‹ L'Évolution Du Diabète SucréChapitre 17 sur 50 · RE VE · texte numérisé non relu

RE VE

Le malade est d’abord soumis à un régime lacto-végétarien comportant environ 100 gr. d’H. C. préformés. La polydipsie cesse, la glycosurie et même l’albuminurie disparaissent. La tachycardie se calme et s’efface peu à peu.

Pendant l’année 1924, l’état général est bon : grâce à l’observance rigoureuse du régime, la glycosurie reste constamment absente, la fatigue disparaît, le poids se réduit à 80 cu 82 kilogr. La T. A. s’abaisse aux environs de 15-8. On note seulement : une crise de coliques hépatiques suivie de l'expulsion de calculs biliaires dans les selles, avec urobilinurie persistante, et cholestérinémie égale à 2,37 0/00,

une somnolence assez tenace, mais qui cèdera par la suite.

L’urée sanguine, bien surveillée, ne varie guère qu’autour de 0 gr. 32 par litre; cependant la constante d’Ambard est à 0,10.

Le régime sans viande peut être augmenté jusqu'à 145 puis 200 gr. d'H. C. La tolérance se montre supérieure à 200 gr. d'H. C. préformés.

Une cure à Vichy améliore encore l’état général.

Pendant l’année 1925 et l’année 1926, avec le même régime, l'équilibre se maintient parfaitement. Il n’y a ni glycose, ni acétone, mais toujours de l’urobiline et parfois de légères traces d’albumine dans les urines. Le poids se maintient à 9 kilogr., la T. A. aux environs de 16-9, l’urée du sang A10NSr 927

Une légère phlébite variqueuse du mollet guérit très bien. On peut élargir encore le régime et porter la ration d’'H. C. à 226 gr. La tolérance est un peu supérieure à 226 gr. d'H. C. 1'réformés.

Au début de 1927, le malade maigrit jusqu’à 75 kilogr., se sent faible, souffre de l’épaule, du bras et du talon. Une cure passagère d'insuline associée à un traitement par le lipiodol, aide à son rétablissement.

Les années suivantes, il se porte très bien, suivant scrupuleusement son régime : il reste toujours aglycosurique.

Au début de 1930, une pharyngite grippale légère lui redonne momentanément de la glycosurie. Le régime comporte environ 240 gr. d'H. C. préformés pour une folérance d’environ 250.

Dans le courant de l’année 1930, le poids fléchit jusqu’à 67 k. 800, pour se rétablir ensuite. La T. À. est maintenant comprise dans les limites normales, aux environs de 14-7.

En 1931, après une chute, le malade fait une épisode arthralgique au niveau du genou gauche, qui se complique dans la suite d’æœdème du membre inférieur, gênant la marche, et qui ne disparaît que lentement. La glycosurie est toujours absente.

En 1932, l’état général est bon.

Ni glycosurie, ni acétonurie; T. A. à 14-8.

Le foie, le cœur, les poumons, restent normaux à l'examen physique.

En janvier 1933, même situation satisfaisante; le malade ne se permet en aucune circonstance le moindre écart de régime. Son poids est de 73 k. 700, sa T. A. de 15-7. Il n’a jamais de glycosurie. Par ailleurs, l’urobilinurie est assez abondante.

Le régime reste identique; la tolérance hydrocarbonée est d’une fixité remarquable, d'environ 250 H. C. préformeés. Elle est même en hausse légère sur les années précédentes.

Conczusions : L'histoire de ce malade est pleine d'enseignements.

D'une part, c’est une illustration frappante de ce qu'est le diabète sans dénutrition. Rien ne manque au tableau clinique : ni l’élément familial, ni l’obésité ici importante qui précède le diabète, ni même deux menaces de complications :

une sclérose rénale incipiente ;

un élément hépatique léger, qu’une diététique bien comprise permet de conjurer au même titre que le diabète lui-même, en combattant la suralimentation causale.

D’autre part, la tolérance hydrocarbonée suivie régulièrement chez ce malade et sur une échelle de 10 années — se montre d’une fixité symptomatique, comprise entre 230 et 250 H.-C. préformés environ.

Deux notions capitales se dégagent de ces observations :

1° Le régime bien institué fait dans une large mesure, le pronostic du diabète sans dénutrition : ces deux malades se sont maintenus, le premier pendant 27 ans, le second pendant 10 ans, dans un état général satisfaisant et sans complication. Mme M... a aujourd’'hui plus de 87 ans, M. L.. 64 ans et leur santé reste

bonne.

20 La tolérance hydrocarbonée de ce diabète correctement traité demeure fixe, traduisant la stabilité fondamentale qui le caractérise : ces deux malades à 27 ans et à 10 ans d'intervalle présentent une tolérance pour les H.-C. à peu près égale.

Le diabète sans dénutrition azotée mérite donc bien le nom de diabète stable et non évolutif.

La stabilisation du diabète gras, la rareté des complications, tels sont les fruits d’une thérapeutique bien comprise et bien observée.

Parfois le résultat est encore plus beau.

On a pu voir certains diabétiques s'améliorer au point que leur réaction à l’hyperglycémie provoquée — seul test permettant de juger d’une guérison éventuelle du diabète — traduisait le retour à un état prédiabétique.

Il nous faut signaler à ce sujet les brillants résultats que peut donner la cure de Vichy.

M. Marcel LABeé cite le cas d’une malade bien suivie dont l’aire d’hyperglycémie provoquée passe de 2,17 à 1,70 sous l'influence de la cure thermale.

Ainsi paraît fondée dans certains cas l'espérance

d’une guérison véritable du diabète stable et non évolutif.

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