‹ L'évolution du commerce dans les diverses races humainesChapitre 127 sur 145 · L*ÉVOLUT[ON DU COMMERCE · texte numérisé non relu

L*ÉVOLUT[ON DU COMMERCE

bien qu'elle reposât seulement sur des crédits ouverts par • la banque aux négociants en échange de valeurs déposées dans sa caisse (1).

En France, les banquiers de Cahors, les Caorsmi, rivalisèrent avec ceux d'Italie, d'où peut-être ils étaient originaires ; car une ordonnance de saint Louis les assimile aux Lombards et les traite, comme ceux-ci, d'étrangers. Quelle que fût leur origine^ les Cahorsins acquirent une renommée d'usuriers célèbres et Dante les plonge sans pitié au fond de son enfer, à côté de Sodome :

,E pero lo minor giron siiggella

Del segno suo e Sodoma e Gaorsa.

E chi, spregiando Dio, col cuor favella.

{InfernOj xi).

D'autre part, le développement des échanges et des banques fit inventer ou retrouver des pratiques, des procédés aujourd'hui si répandus qu'on est trop enclin aies considérer comme d'institution moderne, notamment les lettres de change, les assurances, les sociétés commerciales. Moyennant des primes, qui variaient de 6 à IS 0/0, les banques florentines assuraient le transport des marchandises et de î'argent : « a tutto peric/lio di mare e di gentil di foco e di corsa li ». Le crédit de certains grands armateurs et négociants était considérable (2j. Ainsi le roi Charles VIII, entré en vainqueur en Italie, avait grand besoin d'argent et, môme en engageant sa parole royale et la garantie des plus grands princes et seigneurs de son royaume, il ne parvenait pas à trouver prêteur ; mais les Vénitiens lui fournirent Targent, qui lui manquait, sur une simple lettre de change d'un grand négociant de Rouen, nommé Le Pelle-

(1) Villiaumé. Economie politique, t. I, 205 (note).

(2) Gibrario. Loc. cit., t. II, ii65. — Vogel. Puissances coloniales, etc., t. 4, 48.

LE COMMERCE DANS l'eUROPE BARBARE ET MÉDIOÉVALE 489

tier, qui faisait le commerce maritime (1), ce commerce, qui procurait les plus gros bénéfices et donnait lieu aux prêts dits « à la grosse aventure », par lesquels l'emprunteur s'engageait à payer un intérêt de 20 OiO, un mois après son débarquement (2). En même temps des sociétés commerciales se constituaient, en associant, comme en Kabylie, le travail et le capital. Ainsi un associé inactif fournissait les deux tiers du capital nécessaire ; l'autre, seulement un tiers et en plus son travail personnel (3). Mais le commerce était soumis à bien des gênes et surtout à bien des taxes.

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