Northern Star du 28 septembre
2. A Newcastle, le 29 février 1840, il ser;i .irinuitté, mais pou aiins au^ assises <ie Liverpool il sera coa lamaé à dit-imit mois d'emprisonnement.
grève yéuérale, tant souhaitée en paroles, avait été pour eux le conimencement de la sagesse. Le changeaient d'attitude de la part d'hommes comme Richardson, Bronterre O'Brien, le docteur Fletcher, la conversion de Robert Lowrey, la dissolution proposée par lenthousiasle docteur Taylor lui-mtMne et les motifs qu'en avait donné Bronterre, tout pi'ouve que les mesures énergiques du gouvernement et la répression systématique avaient eu pour efTet de calmer l'ardeur des esprits même les plus exaltés. Mais l'indifTél'ence des événements pendant les mois de septembre et d'octobre était mensongère et l'évolution allait s'achever, sur des larnjes et sur un sourire, par une tragédie qui devait coûter la vie ou la liberté à une poignée de soldats charlistes dune iiéi'oïque sincérité et par une comédie qu'allaient donner deux des grands chefs en repoussant une gloire qu'ils avaient si souvent appelée de leurs vœux.
Le 4, deux mille mineurs gallois', armés les uns de fusils et de pistolets, les autres de piques et de pioches, la plupart de gros gourdins, s'avancent vers Newport, dans l'obscurité d'une nuit de novembre. Ils marchent à travers la tempête, sous une pluie qui bat leurs visages, s'arrèlant de temps à autie aux publics-houses et, vers neuf heures du matin, ils arrivent devant l'hôtel de Westgate où le maire et les magistrats se sont i-éfugiés sous la garde dune compagnie du Ab" régiment. Les Chartisles commencent l'attaque en brisant les fenêtres et en tirant sur les soldats. Le maire lit aussitôt le Riot Act et donne l'ordre aux soldats de faire feu : « La mort fait son œuvre, quatorze Cliartistes sont tués et plusieurs autres blessés. Ils étaient conduits par John Trosl. Ils étaient bien armés de fusils, de mousquets, de sabres et avaient même un petit canon. Quelques-uns des constables spéciaux ont été blessés : Mr. Morgan, drai)ier, Mr. Williams, quincaillier, ainsi que le maire. Le gros des émeutiers a battu en retraite vers les champs. Il semble que leur intention ait été d'occuper >'ewport, de piller la ville et de marchei- sur Monmoutli pour délivi-er Vincent et ses compagnons. Ils avaient juré que Vincent ne resterait pas en prison plus tard (pu.' le o novembre. La pins grande agitation règne dans le pays de ();dles-. » Tel l'st le récit (|ue la Noilhrm
\. Suilliern Slar t\y\ 'J novriiiluc il ilii l(i i|iii iluiiiir ri' diilli r de li.ddO l't ilil iiii'oii a exai-'cré !(• iioml)re liii le purl.iiit di- S a 10(1,000 : II- 'lunes dit 8,000.
2. Surl/iern Htar du 9 uuvcrjibri' ; dix Cliaiiifeti's avaient <;t»i tins cl tinijiiaiite blessés.
Star donne de l'équipée tra<,Mquo do ces hraves mineurs Gallois, conduits par lexcellent et pacilique John Fiosl et prêts à payer de leur vie leur amour pour Henry Vincent.
La Northern Star du 16, comme celle du i) novomhre. parle do l'influence extraordinaire qu'avait siu- les ouvriers gallois le jeune orateur chartiste ; et celle du 28 novembre, parmi les causes de l'émeute, indique la nouvelle loi des pauvi-es et le caraclère religieux des Gallois. Sans doute, ces divers éléments ont pu entrer en jeu ; la personnalité de Vincent a certainement exei'cé sur i'entliousiasme des Gallois une grande séduction et la loi des pauvres avait sans doute aussi suscité l'exaspération de ces populations. Mais la Northern Star du 16 aperçoit-elle la cause première de cette échaufTourée lorsqu'elle dit : « L'autre semaine nous inclinions à attribuer l'émeute à la folie de quelques-uus ; aujourd'hui nous la comparerons à un torrent de montagne longtemps contenu et cette « émeute » ' peut être regardée comme le signe avant-coureur d'un mouvement général et iri'ésistible de revendications pour la Liberté » ? Du réformisme que préconisaient ses créateurs, le mouvement chartiste avait évolué vers la violence et les mineurs gallois n'avaient fait qu'appliquer en fait les théories de la force physique auxquelles ils avaient été sacrifiés.
La raison profonde de cet événement est dans l'attitude de la Convention et dans l'action exercée sur les masses chartistes par les leaders, démagogues ambitieux et sans scrupules, comme Feargus O'Connor et Bussey, ou, comme Frost et Vincent, démocrates sincères et désintéressés, mais assez faibles et assez influençables pour se laisser entraîner par leur mysticisme social et s'abandonner, après le leur avoir communiqué, à l'enthousiasme de leurs auditeurs. Falalement cette double action devait amener des âmes simples et crédules à mettre en actes les paroles de violence. Sans doute les Gallois, que leur ardeur religieuse exposait plus complètement aux dangers de cette sorte, étaient mieux prédisposés que les autres à transformer en une foi agissante les oraisons politiques et sociales des prédicateurs chartistes ; on peut s'étonner cependant qu'ils n'aient pas trouvé des imitateurs dans quelque autre région ouvrière de l'Angleterre. En réalité, ils ont failli en aAoir et, s'ils n'en ont pas eu, c'est