RE TRUE
En août 1932, elle est hospitalisée pour la troisième fois: il s’agit d’un accident paradiabétique assez sérieux.
Le 21 août, prise de vertige avec troubles de la vue, elle s’affaisse sans perdre connaissance, ayant un léger embarras de la parole et s’aperçoit qu’elle ne peut plus remuer le bras droit.
C’est le type même d’une hémiplégie corticale fruste.
A l’examen physique on note :
Une légère asymétrie faciale. La force segmentaire est diminuée au niveau du membre supérieur droit.
Les réflexes rotuliens et achilléens sont un peu exagérés à droite. Le reflexe cutané plantaire se fait en extension à droite et non pas en flexion.
La recherche des oscillations artérielles des membres inférieurs donne
Jambe gauche. — Au niveau des malléoles : 0 ; au tiers supérieur : demi division.
Jambe droite. — Au niveau des malléoles : demi-division;
au tiers supérieur : une division et demie.
confirmant l’existence d’une artérite diabétique.
L'examen du cœur dénote un claquement du deuxième bruit à la base, il n’y a pas de souffle ; le pouls est régulier à 72 par minute. La T. A. est de 15-8 au Vaquez.
Les poumons sont normaux.
L'examen de l’abdomen décèle une peau plissée, traduisant lamaigrissement chez cette ancienne obèse. Le ventre est étalé.
Le foie est de volume normal, mais un peu douloureux sur son bord inférieur.
La rate paraît normale.
La réaction de Wassermann est négative.
Fin août 1932, on note l’apparition au bord externe du pied gauche d’une ulcération des dimensions d’une pièce de 2 francs, entourée d’une zône violacée. On fait à la malade quinze séances de rayons infra-rouges et la cicatrisation ne s’opère qu’au bout de quatre mois.
En novembre, apparition d’une nouvelle ulcération, petite, des dimensions d’une pièce de 50 centimes sur la partie externe du talon gauche, qui finit, elle aussi, par se cicatriser.
En outre, la malade accuse maintenant des douleurs assez vives du membre supérieur droit et de l’épaule droite.
Depuis cinq mois qu’elle est hospitalisée, la malade est à un régime mixte lui apportant 159 H. C. totaux par 24 beures.
La glycosurie se maintient à 0 depuis le début de son nouveau séjour dans le service.
Elle n’a jamais eu d’acétonurie.
À son entrée, on lui a fait 10, 20 puis 30 U. d’endopancrine par 24 heures, qui ont fait rapidement disparaître la glycosurie qu’elle présentait alors. Par la suite on a maintenu Pinsuline à raison de 10 U. pendant plusieurs semaines, puis on l’a supprimée.
Si bien qu’en janvier 1933, sa tolérance hydrocarbonée est de 159 H. C. totaux, légèrement plus haute qu’en juin 1931, traduisant la modération et la stabilité du trouble nutritif.
CoxcLusions : Telle est l’histoire d’un diabète bénin, sans dénutrition, chez une ancienne obèse :
La persistance de la suralimentation et de l’hyperglycémie a conduit la malade à une suite d’accidents significative, de gravité croissante : abcès, furoncles, artérite des membres inférieurs, hémiplégie.
Il est évident que si la malade, ayant quitté l’hôpital, vient à retomber dans sa négligence, son avenir déjà assombri du fait de ses complications acquises, sera vite abrégé.
D'autre part, on a remarqué que cette observation fournit un exemple net de la communauté de terrain suralimenté, souvent familial, entre l’obésité, la lithiase biliaire et le diabète sans dénutrition.