmingham est mis à feu, la presse m'en rend responsable. Si des émeutes ont lieu, toutes les responsabilités sont placées sur mes épaules. Tout cela et plus encore, je suis prêt à supporter plutôt que d'alTaiblir la cause en prophétisant mal du leader. Ma vie elle-même dépend du succès de la cause. Si je déserte ou si je tergiverse, aucun assassin ne méritera mieux la mort, aucun homme ne sera plus sûr de la recevoir immédiatement. N'ai-je donc pas alors le droit de donner des avis et des conseils à ceux au service desquels j'ai consacré le printemps de ma vie et à la cause desfjuels j'ai ti-availlé comme jamais auparavant aucun homme n'a travaillé? Certes ; et ne vous méprenez pas maintenant sur mes [)aroles. car si le peuple persévère, je serai avec lui à l'endi'oil du plus grand danger. Mais je ne suis pas homme a restei" honteuseuuMit tranquille, lors(jue la plus glorieuse de toutes les causes, la cause de la liberté^ est mise en péril par une fausse démarche. »
En lisant ces paroles, en entendant le démagogue irlandais dire qu'il mériterait la mort s'il usait de subterfuges ou d'artifices et que sa vie est entre les mains du peuple, on voit Feargus, tel que le représente le poilvRû da Laboure)^'-, la. main droite largement ouverte, le bi'as gauche replié et la main sur son conir, protestant
1. Feargus O'Coiiuur veut parler de la ifiaudc maiiifi.-statiiin cliaitistt- du 6 aoùl 1838 {Norlkeni Star du II août 1838). Voir A{e/'/te r/e Si/nlUètse historique de fi-vriei' Util, p. "jlj et .^7.
2. Portrait qui se trouve en tète du vol. H du Laliourer, a inonl/il'j Maçjazine, edited by Feargus O'Gonnor aud Eruest .loues, Lnndou. Mauciinsler '^-/*47).
de son dévouement à la démocratie et de son amour pour les « Enfants du travail » ; c'est là un geste qui lui devait être habituel et qui sliarmonise très bien avec ses serments de fidélité, lorsqu'il jurait de mourir ou de conquérir le SuIVrage Universel. Feargus est l'homme (jui parle toujours de sa sincéi'ité et qui « n'agit jamais que selon sa conscience ». Quelle connaissance vi'aiment admii'able il a de l'âme populaire et de sa naïveté ; quel talent pour embabouiner les masses! Il est en ce sens un artiste. A première impression il ne paraît que merveilleusement souple et capable, grâce à cette souplesse el à un manque absolu de conscience, de s'ada[)ter à toutes les circonstances ; mais, iorsqu'après avoir réfléchi davantage à ses discours et à ses agissements, on regarde sa physionomie, on s'aperçoit (jue celle-ci, en voulant donner l'impression de la franchise, exprime surtout une extrême finesse qui se manifeste dans la bouche et dans les yeux. Les revirements d'0'{jonnor n'apparaissent plus alors comme de vulgaires volte-faces, mais on comprend (ju'ils furent prépai'ées longtemps à l'avance; on remarquera que, dans ses discours, il inti'oduit |)resque toujours des formultî.s à double sens ou encore parle assez longuement pour pouvoir développer le pour et le contre à une distance respectable luu de laiiti-e : c'est ainsi par exemple qu'il vantera tour à tour la force physique el la force morale afin de pouvoir ensuite, selon les événements, se servir de l'évocation précieuse d'une phrase pour déclarer qu'il a toujours été l'apôtre de la méthode conforme aux nécessités de l'heure. Grâce à celte tacti(|ue, il peut faire mieux que léaliser une adaptation loujours exacte de sa polilique a rop|)ortuuilé. il peut aussi profiter des initiatives des autres leaders el enlevei" à ceux-ci le mérite des mesures (ju'ils ont eu l'intelligence ou le courage de proposer les premiers ; il lui suffit de choisii' dans ses précédents discours la formule qui justifie son attitude actuelle et qui a sans doute été glissée par lui dans la pensée d'èlre utilisée un jour, si celle qui la précède ou celle qui la suit devient superflue ou est contretlite par les événements.
