V. De la période barbare au Moyen âge
Quelques données principales résultent des renseignements, que je viens de grouper au sujel des Européens barbares. Tout d'abord, nous constatons que, malgré leur qualité d'hommes blancs, ils ont débuté dans la civilisation aussi humblement que les races de couleur. Ainsi, en ce qui louche rindustrie et le commerce, ces indigènes d'Europe sont très comparables aux populations noires de l'Afrique moyenne; même ils leur étaient notablement inférieurs sous ce rapport avant d'avoir été plus ou moins entraînés et civilisés par le contact, par les relations pacifiques ou non avec des étrangers, Phéniciens, Latins, etc., venus des pays méditerranéens. Ceux-ci les initièrent à la pratique des échanges, leur enseignèrent certaines pratiques industrielles et agricoles, les familiarisèrent avec la monnaie, mais en même temps leur inoculèrent le goût du gain, l'habitude du prêt à intérêt, etc., en résumé, les prépa-
(1). E. de Préville. Mémoire sur le commerce mariihne de Roueriy 1. 1, 3.
rèrent à être conquis et assimilés par Rome. Seuls, les Germains de rintérieur et les Slaves ne subirent que peu ou point cette éducation préalable. On peut même dire que les derniers, les Slaves, y ont à peu près échappé, aussi se sont-ils civilisés bien plus tardivement, mais en conservant mieux leur caractère natif. Les Germains, que Rome n'avait .guère entamés, finirent à leur tour par se latiniser, mais en conquérant une partie de l'Empire romain en décadence. D'abord ils s'installèrent, en barbares qu'ils étaient, dans les provinces romaines sans trop en comprendre l'organisation ; puis peu à peu, par une imparfaite adaptation, par des compromis entre vainqueurs et vaincus, ils déterminèrent la fondation de la curieuse société médioévale, inférieure sur nombre de points à la société romaine, mais ayant sur elle un grand avantage, celui de n'être point nivelée par une centralisation h outrance.
B. — Période mérovingienne.