V. Les monnaies arabes
m A quelle époque les Arabes ont-ils frappé des monnaies métalliques ?0n ne le sait pas exactement. Certainement ce n'est qu'après être devenus conquérants et avoir soumis des contrées déjà pourvues de systèmes monétaires. Nous avons vu qu'aujourd'hui encore les Bédouins ne se servent pas de monnaie dans leurs échanges et même, quand les Arabes trouvent des monnaies antiques, ils se hâtent de les faire fondre par un orfèvre. Cependant au Kurdistan où^ les monnaies romaines, grecques, persanes sont très communes encore, elles ont cours sur le marché de quelques villes, faute de monnaies arabes (3). Pourtant certaines amendes édictées par d'anciennes lois mahoniétanes ont été évaluées en monnaies métalliques, en dirhems ou dinars^ pièces dont la valeur exacte est resiée inconnue (4). Quel-
(1) Khàlil. Zoc. cit. y parag. HI, page 178.
^2) lOicL, t. III, ch. XIII, sect. I, par. II, page 173.
(:|i Nicbiihr. iJcscrip. de V Arabie, t. I, 137.
Cl) Md., 188.
LE COMMERCE CHEZ LES ARABES ET LES JUIFS 3i9
ques monnaies arabes, sans doute des plus anciennes, ont pour légende, la fameuse formule : « 11 n'y a d'autre Dieu que Dieu, etc. ». Cprtaines au contraire portent une croix, quoique leur inscription atteste, qu'elles ont été frappées par des Musulmans (1) : il s'agit là sans doute d'une survivance de Tâge très ancien, durant lequel le signe cruciforme était répandu dans tout l'Orient et dans toute l'Afrique du nord. En somme, les Arabes ne se sont familiarisés avec la monnaie, la vraie, qu'en sortant de leur pays et se ruant 41 travers le monde, surtout le monde bysantin. Nous verrons tout à l'heure, que les cousins des Arabes, les Juifs, ont aussi très tardivement frappé des monnaies.
B. Les Juifs.