Dans sa lettre du 3! juillet, Feargus OConnor use d'une double habileté. Il accuse les autres leaders d'avoir pi'ononcf'' les pai'oles de violiMice et commis les actes d(! folie (|iii ont uni a la cause; il dit (pi'on chei'che à rejelei' sur lui la responsabiliU' de ces agissements dont il est innocent ; il se disculpe ainsi des discours qu'il
a pu lonir lui-même en feignant do cioiie que ces propos hii ont élé prêtés injustement. l*our une fois où il est amené à prèclier la sagesse, il se donne le mérite d'avoir subi, sans se plaindre, la calomnie : conlîscant pour lui même la vertu d'avoiiélé loujours le se(d sage et raisonnable, il i)énéficie d'une attitude (jui a été sans prolils pour les modérés. Puis, par un autre mensonge, il confisque aussi aux autres leaders, qu'il appelle « nos nouveaux associés», le inéi'ite d'avoir élé les initiateurs du mouvement et il les disqualifie en disant '■< les hommes de Birmingham et autres traîtres » expression dans laquelle il veut confondre tous les leaders qui peuvent lui porter ombrage et notanimentLovettet ses amis^ Feargus se donne comme le seul leader en qui le peuple peut avoir confiance, le seul ami et serviteur fidèle des travailleurs. Et il semble qu'en cette circonstance il agisse dans le véritable intérêt des classes ouvrières. Mais est-il en droit de se décerner des éloges pour le service qu'il a rendu aux travailleurs cbartisles ou seulement pour l'habileté consommée avec laquelle il a servi ses intéi'éts ? Après avoir été l'un des premiers protagonistes de la grève générale et après avoir par son journal poussé le peuple à s'enthousiasmer pour le mois sacré^ a-t-il eu le mérite d'être le premier à détourner le peuple de celte aventure en lui montrant qu'il nest pas prêt? Malgré les mensonges dont il accommode son conseil, n'y aurait-il l)as quelque courage de la part de Feargus O'Connor à être le promoteur d'une réaction contre le vote de la Convention, à se servir de sa grande influence pour détourner le peu|)le de cette entreprise et à y risquer peut-être même sa réputation ?
Feargus O'Connor n'a pas été le premier à insister aupiès de la Convention pour la faire revenir sur sa résolution, il craignait trop de se compromettre aux yeux de ses imitateurs et d'encourir les critiques des autres démagogues. Cet acte de fermeté et de sagesse est dû à un révolutionnaire, sinon de plus grande envergure, du moins de plus noble caractère : ce n'est (pi'après l'intervention de Bronterre O'Biien (pie Feargus a osé prendre nettement position et exprimer tout haut ce qu'il pensait secrètement. C'est que le « Leader » attendait les initiatives dont il savait profitei- : mais il voulait qu'on oubliât qu'il n'avait que suivi, car il avait l'intention d'escamoter le bénéfice (ne dira-t-il pas le ^0 août 1842 qu'il était
1. Sans les inmimer, il insinue, ilans un autre passage de sa lettre, ijue les délégués de Londres poussent à la grève générale.
resté seul en 1839 à s'opposer à la grève générale ?) ; il surenchérissait en paroles et en actes et il pouvait prétendre ensuite qu'il avait été le premier inventeur d un llième, dune docti'ine ou d'une attilude.
