III. Le coni7nerce barbare
Nous sommes donc fondé à dire que, même dans les sociétés sauvages, du moins au sein des tribus qui n en sont plus au stade de la grossièreté la plus primitive, le commerce existe avec ses principaux modes et procédés, avec ses effets bons et mauvais. A une période plus avancée de la civilisation, le commerce se développe, mais sans changer essentiellement de nature. Souvent, surtout quand il est maritime, le commerce s'associe au vol à main armée, à la piraterie. Aussi, dans la presque totalité des grands États barbares du passé et du présent, le métier de marchand n'est estimé qu'à la condition de ressembler beaucoup à celui du guerrier. Au Japon, en Chine, dans l'Inde ancienne, dans la Rome primitive, etc., nous avons vu le commerce dédaigné ou méprisé. Au contraire, dans l'ancien Mexique, où le marchand n'était, comme le disaient les Aztèques eux-mêmes, qu'un « soldat masqué », il jouissait de la plus grande considération. En Chine, où, par rare exception, la guerre a cessé d'être en honneur, la classe des marchands est pourtant subalternisée, sans doute par survivance, et le commerce est réglementé au point de vue de la prospérité publique. Dans tous les Etats antiques, il en a été plus ou moins de même : ainsi l'Inde interdisait à peu près le commerce aux castes supérieures ; elle punissait, comme un délit, les coalitions de marchands, et Athènes prohibait l'exportation des grains. En résumé, dans toutes ces vieilles législations, le commerce est considéré comme un mode d'activité sociale à surveiller ; car, suivant l'occasion, il peut être utile ou nuisible au corps politique.
Dans tous ces États barbares de l'antiquité, les mœurs commerciales procédaient encore par bien des côtés de la période sauvage. Nous avons vu, qu'il en était particulière-