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LE DIABÈTE EST TRAITÉ PAR L'INSULINE ET LE RÉGIME

L’insuline guérit-elle le diabète et quel est son rôle dans l’évolution et le pronostic du diabète grave ?

C’est en 1924 que l’insuline est entrée vraiment dans le domaine de la thérapeutique.

Neuf années ont permis d'apprécier dans une grande mesure son influence réelle sur l’avenir des diabétiques.

Nous avons vu que le diabète sans dénutrition se contentait d’un simple régime alimentaire bien institué pour demeurer stable et éviter au malade les complications, tandis que le diabète avec dénutrition essentiellement évolutif, malgré les régimes les meilleurs et les mieux observés, était autrefois rapidement fatal.

L’insuline a opéré une véritable révolution dans le pronostic de ce diabète grave.

« Elle a conservé des vies vouées auparavant à une mort rapide. Elle a rendu la santé et la possibilité de travail à des malheureux traînant une vie d’infirmes.» (Marcel LABBÉ).

I n’est guère de satisfaction morale plus haute pour le médecin que d’assister à cette transformation d’un diabétique avec dénutrition azotée sous l’action de l’insulinothérapie.

Avec une rapidité parfois surprenante, on voit le malade reconstituer ses forces, reprendre un facies exprimant la santé, refaire ses masses musculaires, augmenter de poids, tandis que disparaissent peu à peu sa glycosurie et son acidose.

C’est comme une revitalisation qui s’opère.

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Elle s'explique parfaitement par le mode d’action physiopathologique de l'insuline.

L'ACTION PHYSIOPATHOLOGIQUE DE L’INSULINE. — L’insuline est un remède physiologique. C’est l'hormone elle-même de la sécrétion interne du pancréas.

Elle agit essentiellement par substitution à cette sécrétion déficiente.

Elle n’est efficace que par voie intraveineuse, intramusculaire ou sous-cutanée. Les sécrétions digestives la détruisent.

Son action a une durée limitée à quelques heures.

Il paraît bien établi, depuis les recherches de MM. Marcel LABBÉ, NEPVEUxX et HIERNAUX, que sa sphère d'action englobe à la fois les trois grands métabolismes :

A) hAydrocarboné : l'insuline est un facteur indispensable à la combustion des hydrates de carbone. Une unité clinique d'insuline est capable de métaboliser une quantité de glycose allant d’une fraction de grammes à plusieurs grammes, ce qui explique la variabilité de la dose nécessaire selon les sujets. Le chiffre de 1 gr. 25 d'H.-C., correspondant à une unité, rentre dans la moyenne des cas, et est généralement admis : c’est lui que nous avons adopté dans les calculs de tolérance de nos malades.

B) lipoide : l'insuline assure la combustion normale des corps acétoniques. Fait capital : elle est le remède par excellence du coma acidosique.

C) azoté : l'insuline le rétablit dans son intégrité quantitative et qualitative. Elle relève le rapport azoturique, supprime l’aminoacidurie et l’ammoniurie, comme en témoigne parfaitement l’observation suivante déjà citée par M. le Professeur LABBÉ.

Il s’agissait d’un malade, Oud... atteint d’un diabète grave, avec dénutrition et acidose, mis à un régime et à un traitement par l’insuline à la dose de 20 U. par

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jour. En l’espace de deux mois, son métabolisme azoté était complètement rétabli, comme le montrent les chiffres ci-dessous :

Rapport Rapport Rapport Rapport d’aminoacidurie d'ammoniurie azoturique d’imperf. uréog.

17 février ..: 5,3 0% 16,3 % 68 % 19,4 JU IHAES Ie CE hs 78 6,4 ATTANIIIE En 2,62 4,5 83 5,1

Les 3 actions métaboliques sont souvent dissociées : le trouble du métabolisme des graisses, entraînant l’acidose, se répare le plus vite, le trouble du métabolise azoté se rétablit le plus lentement.

— cliniquement la disparition de la glycosurie est souvent secondaire à celle de l’acidose.

Dans un cas de diabète grave, parvenu à un degré extrême de cachexie après trois atteintes de coma guéries par le bicarbonate de soude, M. Marcel LABBÉ a vu une déperdition azotée quotidienne de 2 gr. 47 remplacée, après 8 jours de traitement à l'insuline, par une fixation d’azote de 5 gr. 19 et de 7 gr. 10 par Jour.

Cette observation peut être comparée à celle, antérieure à l'insuline et citée précédemment, de la petite fille de 10 ans qui avec un déficit moyen de 1 gr. 36 d'azote par 24 h. perdit en cinq mois la moitié de sa masse musculaire totale.

On juge ainsi d’un coup d’œil la rapidité et la puissance d’action de l'insuline.

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