L'intervention de Bronterre O'BriiMi sr produisit à la réunion du 22 juillet'. Ce jour là C:n'()entei' préside'; Smart, faisant fonction de secrétaire, communique à l'Assemblée une lettre « de l'Union des Démocrates français de Londres » exprimant leur sympathie au mouvement organisé en Anglelerre pour conquérir le Suffrage Universel ; puis le secrétaire donne lecture de la lettre de Frost, et la discussion commence sur un rapport d'Hetherington proposant une adresse aux classes moyennes. Bronterre s'y déclai'e oi)posé parce qu'à son avis les classes moyennes sont de plus mortels ennemis pour la classe ouvrière que l'aristocratie. On discute ensuite la question desavoir si cette adresse sera publiée immédiatement ; après une demiheure (l'interruption, la séance est reprise et Bronterre O'Brien se lève pour présenter une résolution relative à la grève générale : « Le peuple n'est pas prêt; la Convention est décimée parles désertions et les arrestations; au dehors, il existe une très grande variété d'opinions, et, parmi les délégués, un profond désaccord sur la grève générale. Telles sont les raisons (\m justifient l'attitude que je vais prendre. Mr. Frost, Mr. Carpenter, Mr. O'Connor et beaucoup d'autres membres influents do cette assemblée sont opposés à la grève générale. Il n'existe aucun témoignage qui autorise la Convention à conclure que le pays est préparé à cette entreprise. En vériti', il est sans doute du devoir de la Convention de pai'li('i|)ei' au danger, mais non pas de prendre pour elle toute la responsabilité morale qui pourra résultei'de l'échec et delà déception. Je serais prêt à coiirii- bien volontiers n'importe quels risques si je pensais que l'ordre de grève sera facilement obéi ; mais, comme je crains que seuls les courageux et les enthousiastes y obéissent et que ceux-là soient sacrifiés aux mauvaises dispositions des aufi-es. je supplie la Coiivenlion de s'arrêter dans cette démarche. J'ai fait une enquête dans les principales villes pour savoir dans (pielle mesure le peiipit; est prêt et
1. Northern Slar lUi 11 juillet. Unis rrUi- siaurr TiiUilu le ilc l-'eiii^us O'Cimiior est peu uellc et, selon son li.iltitmle, le «liscouis (|ii"il |noiioiice (livelDppe le jimir et le contre.
cette enquête ne mautorise pas à conclure que le jour dn mois sacré est arrivé. Les événements de Birmingham ont considérablement accru la force du Chartisme. Mais je ne puis ratifier ce vote' sans un très sérieux examen. Car, en supposant par exemple que, dans vingt ou trente villes, le peuple fasse grève, pourra-l-il être conteiui pendant tout un mois dans les voies de la légalité? Sans doute on pourrait trouver un nombre suffisant d'individus dans une situation assez désespérée pour les amener à donner le sigiuil de la grève sans songer aux chances d'insuccès. La grève générale est considérée comme le commencement d'une révolulion; et, si nous respectons ce vote, il s'en suivra nécessairement lune de ces deux conséquences : soit qu'après des émeutes partielles le peuple reprenne le travail, soit qu'il s'abandonne à des attentats contre la propriété, je me soucie peu de la responsabilité légale, mais je redoute les responsabilités morales. La Convention aurait dû laisser au peuple le soin de fixer lui-même le jour, car c'est lui qui est le meilleur juge et de ses propres désirs et de ses forces. Si le peuple adopte la grève, la Convention doit participer au danger ; mais, si nous confirmons ce vote (de la proposition Lowrey), nous ne pourrons pas remplir ce devoir, parce que le tiers des Conventionnels a déjà déserté ; un autre tiers sera en prison à l'époque du 1:2 août ; et est-il vraisemblable qu'un gouvernement veuille permettre aux autres de rester libi-es et de faire bénéficier le peuple de leurs conseils et de leurs directions? {Applaudissements.) En tous cas, il reste encore assez de temps poui' garder pour nous la date du 12, et, dans l'intérim, il n'y aurait eu ni dommage ni retard si le peuple confirmait la nécessité de fixer ce jour-là. Cette question a mis la Convention dans une situation difficile. Ce peut être un grand mal que de revenir sur ce vote ; mais la Convention n'a maintenant le choix qu'entre ces deux attitudes : ou désappointer ceux qui désappiouvent ce parti ou bien sacrifier des hommes braves et enthousiastes à l'entêtement obstiné de ceux qui ne sont pas éclairés sur celte question. Laissez le |)euple décider pour lui-même : exposez-lui les opinions diverses, en le laissant juge de leur valeur. J'ai lu le discours de M. Carpenter et je suis pleinement d'accord avec lui sur les sentiments qu'il y exprime. » Après les discussions incohérentes auquelles nous avons assisté,