LE COMMERCE L\DUSTRIEL DE L^AFRIQUE
TAfrique centrale : des esclaves. C'est en dehors de la ville, en Cace d'une de ses principales portes, que se tient ce grand marché, sans doute parce que l'espace nécessaire ferait défaut à rintérieur (1).
Dans TYourriba, des petits marchés alimentaires ont lieu, chaque jour dans l'après-midi, vers trots ou quatre heures ; on y trouve des haricots rouges, des bananes, des figues-hananes, du heurre végétal, des graines de coloquinte, dont on fait une grande consommation, des poules, des moutons, des chèvres, des étoffes indigènes, des iustruments d'agriculture, etc. (2). Des marchés quotidiens de même genre se tiennent à Koukaoua (3), à Dikina (4), ta Massina (5), etc. Ces netits marchés, destinés surtout à défrayer la consommation locale et de tous les jours, n'empêchent en rien les grands marchés où Ton vient de fort loin, parfois au prix de douze ou treize jours de marche (6).
A Koukaoua, il existe un grand marché hebdomadaire, où Ton vend surtout des chameaux, des chevaux, des bœufs, particulièrement des chevaux^ sans préjudice des denrées, des objets industriels, par exemple, des pièces de bois pour faites de maison, etc. Ce marché de Koukaoua est méthodiquement organisé ; chaque genre d'articles y occupe une place distincte ; certaines marchandises même sont exposées dans des boutiques ou sous des hangars régulièrement rangés (7).
A Dori, ville du royaume foulbe de Gando sur le Niger, des nomades du désert viennent d'au-delà de Tombouctou vendre du sel gemme ; des Mandingues apportent la noix
(1) Denham et Glapperton. Loc, cit., il8.
(2) Glapperton. Loc. cit., 113.
(3) Barlh. Loc. cit., t. II, 132.
(4) Ibid.y t. 111. 12.
(6) Ibid. II. 164.
(7) Ibid. t. II. 132.
de kola et surtout des cauris ou kourdis péchés sur la côte occidentale, à Sierra-Leone ou à Rio-Nunez ; des marchands de Mossi amènent des ânes chargés d'énormes balles de coton et cheminent en caravanes (1). Les indigènes de Gando profitent aussi du Niger pour commercer par eau, mais à d'assez courtes distances ; leurs embarcations ne peuvent sans danger remonter ou descendre à plus de huit à dix lieues (2). C'est que la sécurité est médiocre en pays foulbe et les Foulbe de Wourno ont même dû protéger le marché de Wourno, qui se tient hors de la ville, en l'entourant d'un fossé et d'un mur (3). La propriété est mal respectée dans le pays et on accuse les habitants de Dori de suivre parfois les marchands pour les tuer et les voler (4). Ces gens de Wourno ont d'ailleurs Tâme commerçante dans le mauvais sens du mot ; ainsi ils ont l'habitude de se tenir auprès de leurs puits et de débiter leur eau au détail à raison de cinq cauris pour le contenu d'un grand vase (5).
Pour éviter les redites,je n'ai pas encore parlé des esclaves ; mais, sur tous ces marchés de l'Afrique centrale, on lespeut négocier exacternent comme des animaux domestiques. Les hommes y vendraient même parfois jusqu'à leurs femmes et leurs enfants (6). Le commerce des esclaves se fait ordinairement au détail ; ainsi, dans le Kayor, de pieux marabouts viennent vendre des esclaves, qu'ils sont allés acheter dans l'intérieur moyennant quelques pièces de cotonnade, et sur lesquels ils réalisent des bénéfices représentant de dix à quinze fois le prix d'achat (7). Pourtant, sur les grands marchés, on peut vendre d'un seul coup de forts lots d'es-
(1 Barth. Loc. cit , t. III. 279-284.
(2) Barth. Loc. cit., t. III. 241.
(3) Barth. Loc. cit., III. 223.
(4) Ibid., 284.
(5) Ibid., 224.
(6) fbid., t. II. 164.
(7) Soleillet.. Voyage à Scgou. 79, 171.
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claves : car la marchandise humaine s'y accumule entre les mains des capitalistes ; à Yoia, il est des propriétaires qui en possèdent jusqu'à un millier (i); mais ces opérations commerciales, même quand elles ont une importance"n?lative, ne sauraient rivaliser avec celles, qui, au dire d'une vieille relation portugaise, se faisaient au xvi" siècle dans le grand royaume, aujourd'hui disparu, du Congo. Làles traitants portugais achetaient quelquefois d'un seul coup jusqu'à cinq mille esclaves amenés au marché de divers côtés (2). Ces troupeaux d'esclaves provenaient sûrement de guerres et de razzias entreprises pour la plupart dans le seul but de satisfaire la demande des négriers européens.