LE COMMERCE INDUSTRIEL DE L^FRIQUR
ser, Q*a pas atteint partout le même développement. Certaines villes sont renommées pour leur teinture ; d'autres au contraire y sont très mal habiles. A Koukaoua, par exemple, on teint peu et mal et Ton s'efforce de suppléer à la teinture, en martelant les étoffes pour leur donner du lustre (I) par une sorte de calandrage. A ces industries indigènes, il faut ajouter la fabrication de la poudre, très peu répandue d'ailleurs, mais existant pourtant à Yaouri (R. et J. Lander loc, cit. 212) et à Dikena, chez les Mousgou. Chez ces derniers, cette fabrication est abandonnée aux esclaves, qui broient dans un mortier les ingrédients nécessaires (Barth, m, 12). Cette poudre indigène est d'ailleurs de qualité très inférieure et on lui préfère de beaucoup la poudre européenne. En résumé l'industrie est très développée dans toute la zone, dont nous nous occupons, à tel point qu'on peut à bon droit l'appeler « zone industrielle ».
Mais Fagricullure est tout aussi florissante ; Tagriculture industrielle tout d'abord. Ainsi on ne se borne plus à recueillir le coton sauvage ; on le cultive (2), parfois môme cette culture existe chez les nègres encore fétichistes, par exemple, au pays de Mousgou (3). Il en est de même pour l'indigotier, indispensable à l'industrie tinctoriale (4). Le tabac est planté un peu partout ; c'est la culture favorite des Fellatahs et, dans certains de leurs districts, chaque pouce de terre en porte ; les pieds même en sont protégés par des tiges sèches de la même plante, soigneusement et habilement disposées (5). Les plantes comestibles ne sont pas non plus négligées. On a des oignons (6), des épinards (7),
(\) Barth. Loc. cit. t. II. 130.
(2) R. et J. Lander. Loc. cit., vol. XXX. 53.
(3) Barth. Loc. cit. y t. IIL 44. 108.
(4) R. et J. Lander. Loc. cit., 212. — Barth. Loc. cit., 121.
(5) R. et J. Lander. Loc. cit., 175.
(6) Ibid., 212.
(7) Laing. Ilist. univ. voy. vol. XXVIII. 71.
de la cassave, des bananes, etc. La culture des céréales, spécialement confiée aux esclaves, comprend, outre les céréales particulièrement africaines comme le sorgho, le millet, du blé et du riz(i). Ordinairement on connaît Tartdes fumures et, chez les nègres Mousgou, Barth a vu le fumier ^iisposé sur les champs en tas régulièrement espacés (Barth .111. 44). Les animaux domestiques principaux sont les J)œufs, les chèvres, les moutons, les volailles, les pigeons ; mais on préfère souvent l'alimentation végétale à la chair des animaux (2), Les chevaux, rares ou absents à Touest, ^apparaissent et deviennent de plus en plus communs à mesure qu'on avance vers l'est. — Le sel est fort recherché, comme partout en Afrique, et divers gisements de sel gemme le fournissent en notable quantité. Là où ce précieux condiment est rare, on tâche d'y suppléer ; ainsi, sur les bords du lac Tchad, on en extrait des cendres d'une plante, la Capparis sodata, brûlée à cet effet (3).
Mais un degré relativement si élevé d'industrie et d'agrijculture, coïncidant d'ailleurs avec la constitution d'Etats d'une certaine importance, a pour conséquence nécessaire le besoin et le goût des échanges, par suite un notable développement du commerce.